Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

année C : 19ème Dimanche du temps ordinaire

Année C : 19ème Dimanche du temps ordinaire

 

 

Actualité

Luc termine aujourd'hui le long développement qu'il a consacré aux obstacles susceptibles de ralentir le dynamisme des chrétiens-envoyés dans le monde "en avant du Seigneur". Dans le cadre de sa communauté, il a jugé utile de mettre en garde sur trois points : la timidité que peuvent engendrer les oppositions, la difficulté de se libérer de l'héritage du passé, l'envahissement des soucis matériels. Il conclut en regroupant quelques paraboles qui insistent sur la vigilance nécessaire.

 

Evangile

Texte des versets retenus par la liturgie :Evangile selon saint Luc 12/32-48   

Le temps de l'Eglise - 3ème ensemble : témoignage vigilant -  

Conclusion du développement précédent : celui-ci portait sur trois mises en garde : parler ouvertement - conserver le sens authentiquement chrétien de la mission - ne pas se laisser déborder par les soucis matériels

= " Ne crains pas, petit troupeau, parce que votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.

= Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne vieillit pas, un trésor qui ne fait pas défaut dans les cieux, là où un voleur n'approche pas, ni une mite ne corrompt

= Car où est votre trésor, là-aussi sera votre coeur.

Nouveau développement : deuxième volet de la double recommandation "voyez" et "veillez" concernant le 3ème ensemble sur le témoignage vigilant  

Premier mouvement : l'exigence de "veiller" en rapport avec l'accueil du Seigneur…

1. parabole des serviteurs qui attendent : Que vos reins soient ceints et vos lampes sans cesse allumées Et vous, soyez semblables à des hommes accueillant leur propre Seigneur quand il quitte les noces, afin que, quand il sera venu et aura cogné à la porte, aussitôt ils lui ouvrent.

idée-force du troisième ensemble :

Heureux ces serviteurs que le Seigneur, étant venu, trouvera sans cesse vigilants.

2. parabole du Seigneur qui sert lui-même : Amen, je vous le dis : il se ceindra, les fera coucher à table et, étant passé, les servira. Et si à la deuxième, et si à la troisième veille il est venu et les a trouvés ainsi, heureux sont-ils, ceux-là.

3. parabole du maître de maison vigilant : Comprenez ceci : si le maître de maison savait à quelle heure vient le voleur, il n'aurait pas souffert que sa maison fut percée.

à la racine des anneaux suivants :

Vous-aussi, devenez prêts parce que le Fils de l'homme vient à l'heure que vous ne pensez pas.

Deuxième mouvement : l'exigence de "veiller" en rapport avec la mission

Pierre dit alors : " Seigneur, dis-tu cette parabole à notre adresse ou à l'adresse de tous?". Le Seigneur dit :

1. cas du serviteur fidèle et avisé : " Quel est, de fait, l'intendant fidèle, l'avisé que le Seigneur établira sur ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, la mesure de blé ? Heureux ce serviteur-là que son Seigneur, étant venu, trouvera en train de faire ainsi. Vraiment, je vous dis qu'il l'établira sur tous ses biens.

2. cas du serviteur violent : Mais si ce serviteur-là se dit en son cœur : " Mon Seigneur tarde à venir " et commence à battre les jeunes serviteurs et les jeunes servantes, à manger, et aussi à boire et à s'enivrer, le Seigneur de ce serviteur là viendra au jour qu'il n'attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas, il le retranchera et mettra sa part avec les incrédules.

3. nuances selon le degré de formation initiale : Le serviteur qui a connu la volonté de son Seigneur et n'a rien apprêté ou fait suivant sa volonté, recevra de nombreux coups de bâton. Celui qui ne l'a pas connue et a fait des choses dignes de coups, recevra peu de coups de bâton.

A tout homme à qui il fut donné beaucoup, il sera demandé beaucoup de lui et à qui on remit beaucoup, on lui réclamera davantage.

Contexte des versets retenus par la liturgie

= Le passage d'évangile qui vient d'être lu est constitué de deux parties qui se rattachent à deux développements différents. Il apparaît difficile de faire la synthèse des deux composantes sans réduire le point d'impact de chacune d'elles. Ci-dessous nous l'avons fait en privilégiant le thème de la vigilance.

