Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année B : 26ème Dimanche du temps ordinaire

 

Actualité

Pour notre mentalité moderne, l'enseignement que Marc aborde en ce dimanche semble aller de soi, il s'agit de  l'ouverture" des communautés chrétiennes vers le monde extérieur. Nous pouvons même être étonnés de voir l'évangéliste l'introduire par la mention de la passion-résurrection. Actuellement, cette ouverture nous paraît normale dans le cadre de notre civilisation républicaine. Nous la situons même comme une "résurrection" au souvenir de l'attitude rigoriste qui dominait dans le passé!

Spontanément, nous risquons donc de nous limiter aux recommandations personnelles que l'évangéliste regroupe en rapportant la réflexion de Jean. Il est légitime d'en analyser la portée, car le virus de l'individualisme est sournois. Mais les conditions actuelles obligent à prendre en compte plus largement la manière dont Marc travaille à un double niveau: explicitement il dénonce les pesanteurs… mais il diffuse tout au long de son œuvre une pensée nouvelle qui structure les fondations de cette ouverture.

Ce lien entre l'attitude des messagers et l'originalité du message qu'ils portaient s'est estompé en raison même de leur réussite dans la société occidentale. A juste raison, nous soulignons la générosité des apôtres et leur abnégation au service de la mission. Et ses qualités ne peuvent être mises en doute. Mais leur influence aurait été sans lendemain si le témoignage qu'ils diffusaient n'avait porté des "germes" qui "accrochaient" les mentalités auxquelles ils s'adressaient.

Marc l'avait bien perçu et assume tout au long de son évangile un double souci: il rapporte l'exemple concret d'une ouverture… et il l'encadre d'une conception renouvelée qui a permis à cette ouverture de porter fruit. Ce n'est donc pas sans raison qu'il centre la foi chrétienne sur la personne de Jésus et son témoignage. Ce n'est pas sans raison que ce témoignage est marqué des trois qualités que nous avons déjà soulignées : humanité, efficacité, universalité.


Evangile 

Evangile selon saint marc Marc 9/38-48

Quatrième développement : la passion-résurrection éclaire la vie du disciple - 2ème annonce - c1- Premier secteur : la vie en communauté - 

2.attitude vis-à-vis de "l’extérieur" : ouverture bienveillante 

Jean lui déclara :

Maître, nous avons vu quelqu'un chasser des démons par ton nom et nous l'avons empêché parce qu'il ne nous suivait pas.

Or Jésus dit : Ne l'empêchez pas

car il n'est personne qui fera un geste de puissance en mon nom et pourra immédiatement dire du mal de moi

car qui n'est pas contre nous est pour nous

car qui vous donnera à boire une coupe d'eau au nom que vous êtes du Christ en vérité je vous dis, il ne perdra pas son salaire

3. les tiraillements à "l'intérieur" : lutte contre les scandales

Et qui scandalisera un de ces petits qui ont foi en moi, il est beau pour lui que plutôt une meule d'âne soit suspendue autour de son cou et qu'il soit jeté dans la mer

Et si ta main te scandalise, coupe-la, il est beau pour toi d'entrer manchot dans la Vie plutôt que, en ayant les deux mains, de t'éloigner dans la géhenne, dans le feu inextinguible, là où leur ver rongeur ne finit pas et le feu ne s'éteint pas.

Et si ton pied te scandalise, coupe-le, il est beau pour toi d'entrer estropié dans la Vie plutôt que, en ayant les deux pieds, d'être jeté dans la géhenne, là où leur ver rongeur ne finit pas et le feu ne s'éteint pas.

Et si ton œil te scandalise, chasse-le, il est beau pour toi d'entrer borgne dans le Royaume de Dieu, plutôt que, ayant tes deux yeux, d'être jeté dans la géhenne, là où leur ver rongeur ne finit pas et le feu ne s'éteint pas.

Contexte des versets retenus par la liturgie

* Pour justifier l'attitude concernant les scandales, Marc situe à sa suite la parabole sur le sel. Il peut être utile d'y voir le souci d'équilibrer la rigueur qui précède en soulignant la valeur positive du témoignage en communauté.

"Car tout homme sera salé par le feu. Il est beau, le sel ; or si le sel devient dessalé, avec quoi l'assaisonnerez-vous ? Ayez en vous-mêmes du sel et soyez en paix les uns avec les autres "

* Ce passage se situe à la suite immédiate des textes de dimanche dernier. Ce qui a été dit au 25ème dimanche ordinaire en généralités s'applique donc à l'ambiance de sa rédaction.

