Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année B : 19ème Dimanche du temps ordinaire


Actualité

Dimanche dernier, saint Jean précisait le cheminement qui conduit au seuil de la foi chrétienne. Il esquissait déjà les deux orientations qui, à ses yeux, la situent à part parmi les multiples réflexions religieuses élaborées au cours de l'histoire. La foi chrétienne n'oriente pas vers une doctrine mais vers une personne, Jésus, connue de façon assez précise en raison de son engagement historique. Par ailleurs, elle est portée par l'aspiration humaine à épanouir la vie, ce qui s'exprime en symbolisme de "nourriture" nécessaire pour vivre. L'auteur nous aidait à réfléchir aux dérives qui détournent souvent l'élan des premières générosités. Il en esquissait un catalogue assez complet: dérive utilitaire quant aux bienfaits escomptés… dérive religieuse morale… dérive de la tradition qui enlise dans la sclérose du passé…Après cette introduction il revient plus directement et plus longuement sur le thème de la foi.

Evangile 

Evangile selon saint Jean 6/41-51

Nous l'avons signalé dimanche dernier : le "découpage" liturgique rend difficile l'étude des trois développements qui composent le chapitre 6 de Jean. Ceci est particulièrement vrai pour le deuxième développement dont une partie seulement, la deuxième, est proposée à notre réflexion. Ci dessous, la différence des caractères vous permettra de disposer de l'ensemble du deuxième développement, tout en repérant ce qui a été gardé en lecture d'assemblée

Deuxième développement : Jésus-Pain de la Vie au cœur de la foi chrétienne -

première source de cette vitalité : le lien de Jésus au monde divin créateur  

parole mystérieuse de Jésus

"Le pain de Dieu est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde."

. Ils lui dirent donc : "Seigneur, donne-nous toujours ce pain." (question "logique") 

affirmation plus précise

Jésus leur dit : " Je suis le pain de la vie : celui qui vient à moi n'aura pas faim, celui qui croit en moi n'aura pas soif, jamais.

1. les deux "éléments" du projet divin

explicitation de la parole précédente : l'incarnation a engendré un double mouvement : en envoyant Jésus au monde, le Père lui a "donné" les hommes pour qu'il soit leur "pain de vie"… dès lors, les hommes sont invités à aller vers lui en adoptant le cheminement : venir-voir-croire 

inclusion: les foules juives n'ont pas perçu ce "signe". Mais je vous ai dit que vous avez vu et vous ne croyez pas.

a) = mouvement de l'incarnation "du côté de Dieu" : volonté créatrice et universelle 

Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi je ne le jetterai pas dehors. Car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

Or telle est la volonté de celui qui m'a envoyé, que tout ce qu'il m'a donné, je n'en perde rien, mais je le ressusciterai au dernier jour (dernier auteur)

b) = mouvement de réponse, exigé "du côté de l'homme"  

Car telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle) et je le ressusciterai au dernier jour (dernier auteur) 

2. les obstacles rencontrés par les juifs  

= doute en raison de l'origine "humaine" de Jésus  

Les juifs murmuraient à son sujet parce qu'il avait dit : Je suis le pain descendu du ciel

et ils disaient : "Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph dont nous connaissons le père et la mère ? Comment dit-il maintenant : 'Je suis descendu du ciel' ?

Jésus répondit et leur dit : "Ne murmurez pas entre vous (écho des murmures du peuple juif désabusé par la manne dans le désert Nombres 21/5)

= doute sur le supplément créateur apporté par Jésus

Nul ne peut venir à moi à moins que le Père qui m'a envoyé ne l'attire et je le ressusciterai au dernier jour. (dernier auteur)

Il est écrit dans les prophètes : 'Ils seront tous enseignés par Dieu'. (nouvelle alliance annoncée par Isaïe 54/13)

Quiconque entend le Père et se laisse enseigner, vient à moi. Non que quelqu'un ait vu le Père, sinon celui qui est d'auprès de Dieu, celui-là a vu le Père (autrement dit, il faut d'abord être porté par un désir créateur et faire le lien avec Jésus)

3. universalité des deux temps créateurs sous l'angle de la foi

b' = En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui croit a la vie éternelle

a' = Je suis le pain de la vie.

optique juive : Vos pères ont mangé dans le désert la manne et ils sont morts. Tel est le pain qui descend du ciel : que quelqu'un en mange et ne meure pas.

optique universelle : Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra pour toujours.

Troisième développement : Jésus-Pain de la Vie au cœur de la foi chrétienne,

deuxième source de cette vitalité : l'humanité de Jésus

(parole mystérieuse de Jésus)

Le pain que je donnerai est ma chair, pour la vie du monde.