Les premiers versets s'inscrivent en finale de la troisième mise en garde concernant l'envahissement des soucis matériels. Ils ne peuvent pas se comprendre sans référence à cette mise en garde. Parce que la présentation de Luc est assez proche de celle de Matthieu, les liturgistes se sont permis de passer directement à la conclusion, ce qui rend confuse ou fausse l'interprétation de nombreux commentaires. Nous vous redonnons l'ensemble de ce développement comme nous l'avions fait la semaine dernière.

"Il dit à l'adresse de ses disciples : En raison de ceci, je vous dis : Ne vous-inquiétez-pas-sans-cesse pour la vie que manger, ni pour le corps de quoi l'habiller ; car la vie [= âme] est plus que la nourriture, et le corps plus que l'habit.

Remarquez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, pour qui il n'y a ni cave ni grenier, et Dieu les nourrit (Ps 147,9). Combien plus vous, vous l'emportez sur les oiseaux ! Or qui de vous, s'inquiétant-sans-cesse, peut à sa taille ajouter une coudée ? Si donc vous ne pouvez même pas une chose minime, pourquoi au sujet du reste vous inquiétez-vous ?

Remarquez les lis comment ils croissent ; ils ne filent ni ne tissent. Or je vous le dis, même-pas Salomon dans toute sa gloire ne fut revêtu comme un seul d'entre eux. Or si, dans un champ, l'herbe qui est aujourd'hui et demain est jetée au four, Dieu la pare ainsi, combien plus vous, de-peu-de-foi

Vous aussi, ne cherchez-pas-sans-cesse que manger et que boire, et ne soyez-pas-sans-cesse préoccupés, car tout ceci, les nations du monde le recherchent. Or votre Père sait que vous avez besoin de ceci. Pourtant, cherchez-sans-cesse son Royaume et ceci se-trouvera-ajouté pour vous.

Le premier verset de ce dimanche enchaîne: Ne crains-pas-sans-cesse, le petit troupeau, parce que votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.

Le deuxième développement s'applique à l'ensemble des mises en garde : parler ouvertement - conserver le sens authentiquement chrétien de la mission - ne pas se laisser déborder par les soucis matériels. Il était annoncé par la double recommandation : "voyez" et "veillez". Pour Luc, il importe de bien discerner en premier les difficultés, surtout les difficultés inconscientes qui risquent de contaminer l'activité missionnaire. Mais il importe également de "veiller" car la foi chrétienne ne dispense pas d'une vigilance et d'une responsabilité personnelles.

Le deuxième développement est lui-même constitué de deux regroupements de paraboles. Le thème "veiller" est commun aux deux, mais les perspectives ne sont pas exactement les mêmes. Elles correspondent assez clairement aux préoccupations générales exprimées antérieurement par l'auteur. Au départ de la mission, les "nouveaux envoyés" ont à entretenir un lien privilégié avec Jésus, particulièrement en accueil de sa Parole et en ouverture à son Esprit. Etant donné la position historique de la majorité d'entre eux, il s'agit d'un lien avec Jésus ressuscité, c'est-à-dire "au retour des noces"… Il leur revient ensuite de faire  rayonner les valeurs dont ils sont devenus les dépositaires "au service" de leurs proches, particulièrement de leurs frères chrétiens.

= Au premier abord, les paraboles ne semblent pas présenter de difficultés sinon les dernières concernant la graduation des "punitions". Luc est le seul des évangélistes à envisager cette éventualité ; de ce fait, il est bien difficile de saisir sa pensée lorsqu'il parle de "celui qui, sans connaître la volonté de son maître, a mérité des coups en raison de sa conduite".

Une telle situation devait correspondre au temps des grands itinéraires d'évangélisation qui ont permis le rayonnement initial de la foi chrétienne. Lors de la première expédition en Asie mineure (Actes 14/21), sur la route du retour, Paul et Barnabé "désignent des anciens dans chaque Eglise et les confient au Seigneur". La formation de ces responsables avait été forcément rapide, même si leur bonne volonté était entière pour assurer la vie de leur communauté. Plusieurs mois séparaient la venue d'apôtres "officiels" susceptibles de préciser leurs enseignements.

