Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année B : 21ème Dimanche du temps ordinaire ordinaire

 

Actualité

Au long des derniers dimanches, le quatrième évangéliste nous a invité à réfléchir sur un thème qui lui tenait à cœur, "Jésus-Pain de Vie." Il nous a proposé un discours bien structuré et un développement équilibré en trois enseignements progressifs: les choix préalables à la foi chrétienne - le centre de cette foi sur Jésus et la mission créatrice qui fut la sienne - l'importance du témoignage d'humanité proposé en actualité pour nourrir constamment nos existences.

 

Evangile

Evangile selon aint Jean 6/60-69

Rappelons-nous le cadre dont le passage d'aujourd'hui est la double conclusion

Premier développement : la recherche qui conduit au seuil de la foi chrétienne  

Deuxième développement : la vraie foi chrétienne

première source de Jésus-Pain de la vie : le lien de Jésus au monde créateur

Troisième développement : la vraie foi chrétienne

deuxième source de Jésus-Pain de la vie : l'humanité de Jésus communiée par ceux qui voient et croient*

(affirmation de conclusion du 3ème développement)

Jésus leur dit donc : Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle

(intervient à cette place une double explicitation concernant ce verset :

Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.

Comme le Père, vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, celui qui me mange, celui-là vivra aussi par moi.

la fin du discours est alors nettement précisée)

Conclusions du discours sur Jésus-Pain de vie

1. Objections et défections parmi les disciples

Ayant entendu, beaucoup de ses disciples dirent : "Dure est cette parole, qui peut l'entendre?"

(réponse précisant l'état d'esprit pour comprendre l'eucharistie

Mais Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmurent à ce sujet, leur dit : " Cela vous scandalise ?

= Si donc vous voyiez le Fils de l'homme montant là où il était auparavant ! (autrement dit foi en la résurrection) 

= C'est l'Esprit qui vivifie; (dernier auteur ?) la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie (autrement dit accueil de l'esprit)

= Mais il en est de vous qui ne croient pas."

Car Jésus connaissait dès le début quel est celui qui le livrerait.

Et il disait : " Pour cette raison, je vous ai dit que nul ne peut venir à moi si cela ne lui a pas été donné du Père." (autrement dit incompréhension du but créateur de la Vie que Jésus apporte) 

Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent et ne circulaient plus avec lui.

2. Adhésion du groupe des disciples en la personne de Pierre  

Jésus dit donc aux Douze : "Vous aussi, voulez-vous vous en aller ?"

Simon-Pierre lui répondit : = "Seigneur, à qui irions-nous ?

= Tu as les paroles de la vie éternelle.

= Et nous, nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu."

Jésus leur répondit : " Ne vous ai-je pas choisis, les Douze ? et l'un de vous est un diable ! "

Or il parlait de Judas fils de Simon Iscariote, car celui-ci allait le livrer, l'un des Douze.

Textes complémentaires

Il est intéressant de suivre les réactions des auditeurs au long de l'ensemble du Discours. En première lecture, nous pouvions considérer cette mention comme un procédé littéraire adopté par l'auteur pour faire progresser la réflexion, mais nous constatons que ces réactions préparaient ce qui est "rassemblé" et analysé plus précisément en conclusion.

au niveau des "signes "au soir du partage des pains : Les hommes donc, en voyant le signe qu'il avait fait, disaient : " C'est lui vraiment le Prophète, qui vient dans le monde." Jésus donc, sachant qu'ils allaient venir et s'emparer de lui afin de le faire roi, s'enfuit de nouveau dans la montagne, lui seul

au niveau du premier développement sur la recherche : La foule le cherchant de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : "Que ferons-nous, afin d'œuvrer les œuvres de Dieu ? Quel signe fais-tu donc que nous voyions et croyions en toi ? Quelle œuvre fais-tu ?"

au niveau du deuxième développement sur le lien entre Jésus et le monde créateur : première réaction : Ils lui dirent : "Seigneur, donne-nous toujours ce pain."… deuxième réaction : Les juifs murmuraient à son sujet parce qu'il avait dit : Je suis le pain descendu du ciel et ils disaient : "Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph dont nous connaissons le père et la mère ? Comment dit-il maintenant : 'Je suis descendu du ciel' ?

au niveau du troisième développement sur l'humanité de Jésus comme nourriture : = Les juifs disputaient entre eux, disant: "comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger?"

