Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année C : 16 ème Dimanche du temps ordinaire

Année C : 16ème Dimanche du temps ordinaire

Actualité

Sortir du folklore. Non ce n’est pas un texte qui oppose action et contemplation.

Evangile

Evangile selon Luc 10/38-42

Le temps de l'Eglise - 2ème ensemble : priorité à l'écoute de la Parole

Pendant qu'ils faisaient route, Jésus entra dans un village.

= Or une femme du nom de Marthe lui fit accueil dans sa maison.

Celle-ci avait une soeur, appelée Marie, qui, s'étant assise tout près, aux pieds du Seigneur, entendait sa parole.

= Or Marthe était tiraillée au sujet d'un multiple service.

Etant survenue, elle dit : " Seigneur, tu ne te soucies pas de ce que ma sœur m'abandonne seule à servir ? Dis-lui donc qu'elle vienne à mon aide."

= Ayant répondu, le Seigneur lui dit : " Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu es agitée au sujet de beaucoup de choses. Or il est besoin d'une seule.

Car Marie a choisi la bonne part, laquelle ne lui sera pas ôtée. "

Contexte des versets retenus par la liturgie

- Marthe et Marie nous sont connues, ainsi que leur frère Lazare, par deux autres épisodes que nous trouvons en Jean 11/1 et 12/2. Ceux-ci se déroulent à Béthanie; le premier rapporte le dialogue entre Jésus et les deux sœurs lors du décès de leur frère, le second est assez proche de la présentation de Luc. "Jésus vint à Béthanie. On lui fit un repas. Marthe servait. Lazare était l'un des convives. Marie, prenant une livre d'un parfum de grand prix, le répandit sur les pieds de Jésus."

- Ces versets introduisent le deuxième ensemble où Luc traite de la vie de l'Eglise en répartissant au long de la "montée vers Jérusalem" certains enseignements de Jésus. Chaque ensemble est composé selon un même schéma : l'auteur situe en tête un épisode qui "rebondit" entre le temps authentiquement historique vécu par Jésus et le temps de l'Eglise. Nous pouvons remarquer les deux désignations : Jésus et Seigneur, titre qui lui sera affecté après la résurrection.

- Chaque ensemble est dominé par une idée-force en forme de béatitude. Nous la lisons quelques versets plus loin (11/27).

"Il arriva, pendant qu'il disait ceci… qu'une femme lui dit : 'Heureux le ventre qui te porta et les seins que tu suças'. Il lui dit : 'Heureux au contraire ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent. "

- Les premiers mots de notre passage nous rappellent le thème précédent : les 72 autres "envoyés devant sa face vers toute ville et tout lieu où il allait venir". Le récit, tout comme l'ensemble qu'il introduit, aborde la suite logique de leur activité.

- En arrière-plan de cet ensemble, il est facile de discerner la structure des tentations de Jésus au désert. Les même choix s'imposent aux envoyés : priorité du Pain-Parole, non compromission avec le Satan, refus du religieux spectaculaire.

Piste possible de réflexion : sur la route de la mission, l'écoute de la Parole

1°- à l'écoute de Luc

L'épisode de Marthe et Marie est fort connu. Il faut reconnaître que le récit est court, son style contribue à le fixer en mémoire et l'ambiance est sympathique. Par ailleurs, nous sommes peu à peu sortis des commentaires qui voulaient y trouver une opposition entre action et contemplation. Est-ce pour autant qu'on se préoccupe du contexte qui l'arrache au folklore? Rien n'est moins sur.

Une  parole à accueillir …

* Il est pourtant facile de percevoir dans cet épisode une "alerte" concernant la marche de l'Eglise. Luc commençait à nous en entretenir dimanche dernier et il se propose de poursuivre. Au moment où il écrit, il n'a que faire d'une analyse psychologique de Marthe et Marie. Il tient surtout à aborder la question de l'accueil de Jésus et tout particulièrement la question de l'accueil de sa Parole.

A ses yeux, cette question doit être dédoublée. Tout chrétien est "missionnaire du Christ". Nous sommes de ces 72 autres que Jésus "envoie dans toute ville et tout lieu où il se propose de venir". Il nous revient "d'approcher le Royaume" vers toute maison, au risque de nous voir opposer un refus. Au cours de ce dialogue incertain, c'est sur l'accueil de notre Parole que se joue l'accueil de la foi. " Qui vous écoute m'écoute ".