L'auteur reviendra sur le comportement du mauvais serviteur en abordant la question du "Jour du Seigneur" : "prenez garde à ce que vos cœurs ne s'alourdissent dans la débauche, l'ivrognerie et les inquiétudes de l'existence" (21/34). L'expression "retrancher" signifie littéralement "couper en deux"… elle se retrouve dans la Loi juive et dans la Règle de la communauté des Esséniens. Le livre du Deutéronome prévoit également la punition qui inflige un certain nombre de coups (25/2).

= En arrière-plan du thème de la vigilance chez Luc, il est indispensable d'ajouter quelques renseignements concernant l'état d'esprit de la première communauté relativement au "retour du Seigneur". Il en va de l'originalité de Luc et de l'évolution qu'il a imprimée à une tournure d'esprit qui nous est devenue familière.

Les lettres de Paul aux Thessaloniciens et quelques autres mentions des lettres apostoliques nous informent sur une "espérance" qui s'était infiltrée dans les mentalités chrétiennes aux premiers temps de l'Eglise, on évoquait un retour imminent de Jésus-Seigneur, retour sous la forme éclatante du triomphe pascal.

Il s'agissait là des séquelles de la formation juive dans laquelle avaient baigné les disciples avant leur adhésion à Jésus. Lorsqu'elles développaient l'idée de résurrection, les conceptions juives l'envisageaient sous forme d'une résurrection générale à la fin des temps. Pour les apôtres, il était évident que la résurrection de Jésus avait été une résurrection personnelle… mais n'était-elle pas un événement précurseur d'un prochain bouleversement définitif ? Cette "hypothèse" était plausible.  Pourtant elle ne pouvait manquer d'affecter l'ambiance de "l'attente"… soit par la déception en raison du "retard de la parousie"… soit par le relâchement pour affronter les difficultés de la mission.

Les "risques" négatifs de cet état d'esprit ont accéléré la prise de conscience du sens de l'Eglise. Luc n'est sans doute pas le seul à avoir contribué à une évolution qui "sauvait" l'avenir, mais son évangile en est profondément marqué. Il se trouvait dans une situation particulière pour proposer un nouvel approfondissement des premières traditions. Il n'avait pas été du groupe des apôtres, il ne pouvait donc pas procéder par "autorité" pour imposer son point de vue. Il adopte donc une "technique" littéraire modeste: il suggère plus qu'il n'affirme une approche renouvelée du témoignage de Jésus. Nous ne pouvons donc être étonnés de déceler parfois une certaine timidité dans la composition. A nous de ne pas nous laisser déconcerter et de faire fonctionner "à part entière" ce qui se révélera su profitable pour l'avenir.

C'est ainsi qu'en entendant les paraboles sur le retour du Maître, nous aurions tendance à assimiler ces versets aux textes parallèles que nous trouvons dans les autres évangiles d'où l'évocation de notre mort et du jugement final. C'est oublier le contexte tout autant que la mention du "retour des noces" qui évoque Jésus ressuscité et sa présence active dans l'Eglise. Nous sommes en ambiance des "disciples d'Emmaüs, nous ne sommes pas au seuil de notre éternité.

Luc renforce cette mention en ajoutant l'attitude du "Maître de maison" qui se préoccupe des défaillances de sa communauté et suscite des témoins qui relanceront sa vitalité. Les Actes des Apôtres exprimeront ce réalisme d'une histoire mouvementée où "les murs" ont résisté aux chocs les plus divers.

Piste possible de réflexion : les enjeux de la confiance de Jésus en ses envoyés

Au cœur de l'incroyance actuelle, le thème de la vigilance fait partie des exhortations qui sont fréquemment adressées aux chrétiens. Aussi, en écoutant ces versets, notre intérêt risque d'être partagé. Bien entendu, nous restons sensibles à cet appel, mais les situations concrètes sont tellement différentes d'une époque à une autre. Nous sommes donc tentés de passer rapidement sur le détail de la présentation.

