Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année A : 18ème Dimanche du temps ordinaire

Année A : 18ème Dimanche du temps ordinaire

Sommaire

Actualité : notre engagement au cœur du monde 

Evangile : Matthieu 14/13-21

Contexte des versets retenus par la liturgie : les différentes versions du partage des pains

Piste possible de réflexion: "donnez-leur, vous, à manger"

Actualité

Dimanche dernier, Matthieu situait de façon très concrète le cœur de notre mission de chrétiens. La parabole du tri après la pêche et la parabole du neuf et de l'ancien nous invitaient à la lucidité et à l'audace dans notre engagement au cœur du monde. En entendant le texte d'aujourd'hui, nous aurions tendance à estimer que nous changeons de sujet. Or il n'en est rien 

Evangile

Evangile selon saint  Matthieu 14/13-21

Les lois de croissance du Royaume - ministère historique de Jésus en milieu juif à la lumière de la parabole du semeur - le "bon terrain" des foules juives.  

Entendant les disciples de Jean qui lui annoncent la mort du Baptiste,

a) Jésus se retira de là, en barque, vers un lieu désert, en particulier. Et l'entendant, les foules le suivirent à pied des villes.

b) Et sortant, il vit une foule nombreuse et il fut ému aux entrailles à leur sujet et il guérit leurs infirmes.

c) Or, comme le soir était arrivé, les disciples vinrent auprès de lui et lui dirent: "Le lieu est désert et l'heure est déjà passée, renvoie les foules afin que, s'éloignant vers les villages, ils achètent pour eux-mêmes des aliments".

d) Or Jésus leur dit: "Ils n'ont pas besoin de s'éloigner ; donnez-leur, vous, à manger."

e) Ils lui disent: "Nous n'avons rien ici, sinon cinq pains et deux poissons".

f) Il dit : "Portez-les moi ici."

e') Et, ordonnant aux foules de s'allonger sur l'herbe, prenant les cinq pains et les deux poissons, levant le regard vers le ciel, il dit la bénédiction,

d') et, fractionnant les pains, il les donna aux disciples et les disciples les donnèrent aux foules.

c') Et tous mangèrent et furent rassasiés et on enleva ce qui surabondait des morceaux: douze couffins pleins.

b') Or ceux qui mangeaient étaient à peu près cinq mille hommes, mis à part femmes et petits enfants.

a') Et aussitôt, il contraignit les disciples à monter en barque et à le précéder vers l'autre côté jusqu'à ce qu'il ait renvoyé les foules. Et, renvoyant les foules, il monta vers la montagne pour prier à l'écart.

Contexte des versets retenus par la liturgie

* Après quelques dimanches de lecture vraiment "continue", nous allons de nouveau parcourir Matthieu " à cloche-pied "... Il sera donc  utile de situer les différents extraits  par rapport au plan d'ensemble ... Rappelons qu'il s'agit aujourd'hui des lois de croissance du Royaume en un lieu et en un temps.

Le premier volet présentait sous la forme habituelle un exposé en enseignement oral. Matthieu y recourait au genre littéraire des paraboles. Il y développait trois perspectives:1. la loi du petit nombre portant du fruit (semeur)…2. la loi du développement au cœur  du monde (ivraie, grain de moutarde et levain)… 3. la loi du renouvellement permanent (trésor, perle, tri après la pêche, nouveau et ancien).

Le deuxième volet appuie l'enseignement sur le témoignage de Jésus dans son engagement historique. Il est facile de percevoir une composition en trois ensembles correspondant aux trois "lois" précédentes.

A la lumière de la parabole du semeur, le premier ensemble esquisse le ministère historique du Christ chez les juifs. Il est d'abord question d'un premier "mauvais terrain" s'exprimant dans le rejet de Jésus par les siens (13/53-58), il se concentre à la synagogue de Nazareth, la rupture porte sur l'origine de la "sagesse" de Jésus et de ses "actes de puissance". Un deuxième "mauvais terrain" est stigmatisé dans l'incompréhension et la menace violente des pouvoirs politiques (14/1-12), l'exécution de Jean-Baptiste préfigure celle de Jésus, la rupture porte sur la résurrection et les "actes de puissance". Les foules juives se présentent alors en "bon terrain".