Contexte des versets retenus par la liturgie

* Il est certain que la réflexion de l'évangéliste correspond au cadre historique. Tous les auteurs mentionnent plus ou moins explicitement une rupture entre Jésus et les foules au terme d'une année de prédication en Galilée. Mais Jean amplifie sa réflexion. Au moment où il écrit, il sait par expérience que ces attitudes sont universelles et la suite des siècles ne fera qu'appuyer cette conviction.

* Comme pour le discours précédent, nous pouvons affecter cette conclusion d'un coefficient personnel. Lorsque l'auteur mentionne l'abandon de quelques disciples de la première heure, il parle d'amis qui, comme lui, avaient adhéré à "l'aventure" de Jésus. Il lui est douloureux d'évoquer leur revirement. Leur participation n'aurait pu manquer d'être positive et leur défection a certainement renforcé des oppositions latentes.

* La fin de ce passage évoque la trahison de Judas. Il est hasardeux de se référer au quatrième évangile pour présenter la part d'inconnu qui affecte cette attitude. Des livres postérieurs ont prétendu donner une "explication". Malgré leur notoriété actuelle, ils sont tardifs de plusieurs siècles et ne peuvent se réclamer d'une tradition sérieuse.

De façon habituelle, Jean est "agressif" vis-à-vis de Juda et ne contribue pas à nous fournir une analyse de comportement. A juste titre, nous pourrions même lui reprocher d'être injuste. Ainsi, en 12/6, il dénonce Judas comme "voleur" et le soupçonne de "dérober dans la bourse ce que l'on y mettait", En 13/29 il précise en effet "qu'il tenait la bourse". Mais peut-on imaginer Jésus assez naïf pour avoir choisi un escroc comme apôtre et lui avoir confié ensuite la gestion des dons qui étaient faits pour assurer la subsistance du groupe ? Nous sommes en droit de tempérer l'opinion de l'évangéliste (ou d'un dernier auteur) lorsqu'il avance que "Jésus connaissait dès le début celui qui le livrerait".

Lors du dernier repas (13/27), le départ discret de Juda est vraisemblable car il traduit la volonté manifeste de Jésus; il s'agit pour lui de brusquer les événements et d'obliger les pouvoirs religieux à se prononcer à son égard. En démasquant Judas sans que les autres apôtres puissent percevoir les conséquences, Jésus savait qu'il allait accélérer le projet mis au point par les responsables religieux. Mais, selon Matthieu et selon Luc dans les Actes, le fait que Juda se soit pendu en voyant que Jésus était condamné, invite à la discrétion sur toute "explication psychologique". Nous devons tenir compte du caractère "entier" de l'auteur au souvenir des événements. .

* Le "découpage " liturgique peut prêter à confusion au sujet de la "Parole" que certains disciples jugent "dure". Il s'agit du discours en son entier. En effet, un verset a été omis et précède les conclusions sur lesquelles nous réfléchissons: La coupure est nette :"Il dit cela, enseignant dans une synagogue à Capharnaüm".

Piste possible de réflexion : est-il si "dur" d'être chrétien ?

1. Ambiance générale de la conclusion de Jean

Jean aurait pu s'arrêter là. Pourtant, il nous invite à partager les sentiments qu'il éprouve en pensant à la réaction qui fut celle d'une partie de ses contemporains. Qu'y avait-il de si original dans le partage en humanité que proposait Jésus pour que ce dynamisme ait été refusé ? Car, à cette place, le refus n'était pas venu des "ennemis", il avait été le fait de disciples, autrement dit d'amis qui, comme lui, avaient adhéré en un premier temps à "l'aventure" de Jésus. La peur ne pouvait pas expliquer leur revirement. Le mal était plus profond, plus "mystérieux" en étant plus personnel.