= Il est extrait de l'ensemble introduit par la 2ème annonce de la passion-résurrection, centrée sur "Jésus livré aux mains des hommes". Marc se proposait d'y éclairer la "vie en communauté",

= Avant ces versets, l'auteur a regroupé en un premier temps quelques recommandations précisant la conception chrétienne de la "hiérarchie" et invitant à l'accueil des "petits"

= Comme le manifeste le supplément constitué par la parabole du sel, l'évangéliste reste fidèle à sa vision fondamentale : la résurrection dédramatise la passion. Elle met en valeur les conséquences positives qui peuvent être estompées par les exigences négatives d'un engagement souvent marqué de "passion" concrète.

Difficultés dues au découpage 

Les versets retenus par la liturgie mettent en continuité deux sujets qui semblent différents au premier abord : 1. l'attitude à adopter vis-à-vis de ceux qui, à l'extérieur de la communauté, peuvent être intéressés par la pensée chrétienne… 2. l'influence des déficiences du témoignage sur la foi des "petits". Il est délicat de trouver des "passerelles" entre les sujets, car le deuxième a pris des visages variés selon les époques et il n'est pas certain que le "scandale" actuel soit nettement perçu par les fidèles. En raison de leur formation ils sont encore peu sensibles à "la pierre d'achoppement" que représente le déisme ambiant à l'encontre de la vraie foi chrétienne.

L'attitude des chrétiens vis-à-vis de l'incroyance majoritaire au sein de laquelle ils vivent constitue un sujet qui a pris de l'ampleur actuellement. Non seulement il sert de thème à de nombreux sermons, mais les discussions courantes n'hésitent pas à aborder la "position de l'Eglise" sur les problèmes d'actualité.

Il s'agit là d'un contraste avec l'anticléricalisme d'autrefois, mais le sujet est loin de bénéficier d'une réflexion équilibrée. Nous pouvons le constater en milieu chrétien. La majorité des fidèles souffrent de l'indifférence ambiante et désirent sincèrement élargir leurs communautés. Pourtant que de divergences lorsqu'il s'agit de l'attitude à adopter! Nos contemporains se réfèrent vaguement à ce qu'ils appellent le "religieux" mais sont peu enclins à admettre le "vide" chrétien de cette référence. Sans être des athées authentiques, beaucoup tiennent à certaines cérémonies, par esprit de famille ou par tradition, mais il apparaît de plus en plus utopique d'assimiler à la foi en Jésus leur indifférence placide. D'ailleurs, eux-mêmes sont bien incapables d'en préciser le contenu hormis quelques "formules" d'un lointain catéchisme… Nous le constatons enfin, lorsque nous dialoguons avec des amis en recherche, la diversité des bribes de renseignements qu'ils glanent sur Jésus est loin de leur donner un visage exact de son témoignage et de l'orientation de son message.

Les rapports avec l'incroyance exigent donc plus que des "slogans de bonne volonté". Dès 1947, dans sa lettre pastorale "Brebis sans berger, aujourd'hui !", le cardinal Suhard esquissait une situation qui n'a fait que s'accentuer durant la deuxième moitié du XXe siècle et le début du XXIe. "Une masse immense de nos frères a perdu, non seulement le contact vivant avec Dieu, mais jusqu'à son souvenir. L'Eglise se retrouve dans un monde en partie paganisé"… Et il constatait: "des vies d'apôtres se consument dans une stérilité apparemment totale, des élans magnifiques se heurtent à une indifférence placide à l'égard de la foi ou à son refus concerté".

En rapport avec les origines de l'Eglise, le cardinal Suhard faisait une remarque qui ne peut que retenir notre attention. "La situation contemporaine se présente en double différence: d'une part le paganisme actuel n'est plus comme celui du début, élémentaire et encore religieux; il s'est constitué en mystique organisée, en humanisme athée… d'autre part l'Eglise n'est plus naissante, elle a derrière elle des siècles de chrétienté"… Faut-il en conclure que l'évangile nous laisse démunis et se limite à des encouragements pour orienter notre dialogue avec l'incroyance ?… Un examen précis du texte d'aujourd'hui ne nous dispense pas de prendre en compte cette différence mais il nous invite à ne pas tirer n'importe quelle conclusion de l'attitude initiale.

au temps de la première communauté chrétienne

* De façon concrète, après la résurrection, les apôtres ont dû assumer la naissance de la foi chrétienne de deux façons. Il leur fallait porter le message de Jésus au-delà des frontières de Palestine, mais, en exigence tout aussi concrète, pour qu'il soit reçu, il leur fallait l'exprimer en des civilisations très différentes de la civilisation juive.