A propos de la composition de ce texte

A la première lecture, ce passage peut apparaître à la fois simple et complexe; simple parce que Jésus se présente sans détour comme pain de vie pour tout homme et complexe en raison de multiples répétitions qui peuvent déconcerter.

a) Quitte à nous répéter, il importe de rappeler la composition du "Discours concernant Jésus-Pain de vie" et surtout l'enchaînement des différents développements. Le découpage liturgique est loin de nous y aider et nous ne saurions trop vous conseiller d'étendre votre lecture personnelle de part et d'autre des versets "officiels" (Vous en disposez ci-dessus).

La progression "globale" de la réflexion de jean est très logique. Au chapitre 6 comme en de nombreux "ensembles" de son œuvre, il est relativement facile de clarifier les thèmes qu'il aborde: 1. pour que naisse la foi chrétienne, une évolution est nécessaire en vue de se libérer des pesanteurs religieuses "habituelles"… 2. première originalité de la foi chrétienne : elle se centre sur la personne de Jésus et le sens de son engagement … 3. deuxième originalité de la foi chrétienne : elle accueille ce témoignage en source de vitalité concrète… 4. troisième originalité de la foi chrétienne: elle actualise ce lien dans le ressourcement de la messe…

b) Ce dimanche nous permet de réfléchir à la deuxième particularité de notre foi, à savoir le désir exprimé par Jésus d'être Pain de vie pour ceux qui croient en lui. L'ampleur de ce sujet amène le quatrième évangéliste à dédoubler la réflexion qu'il propose : 1. Celle-ci a pour base la reconnaissance du lien de Jésus au monde divin, particulièrement en son activité créatrice générale. D'où la mention du Père et la mission de vie confiée au Fils… Mais, 2. au plan pratique, se pose également la mise en œuvre de la densité "historique" dont les éléments fournissent lumière, vérité et vie à notre activité créatrice particulière.

Ce dernier chantier est énorme puisqu'il est permanent et c'est sans doute pourquoi l'auteur le dédouble à nouveau. Dimanche prochain, il abordera plus précisément la manière concrète dont Jésus propose aux hommes de les nourrir. Ceci lui permet, en ce dimanche, d'insister sur le lien "théorique" entre cette activité créatrice et la nôtre.

c) Les répétitions de vocabulaire font ressortir ces deux mouvements : 1. le premier concerne Jésus: il est "descendu du ciel et donne la vie au monde"… 2. le deuxième concerne les hommes: il leur faut "venir" à Jésus et "croire en lui". Les nuances entre les différentes répétitions peuvent se comprendre "selon" la méthode de Jean (ou l'intervention d'un auteur postérieur) : exposé théorique - échec en milieu juif, servant de "mise en garde" pour l'avenir - universalité de cette dualité d'activité "à la source" de la foi chrétienne.

1. de façon dépouillée, l'auteur présente le mouvement qui concerne Jésus en recourant à deux expressions : "descendu du ciel" et "envoyé par le Père".  L'expression "descendu du ciel" est rare dans le quatrième évangile et ne se retrouvera plus dans la suite. Ce mouvement est nettement orienté vers le don de la vie sous le mode de nourriture.

"Le pain de Dieu est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde… Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Or telle est la volonté de celui qui m'a envoyé, que tout ce qu'il m'a donné, je n'en perde rien"… La question des juifs porte sur le fait qu'il dit: "Je suis descendu du ciel"… Jésus le confirme indirectement en se situant comme "celui qui est d'auprès de Dieu et qui a vu le Père"… Et la même affirmation revient en finale: "Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel", si quelqu'un mange de ce pain, il vivra pour toujours".

2. le mouvement qui concerne les hommes a été amorcé dès l'accueil des premiers disciples. "Venez et voyez". Il se conclue par le fait de croire ou ne pas croire. Cette alternative sous-tend toute la présentation: "celui qui croit en moi n'aura jamais soif", "quiconque voit le Fils et croit en lui a la vie éternelle". C'est elle qui fonde le reproche adressé aux juifs: "Vous avez vu et vous ne croyez pas". C'est elle qui ouvre à l'universalité: "celui qui croit a la vie éternelle".

Les "nuances" semblent introduites par le fait que les foules "historiques" auraient du percevoir la valeur créatrice et universelle des premiers "signes" de Jésus: noces de Cana associées à l'exclusion des vendeurs du Temple, guérison du fils d'un fonctionnaire étranger, guérison du vieil infirme de la piscine de Béthesda associée au dépassement de la Loi, et surtout partage des pains.