Prenons donc le temps de nous arrêter sur ces textes "selon Luc" en rejoignant une pensée dont nous avons perçu le dynamisme et l'équilibre dans les textes précédents. L'évangéliste est plutôt du genre à nous remonter le moral. Il pense à la réussite du témoignage de la première communauté qui lui a porté la foi, il ne partage pas la formation quelque peu culpabilisante que nous avons souvent reçue dans le passé.

1°. à l'écoute de Luc

1er point : Au long de son évangile, Luc présente ses recommandations avec beaucoup de pédagogie. Il en est ainsi du conseil sur lequel il revient plusieurs fois dans ce passage : "veillez"… Il tient à l'unir au mot "voyez" qui a justifié le paragraphe précédent. Pour lui, il ne s'agit pas d'un vague souci de fidélité, mais d'un acte d'intelligence. Effectivement, "veiller" ne correspond à rien si, d'abord, nous n'avons pas "vu" l'activité qui sollicitait notre attention.

2ème point : Luc a pris soin de nous faire réfléchir à la valeur de ce double souci en ne lésinant pas sur l'amplitude du "positif" qu'il nous faut "voir" et qui en appelle à notre veille. Il ne s'agit pas moins que de notre participation au projet qui construit l'Eglise à travers les siècles.

Au cœur de l'incroyance actuelle, il peut être bon de rappeler ce projet, voulu et précisé par Jésus, avant que la première communauté ne l'amorce et n’en dégage l'originalité. Comme Luc, nous en sommes bénéficiaires avant même d'en assurer le relais… De notre point de vue, d'autres solutions étaient concevables pour le salut du monde, mais c'est celle-là que Jésus a choisie en union profonde avec le Père et c'est à celle-là que nous sommes associés. A toute époque et en tout lieu, il est fait appel à de nouveaux disciples pour "approcher le Royaume" et amorcer le dialogue personnel qui constitue le cœur de la foi chrétienne. En un mot, la résurrection doit poursuivre sa diffusion bienfaisante à la manière dont la création poursuit son dynamisme fondateur, à savoir par association active de Dieu et des hommes.

En tête du passage d'aujourd'hui, Luc présente les choses de façon fort sympathique et cherche à nous libérer de nos complexes: il n'hésite pas à avancer que Jésus a aimé ce projet et continue de l'aimer… cela "a fait plaisir à Dieu" de nous confier son Royaume et nous pouvons en conclure que cela "lui fait plaisir" d'en vivre avec nous la progression. Jésus ne répond pas à Pierre lorsque celui-ci veut distinguer entre plusieurs catégories de chrétiens. Tous sont responsables parce que la dispersion des disciples au milieu des hommes leur permet de rayonner en intendants fidèles et avisés.

3ème point : Les difficultés que nous pouvons rencontrer pour correspondre pleinement à cette mission sont donc plus que "nos" épreuves, elles se présentent comme autant de "soucis" que Jésus ressent comme tels. D'où l'importance des mises en garde que Luc a soulignées dans les textes des dimanche précédents pour nous aider à "voir", car il s'agit souvent de difficultés inconscientes qui risquent de contaminer l'activité missionnaire.

Mais, là-encore, rappelons-nous que l'évangéliste a enrichi ses mises en garde d'un arrière-plan optimiste qui lui permettait d'équilibrer les exigences concrètes. 10/16 "qui vous entend, m'entend; qui vous méprise me méprise et méprise Celui qui m'a envoyé"… 12/7 et 12/24 "au regard du Père, nous l'emportez sur tous les moineaux du monde"… 12/11 "ne vous inquiétez pas outre mesure des difficultés, le Saint-Esprit vous enseignera à l'heure même ce qu'il faut dire"… 12/30 "votre Père sait ce dont vous avez besoin pour vivre. Il ne peut manquer de l'ajouter alors que vous cherchez en priorité son Royaume"…

Une phrase-clé reste donc le moteur de tout engagement missionnaire: "Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez. Car, de nombreux prophètes et rois ont désiré voir ce que vous voyez et n'ont pas pu le voir, entendre ce que vous entendez et n'ont pas pu l'entendre. "

4ème point : Il est facile de remarquer que Luc répartit en deux groupes les invitations à la vigilance. Les premières parlent de l'accueil du maître en tant que tel et du lien de soutien qui s'instaure entre lui et son serviteur… les dernières traitent de la manière dont le service est assuré et des conséquences qui en résultent.