Lorsque Marc rédige son évangile, la première communauté a su faire évoluer rapidement le secteur des modes de vie et des règles alimentaires, mais il en a été tout autrement en ce qui a concerné les conceptions fondamentales, à savoir le sens de Dieu et de son engagement dans sa création, le sens de l'homme et des activités qui le sollicitent en de multiples domaines. Jésus avait exprimé l'originalité de sa pensée en faisant appel aux "modèles de pensée" juifs. Il importait de traduire tout ce "capital" en faisant émerger son "supplément de valeur".

Or la plupart des interlocuteurs païens n'attendaient rien. En raison de la multiplicité d'opinions religieuses qui couraient dans le Bassin méditerranéen, leur bienveillance ne pouvait être assimilée à la foi en Jésus. Le risque était donc grand de voir la jeune pensée chrétienne "dévitalisée" et vidée de son originalité pour être simplement classée "au rang des autres idéologies".

* Les apôtres n'ont pas toujours réagi avec bienveillance lorsque des erreurs ont résulté d'une trop grande ouverture pratique aux idées païennes. Ils ont eu conscience des dangers. Les lettres de Paul aux Corinthiens rappellent l'Esprit qui distingue la jeune foi chrétienne des cultes païens. Et Jean n'est pas tendre avec ceux qu'il n'hésite pas à appeler "antichrist". "Ils sont sortis de chez nous, mais ils n'étaient pas des nôtres; sinon ils seraient restés avec nous".

* Il importe donc de lire le passage qui nous est proposé dans son détail: 1. la manière dont Jean s'exprime témoigne d'une vision étroite à de nombreux égards… 2. le comportement incriminé porte sur un fait précis, à bien interpréter selon l'état d'esprit de cette époque… 3. la remarque de Jésus ne se présente pas comme une condamnation, et surtout pas comme une exclusion ainsi que le voudrait l'apôtre Jean… 4. elle envisage une progression en orientation plus exacte…

1. Le reproche de Jean passe sous silence la valeur de l'exorcisme qui est pratiqué. Il n'aborde pas son bénéfice pour les victimes, il semble oublier son lien à Jésus, il se réfère uniquement à l'appartenance "déclarée" au groupe des apôtres. Il n'envisage même pas une appartenance indirecte du fait de l'esprit dans lequel est opéré l'exorcisme.

2. L'évangéliste souligne au contraire une amorce de foi puisque l'exorcisme est fait "au nom de Jésus". Pour les anciens, le Nom était plus qu'une désignation conventionnelle; il exprimait la personne elle-même, ses attributs, ses qualités. D'une certaine manière, il possédait un pouvoir créateur. Les juifs ne tombaient pas dans la déviation "magique" que lui conféraient les égyptiens et les hindous, mais ils conservaient une référence plus "existentielle" que nous le faisons.

3. Cet homme agit "au nom du Christ". Ceci suppose qu'il perçoit le combat que Jésus menait à l'encontre des violences, des injustices des égoïsmes. Nous décelons en cet homme plus qu'une adhésion superficielle aux paroles et aux actions de Jésus. Il en a perçu le dynamisme d'incarnation.

4. La concision des étapes que l'évangéliste envisage ultérieurement, risque d'altérer la portée de cette progression. Marc tire les conséquences "logiques" du premier temps de référence à Jésus lorsqu'il s'agira d'en parler, donc d'émettre une opinion sur sa personne. Cette mise en route intègre déjà au groupe chrétien, même indirectement. L'évangéliste pense également à ceux qui soutiennent les chrétiens lors des persécutions violentes qui se déploient contre eux. En ces circonstances, alléger leurs souffrances, ne serait-ce "qu'en leur donnant à boire une coupe d'eau", témoigne publiquement d'une "courageuse" bienveillance.

au temps actuel dans la société occidentale

Sans se perdre en analyses historiques, il est nécessaire d'être lucides sur notre situation actuelle de chrétiens au milieu du monde occidental. Bien entendu, les éclairages de ce texte à l'encontre de toute étroitesse d'esprit sont toujours valables, mais nous ne pouvons ignorer le terrain sur lequel nous les projetons. Or, il ne sert à rien de le cacher, celui-ci est recouvert d'un épais brouillard et ce ne sont pas quelques exhortations qui pourront le dissiper.

En ce qui concerne l'ouverture au monde, un contraste est évident. Les aspirations de l'Action Catholique, puis les recommandations du Concile ont "ouvert une brèche" dans la position de repli qu'avait adoptée la communauté catholique au début du XXe siècle, mais, par cette brèche, se sont engouffrés des courants contraires qui semblent avoir tout balayé sur leur passage. Leur menace paraît d'autant plus grande qu'ils ont touché les jeunes, autrement dit les générations de demain. Il s'ensuit un désenchantement sinon un désarroi.