L'évangéliste reviendra, dans la suite de cet ensemble, sur les sentiments possibles de nos interlocuteurs. Mais il tient à rappeler auparavant une évidence : pour porter une Parole, il faut l'avoir d'abord accueilli soi-même, car le message que nous proposons ne repose pas sur nos rêves ou sur nos improvisations, il émane d'un témoignage précis, témoignage historique de Jésus s'exprimant en engagements et en enseignements.

Il nous faut donc d'abord l'assimiler avant de le porter aux autres. En raison de notre mission, nous sommes renvoyés à notre propre accueil de Jésus. L'épisode de Marthe et Marie révèle ainsi son vrai point d'impact: ce n'est pas l'intention d'un accueil personnel qui est à remettre en cause, elle est louable et, d'une certaine façon, elle est primordiale pour la suite… mais, en vue de notre propre épanouissement et en raison de la mission, cet accueil doit dépasser la spontanéité. C'est sur ce point que Luc, au nom de son expérience, tire la sonnette d'alarme.

* Comme nous l'avons déjà précisé, l'évangéliste s'appuie sur les trois temps qui lui ont apporté ce qu'il estime avoir été la "chance de sa foi".

1. Il y avait eu le temps historique de Jésus, les riches années d'une aventure marquée de vie commune et d'une participation active à son ministère. Au long de ces deux années, tout s'était bousculé : les enseignements, les engagements, les accueils et les oppositions, les discours aux foules et les entretiens personnels, avant que n'éclate un drame final des plus inattendus…

Bien entendu, durant ce temps, l'écoute avait sollicité en priorité l'esprit des apôtres. Mais il avait fallu assurer également la vie matérielle du groupe. Heureusement, l'hospitalité habituelle des civilisations orientales y avait contribué. D'autres soutiens étaient intervenus, particulièrement le soutien de quelques femmes auxquels l'auteur rend hommage (8/2) en précisant "qu'elles les assistaient de leurs biens".

2. Au lendemain de Pâques, les souvenirs avaient pris un relief tout particulier. Il s'était d'abord agi de rassembler tout ce dont les uns et les autres avaient été témoins. Peu importait que ce soit un homme ou une femme, l'essentiel était la mémoire et cette mémoire se nourrissait de l'attention portée antérieurement. Non seulement les femmes avaient joué un grand rôle pour alerter sur la résurrection, mais elles avaient également été des "témoins à part entière" en ce qui concernait les événements qui avaient précédé. Sans nul doute, leur perception avait été également affinée par la sensibilité qui marque le tempérament féminin.

Le service matériel qu'avaient rendu les "Marthe" pour soutenir la vie publique avait été ainsi amené à s'estomper au fil des nouvelles conditions de la vie en communauté… Le service de souvenir que rendaient les "Marie" constituait "la bonne part" pour le présent et l'avenir de la mission. Elles permettaient à la Parole de rassembler et d'étendre son "capital de paroles et d'actions historiques", tout en témoignant de sa richesse.

3. Pour alerter sur l'équilibre toujours fragile entre proclamation de la Parole et sollicitations des questions matérielles, Luc disposait également de l'expérience de la première communauté. Les apôtres s'étaient heurtés à cette tension lorsque le groupe des premiers chrétiens était devenu important et que le système initial d'organisation était devenu défaillant. Les Actes en rendent compte lors de l'institution des diacres (6/1).

"En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves. Les douze convoquèrent alors l'assemblée des disciples et leur dirent : "Il ne sied pas que nous délaissions la Parole de Dieu pour servir aux tables… Cherchez parmi vous sept hommes… que nous préposerons à cet office; quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole"

4. Au temps où il écrit, il est difficile de détecter si Luc rencontrait des difficultés de cet ordre dans sa communauté, mais nous connaissons sa richesse d'analyse et nous pouvons percevoir comment son expérience personnelle l'amenait à la transposer au plan universel. Sa foi avait bénéficié d'une première écoute de la Parole, elle avait bénéficié ensuite de la transmission fidèle de cette Parole, mais elle avait également bénéficié de la présentation de cette Parole en une nouvelle culture. Luc ne connaissait certainement pas l'araméen, il restait marqué des modèles de pensée grecs bien différents des modèles de pensée juifs. Et pourtant il avait été conquis par la personne de Jésus et par l'humanisme qui ressortait de son enseignement et de ses engagements.