C'est à cette question que l'évangéliste consacre la conclusion que nous venons de lire. Il aurait pu se limiter à la "crise messianique" qui avait marqué la soirée du partage des pains. Il est le seul à parler ouvertement de l'intention d'investir Jésus de la royauté. Il aurait pu se contenter des objections ponctuelles qu'il prête aux auditeurs de Capharnaüm. Leur détail est parfaitement cohérent avec la défection finale.

Mais il éprouve le besoin de rassembler ces divers points et d’en présenter la synthèse, car, à la double lumière de sa propre réflexion et de sa propre expérience missionnaire, il pressent le caractère universel de cette réaction. Ceux qui deviendront ensuite les adversaires de Jésus n'y exercent aucune influence. Il s'agit d'une autre crise, plus sournoise et plus inattendue, qui a touché le groupe des disciples historiques et ne peut manquer d'affecter les disciples futurs de tous temps et de tous lieux.

Une telle mention mérite une attention particulière. Nous parlons souvent des difficultés qu'éprouvèrent les contemporains de Jésus au moment de sa passion. D'une certaine façon, nous les excusons en parlant de la situation confuse qui a entouré le drame, des risques que les partisans de Jésus encouraient, de la contradiction entre les Écritures et la mort sur une croix… Au chapitre 6 de Jean, il n'y a rien de tout cela; le choix porte sur des conceptions religieuses, "à froid", en dehors de toute pression contraignante.

Les autres évangélistes sous-entendent cette crise à la fin de la première année de prédication, vers le printemps 29. Cependant aucun ne va aussi loin que Jean dans l'analyse des motivations. Le souci qu'il manifeste le rapproche des difficultés que nous rencontrons dans nos propres communautés, car, très souvent, ce ne sont pas les difficultés ou les persécutions qui sont à la racine de certains départs actuels, ce sont des erreurs de conception concernant la foi chrétienne authentique.

2. Les refus

A leur sujet,  il est important de noter un premier trait concernant les réponses de Jésus: il ne concède rien. Malgré la déchirure intérieure et l'apparent échec dont témoigne leur rupture, il ne cherche pas à retenir ceux qui s'éloignent. Les conclusions du chapitre 6 se situent loin d'une conception "doucereuse" de la foi, ne voulant choquer personne et se disant accueillante à tous. Elles rappellent que la foi chrétienne n'est pas vague acquiescement à un discours spirituel, elle ne se réduit pas à un dynamisme d'engagement au service des autres et du monde,  elle n'est pas pure application de commandements moraux.

En raison d'une expression condensée quelque peu théologique, nous risquons de "buter" sur les deux réponses qu'objecte Jésus. Elles concernent le lien de Jésus au monde divin après la résurrection et la dimension créatrice de son témoignage. Il est facile de remarquer qu'elles correspondent à ce qui a été présenté longuement dans les 2ème et 3ème développements. L'auteur leur donne une formulation plus ample qui en fait des réponses à portée universelle.

a) En faisant mention de "la montée du Fils de l'homme là où il était auparavant", Jean complète ce qui était dit de sa "descente du ciel", car, avant Pâques, la foi en la résurrection ne pouvait intervenir. Désormais, cette présence permanente devrait favoriser l'accueil de Jésus-Pain de vie. Pourtant, l'évangéliste a conscience que les deux dimensions, incarnation et résurrection, sont liées par référence commune au "sens de Dieu". Il en revient toujours à ce qu'il considère comme un préalable à la foi chrétienne : reconnaître que Jésus a témoigné historiquement de la densité de notre humanité au nom de Dieu-Créateur.  Pour l'auteur, c'est là que se concentre la difficulté - mais aussi la nécessité - de prendre parti et ce choix n'est pas réglé d'avance.