Celui-ci est accentué par le fait que la civilisation moderne enferme les chrétiens dans une impasse. Au-delà de l'impression d'un échec d'éducation, les préoccupations sont légitimes en ce qui concerne l'avenir et la tentation de repli guette les esprits et les comportements. Or ce repli est devenu inefficace en raison du brassage qui caractérise la société moderne. Il s'agit donc d'un malaise qui paralyse toute réflexion.

L'exemple le plus frappant de cette impasse nous est fourni par l'après-Concile. Comme l'analysait Joseph Ratzinger (Je crois en l'Eglise pp. 86-89): 

"L'effet publicitaire du Concile et l'évocation d'un rapprochement entre croyants et non-croyants ont aggravé la situation. Bon nombre de ceux qui ont approuvé le Concile n'avaient jamais eu l'intention de devenir croyants au sens de la tradition chrétienne, mais ils saluaient en lui un "progrès" de l'Eglise dans la ligne de l'option qu'ils avaient prise. Ils y voyaient une confirmation de leur cheminement. Des gens qui depuis longtemps avaient abandonné le Credo de l'Eglise se considèrent en bonne conscience comme l'authentique aile marchante du christianisme… C'est ainsi que le malaise croît chez les croyants et les incroyants. Le droit de cité que l'incroyant a acquis dans l'Eglise fait apparaître aux deux camps la situation de plus en plus intolérable" .

A vos risques et périls …

Un "déisme"  ronge de l'intérieur la pensée religieuse de nos contemporains. Là est le foyer actuel d'infection. Son action peut être comparée à la nuisance du cancer qui se nourrit de la vitalité de l'organe qu'il contribue à détruire. Il  faudrait dénoncer la contradiction que vivent 80% de nos contemporains; ils font profession d'indifférence croissante par rapport à l'Eglise et pourtant ils demandent à cette Eglise des "actes" qui ne se comprennent qu'en référence à une foi chrétienne vécue.

Pour "saper" les illusions "théoriques" sur lesquelles beaucoup s'appuient, deux textes nous paraissent intéressants.

= Au lendemain du Concile, Hans Urs von Balthasar avait perçu les limites de l'enseignement qui en émanait (Je crois en l'Eglise p. 122): Il ne s'agissait pas d'une critique stérile, mais d'une faiblesse, excusable sur le moment en raison des urgences qui s'étaient imposées à l'assemblée.

"La hiérarchie des problèmes à sauvegarder revêt de nos jours une importance décisive. La confusion qui règne dans l'Eglise post-conciliaire vient, pour une grande part, de ce que le dernier concile a cru pouvoir laisser- là où elles en étaient - les questions primordiales, c'est-à-dire les dogmes…, et que, en même temps, il s'est imaginé pouvoir commencer par les questions "pastorales" qui en dérivaient.

Pareille chose peut se faire dans bien des domaines profanes, mais pas dans le christianisme, car ici le courant est inséparable de sa source… Et si nous tenons cette lumière pour connue, nous en sommes aussitôt punis par une confusion des langues inextricable qui ne peut même plus exprimer ce qui est généralement connu. Ainsi reste en plan l'œuvre  commune, commencée dans le dialogue, et chacun, séparément, suit les propres voies qu'il s'est tracées.

= Pour orienter une meilleure expression de la source chrétienne, nous pouvons y ajouter le conseil que Yves de Montcheuil donnait face à l'incroyance d'avant-guerre :

"Si le christianisme veut aujourd'hui pouvoir disputer le monde à la postérité de Nietzsche…s'il veut être la source où puiseront ceux qui traceront sa route à l'humanité, il faut qu'il se présente dans sa teneur authentique et dans sa valeur intégrale.

Le christianisme n'a qu'à se montrer tel qu'il est, non tel que le font trop souvent des âmes qui vivotent dans son ombre. Les grandes causes sont faites des sacrifices qu'elles exigent, non des concessions qu'elles font aux médiocres pour essayer de les retenir…".

Renseignements complémentaires

* Les Actes des apôtres et les lettres de Paul nous fournissent des renseignements intéressants sur les comportements "mélangés" que les apôtres rencontrèrent hors de Palestine. Ils se trouvent confirmés et complétés par ce que nous apportent les recherches historiques actuelles.

A propos des exorcismes, Luc (19/13) cite un épisode assez proche de notre passage au temps de la fondation de l'Eglise d'Ephèse (vers 54): 

"Quelques exorcistes juifs ambulants s'essayèrent à prononcer, eux aussi, le nom du Seigneur Jésus sur ceux qui avaient des esprits mauvais. Ils disaient: Je vous adjure par ce Jésus que Paul proclame. Il y avait sept fils de Scéva, un grand prêtre juif, qui agissaient de la sorte.