Il pouvait donc mesurer l'importance de la "transposition" qui avait été menée positivement et ceci dès les premières années de l'Eglise. Mais il avait conscience des approximations ou contre sens qui menaçaient cet effort. Un retour "à la Parole initiale" avait permis de les éviter. Il en serait de même pour la suite des siècles.

Accueil permanent …

* Ce n'est donc pas sans raison que Luc présente cet épisode comme symbolisme d'une triple situation … il conjugue la vie d'un groupe… le fait que ce groupe "fait route" avec Jésus… l'écoute de la Parole en une ambiance intime lors d'une étape.

1. A travers Marthe, c'est la vie du groupe qui est concernée. L'enchaînement des exigences concrètes qu'impose toute vie humaine conditionne la communauté chrétienne. Nous n'y pouvons rien : les questions matérielles surgissent d'elles-mêmes et imposent leur priorité. Marthe n'est pas critiquée pour avoir accueilli Jésus et ses amis. Luc ne précise d'ailleurs pas qu'il s'agit d'un repas, il parle du "service", évoquant ainsi bien d'autres activités tout aussi nécessaires à la survie d'un groupe. Heureusement pour Jésus et ses amis, historiquement, il s'est trouvé des hôtesses qui n'ont pas eu peur d'être envahies par un groupe de treize visiteurs minimum!

Par ailleurs, on ne peut reprocher à une hôtesse d'ajouter à son accueil quelques attentions particulières à l'intention de ses amis. Nous serions les premiers choqués si Marthe s'était contenté d'organiser un self à la Mac Donald.

2. Mais, sans culpabiliser, il faut tout autant admettre que l'organisation risque de dominer le temps et l'esprit de ceux qui assument les responsabilités collectives. Leur point de satisfaction devrait se situer dans le fait que leur initiative facilite l'homogénéité du groupe et libère une multitude d'impondérables qui animeront le devenir personnel ou communautaire. Mais la chose est plus facile à dire qu'à admettre dans le feu de l'action.

L'attitude de Jésus se veut très positive pour l'une comme pour l'autre. Il reconnaît les attentions supplémentaires qu'il perçoit dans l'activité de Marthe; mais il regrette qu'elles deviennent cause d'animosité. Il l'invite donc à affecter l'activité de Marie d'une valeur dont elle devrait être la première à se réjouir. Il n'y a pas concurrence, il y a complémentarité… D'une certaine façon, Marthe travaille pour Marie comme Marie travaille pour elle. Il faut les deux pour que l'accueil soit un authentique accueil.

3. En détaillant l'activité de Marie, Luc coupe-court à toute interprétation "mystique". Il ne s'agit pas de "contemplation", mais d'écoute et cette écoute porte sur une Parole, celle qu'il faudra porter ensuite. Parce que Marie ouvre l'avenir, d'autres exigences s'imposent à elle et il s'agit de les assumer. Il lui faut être assise "tout près", en disciple soucieux d'une écoute plus directe. Les "pieds" de Jésus ne sont pas mentionnés par hasard, ils concernent le mouvement, la route qu'il poursuit. Mais il s'agit du "Seigneur", référence au ressuscité qui continue sa marche au delà du drame de Pâques.

2°- à l'écoute de l'enseignement que Luc nous rapporte

*Autrefois comme aujourd'hui, ce n'est pas l'accueil du Christ personnel qui fait question. C'est l'accueil d'un Christ qui se veut "sans cesse en route" au service des civilisations humaines. Pour réaliser ce projet, il compte sur des envoyés qui soient eux-aussi "sans cesse en route". Nous pensons spontanément à une expansion géographique, mais nous risquons d'oublier le premier "outil" de contact qu'est la Parole. Tout dialogue humain commence par là et, de ce fait, une exigence élémentaire veut que cette Parole soit rendue perceptible aux personnes qui sont concernées.

Il ne fait aucun doute que l'organisation est nécessaire, elle ne doit cependant pas retenir toute l'attention, car comme toute construction relative, elle est soumise aux aléas et aux pesanteurs de la condition humaine. Pour ouvrir l'avenir, il importe de répondre à un autre enjeu : Jésus doit être rendu ponctuellement visible et expressif. L'écoute de la Parole devient alors le dynamisme qui évite la sclérose et aide au renouvellement.