Joseph Ratzinger dans " Foi chrétienne " en fait un bon commentaire : " on peut se demander s'il n'eut pas été plus simple d'adorer ce qui est éternel et caché, de s'y abandonner dans la méditation et d'y aspirer. N'aurait-il pas été plus facile de nous élever au-dessus des contingences de ce monde pour percevoir dans une paisible contemplation le mystère ineffable ? En nous faisant rencontrer Dieu comme un homme, l'Eternel comme un être soumis au temps, il ne nous reste qu'à faire quelques pas pour aller auprès de cet homme en Palestine, où Dieu lui-même vient à notre rencontre... Mais les choses se présentent alors avec une singulière ambiguïté: ce qui parait d'abord être la révélation la plus radicale devient en même temps facteur d'obscurité extrême. Dieu s'est tellement rapproché de nous qu'il semble cesser d'être Dieu pour nous. Se livrer au réalisme de la foi, se limiter à une seule figure et placer le salut de l'homme et du monde sur le bout d'aiguille d'un point fortuit de l'espace et du temps, c'est là la difficulté"

b) En deuxième réponse, Jean parle de l'Esprit lié à la vie. Cette mention risque d'être perçue selon la présentation "spectaculaire" de saint Luc dans les Actes. Il faut au contraire se référer à la pensée de Jean lorsqu'il en fait mention au soir de Pâques. Les apôtres étant rassemblés, Jésus se tint au milieu d'eux et répandit sur eux son souffle avec mission de poursuivre la lutte contre les péchés. " Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie". Il s'agit donc d'une continuité en humanité en même temps que d'un dynamisme imprimé à cette humanité.

Gardons-nous de compliquer les phrases de l'évangéliste. Il en appelle aux lois habituelles de notre engagement humain. La réalité concrète que nous assumons est "neutre" par nature. A ce niveau, effectivement, "la chair ne sert de rien!". C'est chacun qui lui donne sens à la lumière de l'esprit qu'il choisit. "C'est l'esprit qui fait vivre!" Mais nombre d'influences pèsent sur ce choix. La foi chrétienne est "réaliste. Elle n'intervient pas autrement qu'en se référant à la créativité qu'il est possible d'insuffler à notre ordinaire de vie. Jésus n'a pas "inventé" une nouvelle humanité et l'intérêt pour sa Parole ne peut correspondre qu'à une "attirance" vers son témoignage.

Pour Jean, ce qui a été valable au temps historique le demeure en tous temps. .

3. la profession de foi de Pierre

La forme que l'évangéliste donne à l'adhésion de Pierre est semblable à la confession de foi que les autres évangélistes situent à une date équivalente, dans la région de Césarée de Philippe (Marc 8/27). Les emprunts à une même tradition sont évidents sur le plan du vocabulaire et de la pensée. Jean met davantage en relief l'importance de la Parole selon la mentalité juive de la création: "Dieu dit et cela fut".

*  La question posée n'est pas "voulez-vous rester ?", mais "voulez-vous partir? ". L'évangéliste reste fidèle à l'ambiance de liberté qu'il a inscrite dès le départ dans les relations entre Jésus et ses apôtres.

*  La réponse de Pierre est soigneusement "ordonnée" selon une présentation qui reprend globalement le mouvement des développements précédents et en fait un exemple pour toute profession de foi chrétienne:

a). "à qui irions-nous?"… le mouvement initial de recherche est prioritaire et il est orientée vers l'adhésion à la personne de Jésus …

b). "tu as les paroles de la vie "… Au départ, il était dit aux apôtres : "Venez et Voyez"… mais Jean pense à ceux qui viendront ensuite. Pour eux, ce seront les paroles de la première prédication - puis les écrits évangéliques - qui actualiseront le témoignage passé et seront la source privilégiée d'où l'esprit fera jaillir la vie. Il leur appartiendra de les situer en profondeur, en universalité, en épanouissement à un degré jamais égalé par les autres systèmes religieux ou philosophiques.

c). car c'est bien de vie dont il s'agit… "tu es le Saint de Dieu". Il est possible de relier l'expression de Pierre à l'Ancien Testament, mais le lien privilégié de "Sainteté" était sans doute. Majoritairement, significatif aux chrétiens issus de civilisations diverses. Il dépasse la question que posaient les foules au sujet d'une "descente du ciel" concernant Jésus.