En abordant l'universalité de ce mouvement, l'auteur élargit les aspirations qui peuvent susciter la foi chrétienne. Il évoque la recherche humaniste qui se retrouve à toutes les époques, y compris la nôtre : "être attiré par le Père, donc par le Créateur" et "se laisser enseigner" par la densité qui s'exprime dans les enseignements et les engagements de Jésus. L'échec de la réflexion juive symbolisée par la manne devrait ouvrir à une nouvelle conception du "pain descendu du ciel".

d) En conclusion, deux idées ressortent nettement : 1. Jésus a été envoyé au monde par le Père, donc le Créateur, en vue d'être "pain de vie" pour les hommes de façon visible et universelle… 2. la foi chrétienne est centrée sur une double conséquence de cette initiative: il s'agit d'accueillir Jésus, non comme un leader que se seraient donnés les hommes, mais comme celui dont le témoignage s'inscrit en perfectionnement de la création… il s'agit ensuite d'insuffler cette richesse dans le quotidien de nos existences humaines.

Dans le développement suivant, l'évangéliste développera la conséquence "pratique" de cette foi : comment vivre de la densité d'humanité engagée par Jésus. Dans ce développement il situe en priorité le lien de Jésus au monde créateur. Cet ordre de "réflexion" correspondait sans doute à la pensée religieuse de la communauté à laquelle l'auteur s'adressait. Actuellement, sans la trahir, nous pourrions l'envisager en présentation inverse.

Contexte "personnel" du discours présentant Jésus-Pain de vie

Il est normal que le texte évangélique reste la base de tout commentaire. Mais il n'est pas interdit d'enrichir son approche avec ce que nous connaissons de l'esprit de son auteur. N'oublions jamais qu'il s'agit de la réflexion d'un frère chrétien qui nous entretient de la foi qui nous est commune.

* En lisant ces versets, il convient d'abord de tenir compte de la densité des années que les apôtres avaient partagées avec Jésus et de la densité de la longue réflexion qu'ils ont poursuivie par la suite. Aujourd'hui, nous aurions tendance à jongler avec les définitions dogmatiques postérieures qui situent le Christ comme "descendu du ciel" ou "apportant la vie au monde". Or, pour les compagnons de Jésus, et donc pour Jean, la réalité se présentait de façon totalement différente. Un témoignage très concret avait bouleversé leur vie tout en bouleversant leur intelligence. Pendant plus de deux ans, quotidiennement, Jésus avait tissé les bases d'une nouvelle orientation religieuse. Et surtout, au delà de son enseignement, le "mystère" de sa personnalité avait hanté leur esprit.

Pour mesurer le caractère indélébile de ce souvenir, il suffit de donner toute leur intensité aux premiers versets du prologue. "Le Verbe était Dieu depuis le commencement"… et pourtant "il s'est fait chair et il a habité parmi nous". Cinquante ans après, Jean n'en revient toujours pas. Simples apôtres, lui et ses compagnons ont été "amenés à contempler visiblement la gloire de Jésus", c'est-à-dire le lien exceptionnel qui le situait, dans le monde divin, en Fils du Père. Et ils l'ont contemplé de la façon la plus simple qui soit: une humanité individuelle, autrement dit, en langage juif, l'aspect "charnel" d'une personne. Dans sa première lettre, l'évangéliste témoignera de la même référence: "Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l'annonçons, car la Vie s'est manifestée" (1/1).

* Ce contexte personnel oblige à prendre en compte la vision tout aussi personnelle que porte Jean sur la "vitalité" que Jésus a apportée à ses amis, avant que ceux-ci ne la proposent à d'autres croyants. Les commentateurs oublient souvent le sens du mûrissement de pensée que l'apôtre a poursuivi et dont il présente les conclusions dans son évangile. Nous reviendrons sur ce "rétrécissement" de perspective car elle affectera surtout le passage de dimanche prochain. Mais, elle menace l'interprétation des versets que nous venons de lire.

Pour le dire brièvement,  lorsqu'on parle de Jésus-Pain de vie, l'habitude a été prise "de céder à l'imaginaire religieux habituel". Nombre de commentaires évoquent la vie spirituelle et voient l'apport de la foi comme une élévation vers un monde divin qui nous échappe. D'autres insistent sur le caractère éternel dont parle l'évangéliste et assimilent l'action de Jésus à l'entrée en paradis. Ce sont deux fausses pistes qui trahissent la pensée de l'évangéliste, car elles sous estiment le partage en humanité que celui-ci avait expérimenté et qu'il situe au cœur de la foi.