Luc précise d'abord que le maître est accueilli "alors qu'il quitte les noces". Il s'agit donc de Jésus ressuscité et nous avons là une allusion au soutien que nous apporte chaque messe: "Jésus nous invite à "nous mettre à table et, passant de l'un à l'autre, il nous sert de façon personnelle". Peu importe que nous ayons appartenu à la deuxième génération ou que nous soyons intégrés dans la troisième veille, l'état d'esprit est toujours celui du lavement des pieds au soir du jeudi-saint et la messe reste le temps qui explicite le bonheur d'un accompagnement permanent.

Elle fait même plus car notre dialogue avec Jésus est un dialogue dans l'Esprit. Il y a donc partage d'un même souci, celui du maître de maison qui sait la fragilité des murs et des personnes. Pour être fidèle et avisé, notre engagement se doit d'être lucide et nous ne pouvons douter de la manière dont l'Esprit de Jésus se glisse dans notre propre réflexion pour orienter plus exactement notre engagement.  

Nous pouvons être surpris par la présentation qu'adopte le deuxième groupe de paraboles. Le comportement du mauvais serviteur nous paraît inconcevable et la sanction nous paraît injuste envers celui qui ne savait pas. Nous avons sans doute là le reflet des conditions délicates dans lesquelles se sont constituées les premières communautés au hasard des voyages missionnaires; les bonnes volontés ne devaient pas être légion et la conversion rapide des non-juifs introduisait bien des habitudes païennes difficilement compatibles avec l'idéal évangélique.

Une idée ressort cependant : Luc en appelle au sérieux de la mission chrétienne. Il envisage les déficits possibles et surtout, de façon discrète, il souligne de nouveau que tous en sont responsables, même s'ils le sont à divers degrés. Foi et mission sont indissolublement liées quand bien même la conscience de cette unité serait encore diffuse.

2°- à l'écoute de l'enseignement que Luc nous rapporte

En quelques phrases Luc concentre donc ce qu'il a exposé plus amplement dans les ensembles précédents : l'universalité de la mission, l'écoute de la Parole, le don de l'Esprit dans le cadre de la prière, les déformations inconscientes.

Chacun peut être plus sensible à tel ou tel point. L'important est de renouveler la double activité que nous suggère constamment l'évangile : "voyez et veillez".

= "voyez et veillez" la marche de l'Eglise qui se construit dans l'activité de tout chrétien. Certaines époques se sont présentées de façon plus favorable que ne se présente la nôtre. Mais la réalité dont témoigne Luc est beaucoup moins "merveilleuse" qu'on ne le dit parfois.

= "voyez et veillez" la complémentarité du lien avec Jésus et de l'engagement dans la mission. La conclusion invite à dépasser le visage que modèlent les circonstances : "à qui il fut donné beaucoup, il sera demandé beaucoup… à qui on remit beaucoup, on lui réclamera davantage."

= "voyez et veillez" la place de la messe dans un cheminement sans cesse à reprendre et à adapter aux circonstances contemporaines. Il ne s'agit pas d'une "écoute religieuse occasionnelle", il s'agit d'un dialogue en responsabilité qui traite du concret de nos engagements tout comme des évolutions du monde environnant.

= "voyez et veillez", "vos reins se trouvant ceints et vos lampes allumées"… départ d'un nouvel Exode ou double exigence de dynamisme et d'intelligence.

= "voyez et veillez" pour "donner à chacun et en son moment" la mesure de blé, sans se laisser gagner par les refus, les échecs et la lassitude… vaste programme remis à notre initiative. 

Mise à jour le Jeudi, 08 Août 2013 15:50
 
Actualités

Ici, vous avez accès à toutes les actualités de JADE, maison d'édition de musique sacrée.
Le site de JADE est visible ici.

 
 
Contact

Vous pouvez nous contacter en cliquant ici.

 
 
Catéchèse & Pastorale

Vous trouverez ici divers articles concernant la Catéchèse et la Pastorale.
Veuillez suivre ce lien.

 
 
Sites amis

Le site de Monseigneur Thomas : www.thomasjch.fr