Mais l'esprit mauvais leur répliqua: "Jésus, je le connais, et Paul, je sais qui c'est. Mais vous autres, qui êtes-vous? Et se jetant sur eux, l'homme possédé de l'esprit mauvais les maîtrisa les uns et les autres et les malmena si bien que c'est nus et couverts de blessures qu'ils s'échappèrent de cette maison…

Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants venaient faire leurs aveux et dévoiler leurs pratiques. Bon nombre de ceux qui 'étaient adonnés à la magie apportaient leurs livres et les brûlaient en présence de tous. On estima leur valeur : cela faisait 50.000 pièces d'argent. " . 

* Le mot "scandale" ne désigne pas nécessairement un "mauvais exemple moral", ni un "agissement choquant". Etymologiquement, il désigne un "obstacle", une "pierre qui risque d'entraîner la chute" sur le chemin. Il ouvre à une réflexion très large sur les influences qui peuvent détourner de la foi.

Il nous faut également remarquer qu'il s'agit de "jeter dans la mer", symbole des forces malfaisantes. Il s'agit donc d'une exclusion de la communauté et non de l'exécution d'un supplice.

* Le mot "géhenne" évoque la vallée de Hinnom, située au sud de Jérusalem. Dans l'esprit des juifs, il évoquait l'horreur en raison d'une très vieille histoire qui était rattachée à ce lieu. De façon générale, la Loi et la religion juives excluaient les sacrifices humains; pourtant, certains rois n'hésitèrent pas, dans des circonstances nationales particulièrement difficiles, à sacrifier leurs propres enfants. Les prophètes ne manquèrent pas d'élever de vives protestations. Aussi, lors de sa réforme religieuse, Josias (640-609) s'empressa de souiller la vallée où se pratiquaient ces sacrifices. La vallée garda son nom, mais elle devint du dépotoir public où l'on brûlait les cadavres et des détritus à longueur de journée. D'où la référence à "un feu qui ne s'éteint pas".

* La présentation des mutilations que conseillent les derniers versets est typiquement juive. Il ne fait aucun doute qu'elles doivent être interprétées en mode symbolique, car la Loi interdisait toute amputation volontaire. La main symbolise l'action qui met en relation aux autres, les pieds symbolisent l'activité de déplacement, l'œil symbolise la connaissance des personnes et des choses.

Piste possible de réflexion : Les deux exigences d'une "ouverture au monde" selon Marc


Le contexte "historique" des recommandations de Marc…

Ne cherchons pas à nous reconnaître systématiquement dans l'attitude de Jean. Il serait absurde d'en tirer une opposition entre le "bon incroyant" et le "mauvais fidèle". L'évangéliste ne raconte pas une histoire ponctuelle. Il évoque un état d'esprit qu'il convient de situer dans le contexte de la mission des apôtres. Nous oublions trop souvent qu'elle a été menée en milieu païen et au début de notre ère.

Lorsque Marc rédige son évangile, la première communauté a su faire évoluer rapidement le secteur des modes de vie et des règles alimentaires en fonction de ceux qui adhéraient à sa foi. Mais les enjeux étaient tout autres en ce qui concernait les conceptions fondamentales, à savoir le sens de Dieu et de son engagement dans sa création, le sens de l'homme et des activités qui le sollicitent en de multiples domaines, le rapport entre la religion et la vie.

Or la plupart des interlocuteurs païens n'attendaient rien. Les mentalités juives étaient rivées à la valeur humaniste de leur Loi et, par ailleurs, le rayonnement de leurs penseurs était très restreint. Il était difficile d'appeler religion les superstitions et les coutumes des romains. Les penseurs grecs s'étaient constitués en groupes très élitistes. Les perturbations des siècles précédents avaient entraîné le brassage des populations locales et de leurs croyances. Une multiplicité d'opinions religieuses couraient dans le Bassin méditerranéen. Le risque était donc grand de voir la jeune pensée chrétienne "dévitalisée" et vidée de toute originalité pour être simplement classée "au rang des autres idéologies"…

Ceci nous permet de comprendre certaines réactions légitimes des responsables chrétiens. Ceux-ci n'ont pas toujours réagi avec bienveillance lorsque des erreurs ont résulté d'une trop grande ouverture pratique aux idées païennes. Non seulement ils avaient conscience des dangers qu'elles faisaient courir au témoignage, mais ils mesuraient les erreurs d'interprétation qui risquaient d'affecter une pensée évangélique encore fragile. Les lettres de Paul aux Corinthiens rappellent l'Esprit qui distingue la jeune foi chrétienne des cultes païens. Et Jean n'est pas tendre avec ceux qu'il n'hésite pas à appeler "antichrist". "Ils sont sortis de chez nous, mais ils n'étaient pas des nôtres; sinon ils seraient restés avec nous"…

Nous pouvons donc être reconnaissants à Marc de la manière dont il s'attela, en 66, au travail de rédaction dont nous disposons. A l'encontre des "théories religieuses" ambiantes, il était judicieux qu'il rappellât le terreau historique de la foi chrétienne, mais, à l'encontre des mêmes théories religieuses, il était nécessaire de mettre en évidence les points d'originalité de la pensée sur laquelle reposait cette foi. Jésus avait exprimé cette originalité en faisant appel aux "modèles de pensée" juifs. Il importait de traduire tout ce "capital" en faisant émerger son "supplément de valeur".