Cet appauvrissement se retrouve dans le rapprochement que font la plupart des chrétiens entre pain de vie et eucharistie. Ce rapprochement est exact mais il s'agit de lui donner une juste orientation comme Jean nous y invitera dans le développement suivant. La majorité des dissertations théologiques concernant la présence réelle en font un "mystère" qui évoque plus le Christ en gloire que le compagnon de la route d'Emmaüs. Les "signes" du pain et du vin ne sont plus signes de vie courante. La culture grecque a estompé le réalisme et la simplicité propre à la culture juive.

* Attention également à un autre "piège inconscient" concernant la pensée de Jean au sujet de la vie que Jésus apporte. Au cours des premiers siècles, l'enseignement chrétien a surtout privilégié la pensée de Paul. L'originalité de Jean a été ainsi peu analysée et, de fait, n'a pas reçu la place qui aurait du lui revenir dans une synthèse commune. Qui plus est, sous prétexte d'un même vocabulaire, les commentaires courants ont projeté sur la pensée de Jean les modèles de pensée familiers à Paul.

Il ne s'agit pas d'opposer les auteurs, mais de tenir compte des  itinéraires différents suivis par chacun. C'est le grand mérite des recherches actuelles de nous aider à mieux les situer. Encore faut-il en tirer les conséquences littéraires. Lorsque nous étudions le quatrième évangile, les expressions que nous lisons se sont étagées sur plus d'un demi-siècle et représentent une construction progressive.

Malgré la sincérité de sa conversion, Paul reste très dépendant des modèles de pensée qui ont marqué sa formation juive. L'épître aux Romains témoigne d'un sens pessimiste de l'homme. La présentation du salut en Jésus s'en trouve fortement influencée. De ce fait, le schéma religieux du sacrifice compensateur se trouve transposé sans grande nuance dans un  schéma chrétien de pensée. Lorsqu'il écrit : "Pour moi, vivre, c'est le Christ" (Philippiens 1/21), la résonance qu'il donne au mot "vie" ne peut être chargée des mêmes souvenirs chaleureux que Jean conserve en mémoire.

* En respectant cette diversité de date et de cheminement, il est facile d'esquisser la vision de Jean. Elle ne porte pas sur un "autre Jésus", elle invite à "lire autrement" une même réalité historique. Nous pouvons la présenter comme une vision globale qui ouvre directement sur l'universalité.

Jean avait conscience que, depuis le ministère du Baptiste, l'orientation du témoignage de Jésus avait été précise. Il s'était agi de servir la cause de la vie humaine en s'attaquant aux trois groupes de pesanteurs qui empêchent son épanouissement, pesanteurs religieuses, pesanteurs des rapports sociaux ou politiques, pesanteurs des conceptions négatives qui minimisent les "talents" personnels… Jésus avait mené cette mission très concrètement en s'engageant totalement, corps et sang, selon la vision unitaire de la pensée juive. Il n'avait pas reculé devant les menaces de ceux qu'il contestait et les conditions de sa mort avaient éclairé la triple orientation de son combat. Mais, en donnant sa vie, Jésus avait cassé la fatalité qui semblait aliéner les hommes à toute époque. Sa résurrection avait confirmé cette nouvelle issue et surtout elle avait traduit sa présence lors de la poursuite universelle de cette libération.

Jean a sans doute longuement médité cette vision globale. L'extension de l'Eglise ne pouvait que renforcer la conviction de son universalité tandis que la séparation d'avec le judaïsme clarifiait les ruptures. Dans le passage que nous lisons, l'évangéliste sait donc où il veut aller. Jésus apporte aux hommes la vie, mais il ne l'apporte pas n'importe comment. Son efficacité est liée à trois "originalités" : 1. La transmission de cette vie doit être située au centre de la "religion", aussi bien du côté de Dieu que du côté des hommes. Elle s'opère donc dans une ambiance de création, elle implique la vision d'un Père soucieux de poursuivre son œuvre initiale et amorçant son projet dans l'engagement d'un Fils…2. Le témoignage historique de Jésus constitue le "matériau" qui alimente cette vie et l'enrichit de sa densité d'humanité… 3. L'homme est associé à sa propre "résurrection", il lui appartient de venir, de voir et de croire…

Piste possible de réflexion : au cœur de la foi chrétienne

Après une lecture rapide, nous risquons d'être déconcertés par la composition aussi bien que par le vocabulaire de ce deuxième développement. Il n'est donc pas inutile de proposer quelques remarques.