4. Eléments de dialogue lorsque sont évoquées les "exigences chrétiennes"

"Dure est cette parole, qui peut l'entendre ?". Il  faut noter l'ironie que l'évangéliste glisse dans sa présentation, lorsqu'il rapporte la réflexion que font certains disciples pour justifier leur défection. Car en quoi cette Parole est-elle "dure" lorsqu'on perçoit l'immense richesse de vie qui ressort du témoignage historique de Jésus ?  Celui-ci répond en parlant de "scandale" dans l'esprit des interlocuteurs, mot à prendre au sens littéral de "pierre qui fait trébucher".

* Il faut bien remarquer Jean situe la source de cette soi-disant difficulté. Nous penserions facilement à l'obligation de "prendre sa croix" pour "suivre Jésus", mais l'enseignement sur le Pain de vie se situe au milieu de l'évangile, sans aucune mention de la croix au chapitre 6. Jean élimine donc par avance cette référence, la "dureté" qui est évoquée porte essentiellement sur les actes ordinaires qui fondent la foi chrétienne: "voir Jésus, croire en lui et le laisser demeurer en nous". C'est pourquoi, "l'excuse" lui paraît bien futile et quelque peu hypocrite.

* En effet, qu'y avait-il donc d'incompréhensible dans l'enseignement de Jésus quand il parlait du lien étroit qu'il voulait vivre avec chacun? Il était bien évident que les mots "chair" et "sang" étaient à prendre au sens symbolique. Jésus se référait à l'expérience que nous sommes tous amenés à vivre lorsque nous cherchons à orienter et animer notre existence. Nous nous appuyons sur quelques exemples, contemporains ou passés. Pourquoi ne pas choisir celui de Jésus ? Il est tout aussi valable que bien d'autres.

* L'évangéliste ne se contente pas de dresser la liste des objections, il les regroupe autour de trois thèmes dont il a présenté une analyse approfondie dans l'enseignement qui précède; il les situe ainsi comme des objections "universelles".

a)  En religion, beaucoup voudraient que "ça tombe du ciel"… De fait, nombre de doctrines orientent ainsi la spiritualité de leur membres, insistant sur les prières ou autres dévotions liées à des demandes ou protections. Avec la foi chrétienne, il ne doit pas en être ainsi; Jésus accompagne, il ne distribue pas des "miracles" qui nous dispenseraient de prendre nos responsabilités d'hommes et de femmes intelligents et libres.

b)  La richesse de la foi chrétienne ne vient par d'un "lien privilégié" avec le monde divin grâce aux "infinis mérites de la croix du Christ". La foi chrétienne n'a rien à voir avec le "déisme" courant qui réduit Jésus à un simple intermédiaire… elle est centrée prioritairement sur le témoignage humain d'une personne: Jésus… En ce témoignage, se révèle à nous un "visage d'homme" qui éclaire le nôtre et nous invite à rectifier tout imaginaire concernant un "visage merveilleux de Dieu".

c) Enfin, la foi chrétienne se nourrit d'un contact et d'une réflexion sans cesse renouvelés avec Jésus, doublement présent par l'évangile et le pain partagé. Ce n'est pas une question de morale, c'est une question de construction permanente en rapport avec les aléas et le devenir de notre existence. Sans messe, sans lecture sérieuse de l'évangile et sans réflexion sur la vie à cette lumière, il n'y a pas de foi chrétienne.

En raison du caractère "religieux" donné à une formation première, cette originalité de la foi chrétienne est méconnue de la plupart de nos contemporains. Il faut donc accélérer une présentation renouvelée de la foi chrétienne et une expression plus nette de son identité, spécialement dans l'organisation de la vie liturgique qui la nourrit.

Mise à jour le Vendredi, 31 Octobre 2014 10:47
 
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