Les éléments psychologiques concentrés par Marc dans l'attitude de Jean

Même si les réactions de Jean peuvent être attribuées à son caractère, il est facile de percevoir l'universalité dont l'évangéliste les charge. Il ne cherche pas à complexer son lecteur, il cherche à provoquer et à guider un cheminement. Il importe donc de lire le passage qui nous est proposé dans son détail: 1. la manière dont Jean s'exprime témoigne d'une vision étroite à de nombreux égards… 2. le comportement incriminé porte sur un fait précis, à bien interpréter selon la civilisation de cette époque… 3. la remarque de Jésus est concrète : "ne l'empêchez pas"; elle vise en premier l'exclusion qu'envisage l'apôtre Jean… 4. mais elle envisage une progression en rayonnement de la foi…

1. De lui-même, le reproche de Jean révèle un grand nombre d'omissions. Sans dommage pour la foi il pourrait reconnaître la valeur de l'exorcisme qui est pratiqué. Or il passe sous silence le bénéfice immédiat qu'en retirent les victimes de possession. Il en arrive même à oublier le lien à Jésus alors que le guérisseur semble l'exprimer publiquement. Il se réfère uniquement à l'appartenance "déclarée" au groupe des apôtres et n'envisage même pas une appartenance indirecte. En un mot, il coupe court à tout avenir en abusant d'une autorité qu'il n'a fait que recevoi .

2. L'évangéliste souligne au contraire chez l'exorciste une amorce de foi en rappelant qu'il agit "au nom de Jésus".

Pour les anciens, le Nom était plus qu'une désignation conventionnelle; il exprimait la personne elle-même, ses attributs, ses qualités. D'une certaine manière, il possédait un pouvoir créateur. Les juifs ne tombaient pas dans la déviation "magique" que lui conféraient les égyptiens et les hindous, mais ils conservaient une référence plus "existentielle" que nous le faisons. Par les écrits de cette époque, nous savons également que les guérisseurs étaient nombreux et que leurs références étaient des plus variées. Nous sommes même déconcertés par la confusion qui résultait de l'ignorance médicale.

Rappelons-nous que l'activité de guérison a été présentée par l'évangéliste comme le premier témoignage qu'avait donné Jésus pour éclairer sa messianité. L'exorciste amorce donc le cheminement qui a construit progressivement la foi des premiers disciples. .

3. Si cet homme agit "au nom du Christ", son initiative suppose qu'il perçoit le combat que Jésus a mené à l'encontre des violences, des injustices des égoïsmes. Nous décelons en cet homme plus qu'une adhésion superficielle aux paroles et aux actions de Jésus. Non seulement il a choisi Jésus, mais, avant même de s'intégrer à la communauté, il témoigne qu'il a perçu l'orientation et le dynamisme de l'incarnation.

4. Comme il le fait en d'autres épisodes, l'évangéliste aurait pu se limiter à l'admiration pour la foi de cet homme. Mais il tient à ouvrir l'avenir en évoquant les conséquences "logiques" du premier temps de référence à Jésus. La concision de Marc risque d'altérer l'espérance qui sous-tend cette progression. Inévitablement, pour cet homme, il s'agira de parler, donc d'émettre une opinion sur la personne de Jésus. Même s'il est encore timide, son intérêt pour le groupe chrétien ne peut manquer de se manifester. Il semble que l'évangéliste pense aux persécutions qui menacent les chrétiens. En ces circonstances, alléger leurs souffrances, ne serait-ce "qu'en leur donnant à boire une coupe d'eau", témoignait publiquement d'une "courageuse" bienveillance.

En entendant ce passage, il n'est pas interdit de purifier le regard que nous portons sur la société qui nous entoure. Il n'a jamais été facile de vivre au sein d'un monde incroyant ou indifférent. Pourtant les réactions "culpabilisantes" risquent de nous détourner du "travail d'évolution" auquel Marc s'est attelé en son temps.

Les "points sensibles" d'une pensée susceptible de soutenir une "ouverture au monde".