= Pour l'évangéliste, le centre de la foi chrétienne est à situer en Jésus, Pain de Vie mais ce thème implique deux éclaircissements : le premier concerne le rapport personnel qui unit Jésus au monde divin d'où émane sa mission… le second porte sur le "rapport de nourriture" entre le témoignage qu'il nous a laissé et l'actualité de nos existences.

Dans la pensée de l'évangéliste, ces deux questions sont très liées. La manière dont on envisage le don de la vie dépend de la manière dont on conçoit que Jésus "descend du ciel". Et, réciproquement, les confusions dans un domaine ne peuvent manquer d'engendrer des confusions dans l'autre. L'auteur nous rend cependant le grand service d'aborder ces deux questions de façons distinctes. En ce dimanche, il aborde ce qui concerne la mission de Jésus. Dimanche prochain, il nous invitera à réfléchir concrètement au "fonctionnement" de la vitalité qui nous est proposée.

= Une tendance "rationnelle" domine actuellement nos modes de pensée. Elle a marqué le catéchisme de notre enfance au titre de la doctrine qu'il nous fallait apprendre. Spontanément, lorsqu'un passage d'évangile devient un peu "théorique", nous sommes portés à y recourir. Nous risquons d'être déçus, car la présentation juive procède tout autrement et renouvelle "l'approche spéculative" qui s'est imposée au cours des derniers siècles.

La pensée juive donne grande importance au déroulement "historique" des réalités religieuses. A la différence de la pensée grecque qui "jongle" avec les idées, elle s'accroche au concret et en fait le "fil conducteur" de la réflexion.

Il s'ensuit que le passage d'évangile de ce dimanche peut nous sembler décevant. Lorsqu'il est parlé de Jésus-Pain de vie, nous nous attendons à de grandes "élévations spirituelles" assorties de pieuses exhortations en vue de mieux en vivre. Or Jean propose à notre réflexion un passage dont l'ordonnancement est relativement simple si nous remarquons qu'il est typiquement juif en étant typiquement historique: 1. Il est d'abord question de ce qui a pu "être vu" en "pain de vie" dans le témoignage de Jésus, particulièrement sa volonté de soulager les détresses humaines, son efficacité, l'universalité de son accueil… 2. L'auteur s'arrête ensuite à l'opposition qui a abouti au rejet de la part des juifs; c'est également un fait dont il nous invite à tenir compte. Il ne suffit pas de manier les grandes idées, il s'agit de mesurer les difficultés qui risquent de contrecarrer leur mise en œuvre… 3. Enfin, au temps de la rédaction du quatrième évangile, un demi-siècle plus tard, un troisième fait d'histoire est indéniable. La portée universelle de la foi chrétienne se manifeste à plusieurs niveaux. Un mûrissement de pensée a permis de mieux comprendre la dimension positive qu'il importait de donner au drame de la croix. Et, grâce au rayonnement de l'Eglise, de nouvelles cultures ont accueilli le renouveau de l'évangile.

= Il nous faut donc "entendre" ce passage au delà de la transmission d'un simple enseignement. Jean écrit au terme d'une longue réflexion dont le cheminement nous est globalement connu. Le thème de Jésus-Pain de vie a pour lui de multiples résonances. Il tient à partager la richesse dont il a vécu et dont il continue de vivre, mais, avec beaucoup de lucidité, il pense aux obstacles qui ont contré l'élan d'une première adhésion chez certains de ses amis. Ces souvenirs, tout comme sa personnalité, sont insérés dans ce texte.

A la source du deuxième développement

1. Jésus-Pain de vie = une réalité vécue personnellement

Jean avait d'abord été témoin de la vie que Jésus avait apportée, très concrètement, aux pauvres et aux malades de son temps. Avant même de se poser question sur son origine, il avait été frappé de son rayonnement. Tant de qualités se déployaient en diversité, simplicité, discrétion, en un mot en parfaite adaptation à notre humanité. Une foule avait été effectivement "nourrie" selon le symbolisme très varié qui s'attache à ce mot en toute civilisation.

Simultanément l'évangéliste avait fait partie du petit groupe d'amis qui avait bénéficié d'un "supplément de dialogue et de service". L'intimité d'une vie commune avait confirmé et précisé la densité qui s'exprimait en public. Par ailleurs, le stade de l'admiration première avait du céder la place au stade d'un engagement dans la diffusion de cette vie.

Dans ce cadre, les questions n'avaient pas manqué de se poser. Les qualités concernant la forme étaient manifestes : humanité, efficacité et universalité. Mais, une même interrogation hantait les esprits: qui était donc ce Jésus ? D'où puisait-il la vitalité qu'il rayonnait de façon si particulière ? Les hypothèses concernant le messie promis par les Ecritures étaient nombreuses et pourtant il ne rentrait dans aucune des catégories qu'elles envisageaient.