* En écho à cet épisode de Marthe et Marie, nous pouvons retenir plusieurs enseignements de Luc.

1. L'évangéliste nous invite à tourner notre regard vers ceux auxquels nous sommes envoyés. Personnellement, nous avons déjà accueilli Jésus, nous vivons de son amitié pour nous comme il vit de notre amitié pour lui. Même si nous avons toujours à fignoler notre accueil envers lui, celui-ci s'est déjà opéré de façon globalement positive.

Mais il y a les autres, ceux et celles vers lesquels il tient à cheminer à travers nous… ou plus exactement ceux et celles au milieu desquels nous vivons. Dans le cadre de notre civilisation occidentale : qu'en est-il actuellement de l'écoute de la Parole ?

Peut-on assimiler à une amorce de dialogue les bribes folkloriques dont nos contemporains se satisfont? La naissance et la mort de Jésus ont été ancrées dans leurs mémoires comme seules références selon des "clichés" déformés au temps de leur enfance. Il échappe à la plupart que 8/10ème des textes évangéliques explicitent une densité d'humanité susceptible d'épanouir leur vie actuelle sans pour autant la transformer en vie monacale.

Sur ce point, nous n'en sommes même pas à apporter un complément d'information, nous en sommes à infléchir un état d'esprit. Malgré un désintérêt généralisé, il nous faut allumer une fragile étincelle.

2. Ces conditions ne sont pas tellement différentes de celles que durent affronter nos frères premiers chrétiens et c'est pourquoi les conseils discrets que Luc glisse dans sa présentation revêtent un grand intérêt.

a) Il nous faut prendre le temps de "nous asseoir tout près" pour une meilleure écoute.

Peut-on estimer que l'écoute de la Parole a retrouvé sa place prioritaire chez les chrétiens eux-mêmes ? Le Concile Vatican 2 a beaucoup travaillé en ce sens, mais ses efforts n'ont pas eu l'impact escompté. Les esprits demeurent marqués par les définitions doctrinales coupées du milieu natif de la Parole.

Nous avons pourtant tout à gagner en exploitant les évangiles au plus près de leurs auteurs et de leurs compositions. Nous disposons d'un matériau sérieux qui fait le poids. Il ne suffit plus d'une adhésion personnelle globale, il s'agit de faire percevoir les multiples facettes positives qui émanent du témoignage de Jésus. Celui-ci mérite attention, en dehors de toute adhésion éventuelle et en respect constant du choix possible.

b) Il faut également redonner du souffle à notre présentation et, pour ce faire, mieux la centrer sur l'activité de Jésus. Sous le prétexte d'un faux respect, Jésus a été figé en position hiératique, sclérosé dans le passé ou sclérosé dans le ciel. La spontanéité des routes de Palestine a été remplacée par un déploiement majestueux dont on se croit obligé d'entourer les rares interventions qu'on lui concède.

Où est-il le compagnon dont les apôtres partageaient la vie ? Où est-il le jeune galiléen souriant qui se différenciait des vieux rabbins solennels et ennuyeux ? Où est-il celui dont la parole a dénoncé les dérives religieuses et politiques tout en proposant de reconstruire sur des bases nouvelles ? Où est-il celui qui a accepté la croix en continuité d'un combat qu'il voulait inscrire en tous temps et en tous lieux dans l'optique d'une résurrection de l'homme menée au nom de Dieu ? Où est-il celui que Luc situe comme le compagnon de route, s'appuyant sur la Parole passée pour mieux faire saisir sa présence actuelle?

c) Enfin, il nous faut prendre le temps de reprendre la présentation de la Parole selon les modèles de pensée de notre époque. Une meilleure connaissance des derniers siècles nous permet de déceler les perturbations qui ont infléchi la pensée chrétienne. Nous héritons d'un amalgame moralisateur et faussement religieux qui repose sur un sens de Dieu et un sens de l'homme que nous ne retrouvons pas dans l'évangile. Il serait temps de nous en dégager pour être entendu de nos contemporains.

Car, nous ne sommes pas les premiers à nous lancer dans une tâche qui peut paraître immense au cours de certains tournants de l'histoire. Tout comme l'évangéliste, si nous sommes chrétiens aujourd'hui, c'est parce que d'autres ont eu cette audace et ont assuré les relais indispensables.

 
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