Pour diverses raisons, l'activité de Marc en vue de repenser la présentation du message chrétien en vue de son ouverture au monde païen risque de nous échapper. La connaissance des civilisations que les apôtres ont rencontrées est complexe et appartient désormais aux recherches et aux études de spécialistes. Celles-ci existent et confortent ce que nous évoquons, mais il serait fastidieux de vous en accabler. En outre, n'ayant pas pu bénéficier d'un rapport visuel avec le témoignage initial, nous sommes heureux d'avoir pu cependant le connaître grâce aux évangélistes. A juste raison, nous leur faisons confiance et nous ne cherchons pas à les psychanalyser outre mesure. Enfin, l'Eglise a 20 siècles d'histoire. Cette ancienneté a souvent été présentée comme une assurance alors qu'elle aurait dû éclairer une certaine relativité de la tradition.

Bien entendu, il nous appartient de juger du bien-fondé de certains rapprochements. Notre expérience en conversation courante nous invite cependant à préciser plusieurs d'entre eux.

Priorité à Jésus…

Le "mystère" de Dieu est une question à laquelle se heurtent les hommes de toute époque. L'inconnu qui l'affecte oblige à emprunter des routes incertaines pour le concevoir et pour l'exprimer. De façon théorique, deux chemins sont habituellement empruntés: celui que suggère la réaction humaine spontanée face à l'inconnu de la création et aux aléas de l'existence… et celui qu'élaborent les penseurs contemporains… Il en ressort ce qu'on appelle couramment le Dieu du sentiment religieux et le Dieu "des philosophes et des savants"… Ces deux chemins sont bien fragiles, car "l'imaginaire" joue un grand rôle et projette en Dieu la relativité de toute civilisation. Ils s'imposent cependant par adhésion générale et c'est là que leurs conséquences les font entrer en pleine ambiguïté, particulièrement dans leur prétention à régir les choses humaines.

Peu de personnes ont conscience d'un va et vient qui se retrouve pourtant tout au long de l'histoire. Dieu est le plus souvent "imaginé" à partir d'une conception "discutable" concernant l'homme d'une époque et, en retour, il est évoqué pour cautionner certaines modalités de vie. Une vision de l'homme a engendré une vision de Dieu et, en retour, cette vision de Dieu sert à imposer une vision de l'homme. Le tout se complique du fait que, dans l'optique du sentiment religieux comme dans l'optique des intellectuels, le sens de l'homme est le plus souvent altéré par avance. Le sentiment religieux draine les peurs issues des aléas de la vie courante et les penseurs se réfèrent à un bien plus théorique que concret.

Marc était conscient que Jésus avait éclairé un troisième chemin pour envisager le mystère de Dieu. Il ne l'avait pas exposé sous forme de théorie sur Dieu, il l'avait vécue. Il en était ressorti ce que nous appelons le "Dieu de Jésus Christ" ou, plus exactement, le visage de "Dieu en Jésus Christ".

Le monde païen de son temps n'avait nul besoin d'une théorie supplémentaire selon les deux options courantes. Mais le témoignage de Jésus avait révélé un Dieu "tout autre" que les schémas spontanés traditionnels et il était essentiel d'en faire ressortir l'originalité. Jésus avait choisi de vivre un destin humain, visible et précis. Il n'avait rien caché de ses réactions face aux pesanteurs comme aux possibilités de ses contemporains. Et c'est à partir de ce visage humain qu'il invitait à "déchiffrer" ce qu'il nous est possible de connaître sur le monde divin. Il était donc prioritaire de le présenter pour qu'il joue son rôle de source de la foi.

C'est là que se situent les confusions actuelles. Certains diront qu'il s'agit du même Dieu et que la présentation a peu d'importance. Un tel jugement est doublement faux, faux en ce qui concerne le monde de Dieu et ses rapports aux hommes, faux en ce qui concerne les hommes et les routes de leur épanouissement… Malheureusement, depuis le Moyen Age, la pensée occidentale a cherché une impossible synthèse entre les trois chemins dont nous parlons. Le résultat a été désastreux au détriment de l'intuition évangélique. Un vague déisme a caricaturé la vitalité de l'évangile. Heureusement, la foi des chrétiens sincères a limité les dégâts mais, pour la majorité de nos contemporains, Jésus est situé en espérance de salut après la mort. Peu vivent de la résurrection qui nourrit la référence à son témoignage.

Les richesses du témoignage de Jésus

Nous avons déjà souligné les trois qualités sur lesquelles Marc revient sans cesse lorsqu'il rapport les différents secteurs de l'engagement de Jésus : humanité, efficacité, universalité : trois plans très concrets que chacun peut admettre comme richesse de la pensée chrétienne.