Jean n'avait donc pas "appris" sous forme de définitions dogmatiques le "mystère" de l'aventure qui se jouait en Jésus. Il y avait été affronté avec tout ce que cela avait comporté de questions, d'hésitations, d'évolutions par rapport à sa formation juive. Lorsque nous lisons les premiers versets du quatrième évangile, il faut les charger de la densité personnelle qui s'y exprime : "Le Verbe était Dieu depuis le commencement"… et pourtant "il s'est fait chair et il a habité parmi nous". Cinquante ans après, Jean n'en revient toujours pas. Simples apôtres, lui et ses compagnons avaient été "amenés à contempler visiblement la gloire de Jésus", c'est-à-dire le lien exceptionnel qui le situait, dans le monde divin, en Fils du Père.

Mais, dans sa mémoire, cette conviction était indissolublement liée à une autre réalité. Jésus s'était présenté de la façon la plus simple et la plus directe qui soit : une humanité individuelle, autrement dit, en langage juif, l'aspect "charnel" d'une personne. Et son rayonnement avait correspondu à une volonté délibérée de mettre le meilleur de lui-même au service des "personnes" qui avaient croisé sa route.

2. Jésus-Pain de vie = une réalité contestée

Ce témoignage avait été refusé par l'élite religieuse juive. Nous avons du mal à percevoir ce qu'avait pu représenter ce refus pour un juif sincère. A la rigueur, la responsabilité de la mise en croix pouvait être attribuée à des manœuvres politico-religieuses, mais il était évident que la rupture était un fait indéniable dont les racines étaient bien antérieures. Lorsqu'il écrit, Jean a "encaissé" ce choc, mais nous soupçonnons sa densité en lisant certains versets du prologue. "Il est venu chez lui et les siens ne l'ont pas reçu". Il s'était agi de tout autre chose que d'un "accroc" politique dont l'histoire juive était coutumière. Le refus concernait Jésus en tant que "Lumière véritable susceptible d'éclairer tout homme". La conception de l'action divine, telle qu'elle était présentée à partir des Ecritures était en cause. En Jésus, Dieu sauvait son peuple de façon imprévue et pourtant cet engagement était cohérent avec l'espérance prophétique.

Au long de son évangile, l'auteur précisera plusieurs ruptures opérées par Jésus à l'encontre de la pensée juive. Lorsqu'il évoque le thème de Jésus-Pain de vie, il retient surtout deux pierres d'achoppement. Il situe en premier l'humanité de Jésus, symbolisée par le fait que l'on connaissait son père et sa mère". Il dénonce ensuite un refus d'évolution. Car les prophètes Isaïe et Jérémie avaient envisagé ce renouvellement de l'alliance. "Avec une amitié sans fin, Dieu devait manifester sa tendresse". L'appel était adressé à "tous les affamés et assoiffés, même s'ils n'avaient pas d'argent".

3. Jésus-Pain de vie = une réalité qui répond à une attente universelle

Les derniers versets correspondent à la situation de l'auteur lorsqu'il compose le quatrième évangile, vers la fin du premier siècle. Le message chrétien a été porté et reçu en d'autres civilisations. Il a bénéficié d'un approfondissement qui a affiné sa compréhension. Pour ceux qui, comme Jean, ont échappé aux persécutions, cette vitalité conforte l'orientation qu'ils ont maintenue selon l'Esprit du témoignage initial. Car le rayonnement chrétien n'a pas été obtenu par influence politique ou déploiement religieux. La "richesse humaine" est restée pierre d'angle de cette universalité.

Cela ne signifie pas que les difficultés aient totalement disparues. Deux d'entre elles semblent "indéracinables" et ce sont elles que l'auteur retient. Certaines communautés ont fortement dérivé vers une tendance gnostique. Celle-ci accentue la séparation entre monde spirituel et monde concret habituel. Le témoignage de Jésus risque ainsi de perdre la densité d'humanité qui en fait la valeur universelle. Le drame passé invite à réfléchir. Sans penser à une dérive aussi tragique, il est à craindre que les convertis ultérieurs ne s'égarent dans les mêmes impasses.

De leur côté, les oppositions extérieures sont demeurées vives. Le dialogue est engagé avec les penseurs influents du monde grec. Succès et échecs accentuent la dimension personnelle de l'adhésion religieuse chrétienne mais, ce faisant, ils obligent à plus d'exactitude dans la présentation des questions "universelles", liées "par nature" à la foi chrétienne.

L'espérance est donc légitime, des païens "de bonne volonté" se sentent attirés par l'ouverture de cette religion nouvelle. Mais, il importe de garder une grande lucidité, car les dérives habituelles issues de l'imaginaire religieux sont toujours aussi pernicieuses. Cette préoccupation nous permet de mieux comprendre le style mesuré de Jean dans ce premier développement. En ce dimanche, nous n'entendons pas un enregistrement "neutre" rapportant un enseignement "paisible" de Jésus. Nous sommes éclairés sur la vigilance qu'il nous faut garder. Le développement suivant s'en trouvera libéré et Jean pourra alors nous souligner la richesse de notre foi lorsqu'elle reste centrée sur Jésus et son témoignage.

En suivant la présentation de Jésus-Pain de vie

Un "enchaînement d'alertes" sous-tend ce développement. Certaines paraissent justifiées dans le contexte passé, d'autres peuvent nous paraître dépassées. Leur mention n'en est pas pour autant inutile

1er point : les "alertes "historiques" de l'approche selon Jean

Nous pouvons être étonnés de l'insistance mise sur le "niveau d'origine" de la vie apportée par Jésus. Par quatre fois, Jean mentionne "qu'il est descendu du ciel" et, par deux fois, il précise qu'il s'est agi d'un envoi. Pourquoi une telle insistance en lien étroit avec le thème du Pain de vie? Après tout, nous admettons facilement que Jésus prend place parmi les nombreux sages qui ont orienté leurs contemporains vers le service du prochain et le soulagement des misères humaines. La Loi juive elle-même se présentait en "route de vie" et ses prescriptions "nourrissaient" l'idéal de multiples croyants.

Cette priorité se comprend fort bien si nous y percevons une remise en cause des idées habituelles concernant Dieu, ses rapports aux hommes et la forme que doit prendre la religion.

= Nous pouvons remarquer que l'évangéliste évoque le Père en tête et au long d'un développement concernant la vie que Jésus apporte. C'est là une note essentielle concernant l'ambiance qui doit porter notre réflexion. On ne peur parler de Jésus-Pain de vie sans situer la transmission de cette vie dans une ambiance positive de création.

Il est facile de saisir la nuance psychologique que Jean ajoute ainsi à la pensée de Paul. Celui-ci centrait le salut en Jésus-Christ sur le pardon des péchés et l'obéissance à la loi nouvelle qu'il avait enseignée. Jean ne contredit pas cette perspective, il l'approfondit du côté de Dieu comme du côté des hommes. Si nous voulons vraiment comprendre l'engagement de Jésus, il nous faut parler d'une action divine qui nous propose un deuxième temps de création. Les versets qui précèdent notre passage l'expriment en toute clarté: "telle est la volonté du Père; que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie". Jésus relance la dynamique de la création…

= Admettre cette impulsion se révèle d'autant plus délicat que le "style" de l'engagement de Jésus empêche tout "rêve déiste". A Jésus également il convient de donner un visage plus conforme à la réalité historique.

Il est intéressant de lire l'analyse que présente l'évangéliste à propos de "ce qui a été vu" par les contemporains. Il ne se perd pas dans l'énoncé de "preuves théoriques" selon la tournure d'esprit qui affecte nos mentalités modernes ou dans l'énoncé de références scripturaires selon l'habitude des rabbins juifs. Il nous propose simplement les deux signes qu'il a unifiés au début du chapitre 6: le partage des pains en faveur d'une foule que Jésus a accueillie…

Ainsi, pour confirmer que Jésus est bien "celui qui descend du ciel et donne la vie au monde". il donne priorité - non pas au "miracle" et à la puissance d'une "multiplication" - mais à l'accueil que Jésus a réservé aux foules. Et il s'attarde sur cet accueil en trois "constatations" qui le relient au Père-Créateur:

1. Jésus ne s'est pas présenté "en son propre nom"… il n'a pas projeté d'être un nouveau "leader" qui regrouperait les hommes et se ferait l'interprète de leurs espoirs et de leurs idéaux… Il s'est présenté en simple "envoyé " mais envoyé "du Père", c'est-à-dire en mission de création, visant l'épanouissement auquel chacun aspire par nature…

2. Jésus n'a pas considéré ceux qui venaient à lui comme sa propriété… il a estimé modestement qu'ils lui étaient "donnés par le Père". Cette réflexion ne suggère aucune prédétermination dont auraient bénéficié les disciples ni aucune ségrégation, elle souligne l'attitude modeste que Jésus a toujours gardé vis-à-vis du Père comme vis-à-vis des hommes…

3. Enfin, malgré les incompréhensions et les oppositions, Jésus a tenu à ce que son accueil soit universel… "celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors"… "je ne dois rien perdre de tout ce qui m'a été confié"…

* Les autres "alertes" sur lesquelles Jean insiste se comprennent aisément dans la perspective d'universalité qu'il trace en finale.