1. L'évangile développe, dans toute son ampleur, la somme des valeurs que tout homme porte en lui. Il nous apprend à nous connaître totalement, au-delà de nos réussites et de nos échecs. Certes, les sciences humaines modernes fouillent de plus en plus ce domaine et tout chrétien ne peut que s'en réjouir, car il ne s'agit pas de concurrence lorsque cette recherche est menée, de part et d'autre, avec rigueur et loyauté. La seule différence vient de la manière concrète dont la pratique chrétienne diffuse cette référence, au rythme de l'évolution de chacun.

2. En vue de l'épanouissement de ces valeurs au bénéfice de ceux qui nous entourent, Jésus nous a éclairé sur un bon "fonctionnement" de leur mise en œuvre. Son incarnation n'a pas triché avec la réalité de notre humanité. Il s'en est dégagé un potentiel pédagogique dont il est facile de reconnaître l'universalité à partir des trois sources qu'il a proposée à notre réflexion

En premier, nous disposons d'un exemple qui a assumé des situations diverses et multiples, en rapport avec la même diversité et la même pluralité que nous rencontrons. Nous bénéficions également d'une Parole qui unit le souvenir concret et la réflexion sur le sens de son engagement. Enfin, nous percevons plus nettement les "obstacles" qui nous piègent si souvent ; fausse vision de Dieu, difficiles rapports aux autres, conception étriquée des possibilités humaines.

3. L'authentique foi chrétienne se veut cohérente avec l'actualité du témoignage passé. Elle n'entraîne pas vers un autre monde. Elle n'entretient pas l'espérance de grâces spéciales, venues directement "d'en haut" pour résoudre miraculeusement nos problèmes. Elle nous situe en responsabilité d'un chantier de création où Créateur et ouvriers se retrouvent au coude à coude d'initiative, de responsabilité et de liberté.

Conclusion: les difficultés actuelles de "l'ouverture au monde" …

Pour stimuler les rapprochements précédents avec l'évangile de Marc, il n'est pas interdit d'évoquer la situation actuelle. Il importe d'être lucides. Les chrétiens se sont réjouis lorsque le Concile Vatican 2 a publié la "Constitution pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps". Mais, cinquante ans après, il est permis de poser la question : quel impact a eu cette ouverture ?… Après des "lendemains qui chantent", ne nous faut-il pas prendre acte de "lendemains qui déchantent" et ne pas voiler les difficultés qui apparaissent de plus en plus nettement pour une ouverture qui ne se fasse pas au détriment de la foi ?

Au début des années 60, il n'était que temps de sortir d'un repli frileux et d'ouvrir l'Eglise à la modernité. Tant de nos contemporains prétextaient de l'attitude ancienne pour refuser d'accorder quelque crédit au message chrétien ! Les années de guerre avaient rapproché croyants et non-croyants, un dialogue s'était engagé, ce terrain paraissait propice à une évangélisation renouvelée

A l'intérieur de l'Eglise, les bienfaits des réformes conciliaires ont été incontestables… mais, à l'extérieur, ces réformes ont fait long feu… Bon nombre de ceux qui, parmi nos contemporains, ont été atteints par l'effet médiatique du Concile et ont approuvé cette initiative, n'avaient jamais eu l'intention de devenir croyants au sens de la tradition chrétienne. Ils ne se sont nullement sentis ébranlés par un "progrès" de l'Eglise… Au contraire, ils se sont sentis confortés dans l'option qu'ils avaient prise, à savoir une médiocre référence festive, imprégnée de déisme et fort éloignée de toute source chrétienne.

Nous héritons donc d'une situation ambiguë dont il ne sert à rien de taire les handicaps. Dans ce contexte, le texte de Marc révèle son actualité. Il ne vise pas à complexer des apôtres qui ne sont guère plus nombreux aujourd'hui qu'autrefois. Il part de leur désir missionnaire d'ouverture au monde contemporain et il l'oriente en une direction plus réfléchie afin qu'il ne se perde pas dans les sables mouvants des fausses espérances.

Il est facile de résumer une dernière fois ses deux perspectives.

Il ne propose pas un plan spectaculaire d'évangélisation. Il vise le dialogue entre personnes de formations différentes, partageant un même quotidien. Pour diverses raisons, les routes restent souvent parallèles; il convient d'être patient et actif pour les faire se rejoindre. Et, en cela il reste fidèle à l'esprit de ce Jésus dont il rapporte l'engagement. Mais, au nom même de cette fidélité, il analyse plus profond la densité qu'il importe d'introduire en ce dialogue, moins sur la forme que sur le fond. Lui aussi a rencontré les difficultés que présente toute pensée nouvelle aussi bien lorsqu'il s'agit de la concevoir que lorsqu'il s'agit d'en faire admettre le bien-fondé. A nous de lui emboîter le pas…

Mise à jour le Dimanche, 30 Septembre 2018 16:48
 
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