Ainsi, il ne retient que deux ruptures à la source du rejet de Jésus par son peuple. Leur caractère "vital" est incontestable. En effet, comment accueillir Jésus en Pain de vie si l'on refuse son "humanité"… "D'où" pouvons-nous tirer un renouveau sinon de la "nature" et de la plénitude de son témoignage. Jésus s'est présenté comme un "jeune", proposant une Parole nouvelle à laquelle convient parfaitement le symbolisme de cinq pains d'orge, première récolte de printemps et pain des pauvres.

Evidemment, la tournure d'esprit qui inspirait la foi chrétienne impliquait une évolution de forme et de pensée par rapport à la tradition. Sans nul doute, la Loi juive traçait, elle aussi, une route de vie. Même si Jésus a parfois critiqué la manière dont certains l'appliquaient, il s'est souvent appuyé sur les valeurs qu'elle avait suscitées.

Pourtant la référence qu'il a proposée en Pain de Vie donne à la religion chrétienne un visage doublement nouveau ; d'une part, le Pain a un visage précis et accessible et d'autre part le "comment" de son efficacité requiert une activité personnelle de liberté: venir, voir et croire. Ce n'est pas par miracle ni par pression environnante que Jésus nous fait "communier" à sa plénitude d'humanité ; les lois de partage s'appliquent ici comme elles s'appliquent dans le jeu habituel des relations et des influences humaines…

- Il s'ensuit une remise en question de la présentation concernant le devenir de ce premier temps; le témoignage de Jésus est universel en raison même de son caractère humain. Il est évident que la parabole du semeur, avec ses aléas et ses réussites, est présente à la pensée de notre auteur…

2ème point : les "alertes" actuelles

Certes le vocabulaire qu'emploie l'évangéliste n'est plus tout à fait le nôtre… pourtant, il est relativement facile de faire jouer les correspondances. Il suffit de valoriser les trois étapes que Jean analyse dans cette recherche. Nous nous retrouvons alors en pleine actualité.

*. "nul ne peut venir à moi à moins que le Père ne l'attire"… Rien n'oblige à interpréter cette phrase en "imaginant" un flux spirituel venu d'en-haut… Chaque jour nous sommes témoins des interrogations de certains de nos proches à propos du domaine de la foi et nous pouvons repérer un déplacement du "centre" de ces questions.

Nous sortons peu à peu de l'athéisme d'avant-guerre qui accentuait la division entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. La plupart des critiques ne portent plus sur l'existence d'un monde divin, mais sur le "visage" que proposent les différents groupes religieux. Pour en juger, "le critère de sélection" affecte surtout le sens de l'homme, son devenir, son épanouissement, autrement dit le rapport à la création.

*. "quiconque se laisse enseigner par le Père vient à moi"… Nous touchons là un point sensible qui tarde à être pris en compte dans les "présentations" que diffusent les diverses communautés chrétiennes au sujet de leur foi.

La querelle catholiques-protestants et le "déisme" des siècles suivants ont contribué à déstabiliser la foi en Jésus ; la plénitude de son témoignage n'a plus été au centre "vrai" de la pensée. Sous la pression d'un sens pessimiste de la nature humaine, la croix a été amplifiée et a monopolisé tout l'horizon du salut. Peu nombreux sont nos contemporains qui ont conscience que le Dieu de Jésus-Christ est fort différent du Dieu qui est évoqué lors de nos conversations courantes. De ce fait, peu nombreux sont ceux qui orientent leur recherche personnelle vers l'évangile.

*. "nul n'a vu le Père, sinon celui qui vient d'auprès de Dieu"… Pour les mêmes raisons que précédemment, les "potentialités créatrices" de la foi chrétienne ont été déviées en "grâces" attendues d'en-haut.

Il ne suffit pas de dire que "les chrétiens sont experts en humanité". En notre temps de mondialisation, l'humanisme chrétien est mis en comparaison avec d'autres humanismes, il importe donc de travailler à une nouvelle synthèse, plus expressive des "richesses humaines" dont témoignent les évangiles. Il importe également de travailler à une liturgie plus significative de cette référence en son vocabulaire et en son déploiement cultuel.

Alors, nous pourrons affirmer avec Jean : "celui qui croit a la vie" comme une source à laquelle nous avons à puiser sans cesse.

Mise à jour le Samedi, 18 Août 2012 09:26
 
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