* Il n'est pas inutile de jeter un coup d'œil sur le deuxième ensemble qui esquisse le ministère de Jésus en milieu païen à la lumière de la parabole de l'ivraie. En ce qui concerne Jésus, il ne s'agit pas exactement d'une activité "historique", il s'agit d'éléments qui inspireront le ministère des apôtres chez les païens après la résurrection. Leur valeur "historique" proprement dite interviendra à ce moment, mais pour Matthieu, selon le modèle de pensée reçu de sa formation juive, le "temps de la mission" et le "temps de Jésus" ne font qu'un.

Matthieu reprend le dédoublement de Marc à propos du partage des pains. Le deuxième partage est situé nettement en milieu païen et sollicite l'activité des disciples à la manière du premier. L'auteur reprend également les sept points d'évolution qui précisent le passage de l'un à l'autre. La liturgie morcellera cette continuité. Dimanche prochain, la première étape de cette évolution sera évoquée dans la "marche sur la mer". Dans quinze jours (20ème dimanche) la demande de la femme cananéenne retiendra notre réflexion sur la cinquième étape. Nous passerons ensuite au troisième ensemble.

Le troisième ensemble concerne l'engagement concret de Jésus à la lumière des lois de croissance du Royaume. Il "visionne" davantage les renouvellements "historiques" qui se sont imposés aux disciples. Il se réfère nettement à la parabole du filet et de la parabole du "nouveau associé à l'ancien".

* Les différentes présentations du partage des pains

Ce n'est là qu'un simple rappel, mais il évite les interprétations "réductrices" spontanées que suscite la lecture de ce texte. Il est évident que le partage des pains a des liens étroits avec l'eucharistie, mais la présentation des évangélistes invite à en situer le symbolisme en perspective beaucoup plus vaste. Ceci est particulièrement vrai chez Matthieu. Chaque auteur a "aménagé" sa propre présentation en privilégiant un des nombreux sens que suggère cet épisode.

Marc insère les deux partages des pains dans la continuité de son œuvre. Celle-ci propose un itinéraire de découverte en ce qui concerne la personnalité de Jésus. En Jésus de Nazareth, engagé en un témoignage visible et précis, il s'agit de découvrir le Messie, l'envoyé de Dieu… Mais en regardant quel Messie il a voulu être, nous le découvrons "Fils de Dieu" selon un nouveau "visage de Dieu" qui se découvre en lui. L'universalité du partage des pains est ainsi abordé en signe de la messianité de Jésus.

Matthieu est proche de Marc, mais il s'agit pour lui de la mission, autrement dit de la présentation qui met en valeur le témoignage de Jésus. Certes, les disciples ont vécu ce que l'on pourrait appeler l'expérience de Marc, mais il s'agit désormais de la provoquer chez ceux auxquels ils sont envoyés. La parabole du semeur constitue la "toile de fond" du développement et l'importance des disciples rappelle sans cesse l'actualité de ce qu'ils ont vécu personnellement autrefois.

Luc ne mentionne qu'un seul partage des pains. Il l'envisage au retour de la première mission des Douze. Jésus leur a donné "puissance et autorité" avant de les envoyer annoncer la Bonne Nouvelle. Il le situe ainsi en progression concernant l'association plus étroite des Douze au ministère historique de Jésus.

Jean, lui-aussi, ne mentionne qu'un seul partage, mais il en fait un des sept signes sur lesquels repose la foi en Jésus, Christ, Fils de Dieu. Selon la disposition d'ensemble en chiasme, il s'agit même du signe central. Le thème de Jésus Pain de vie est ensuite longuement présenté selon une composition progressive. Trois temps s'enchaînent: une recherche personnelle… orientée en perspective d'une foi centrée sur Jésus… alors apparaît la valeur nourrissante de son témoignage sous les deux dynamismes de "sa chair" et de "son sang".

 

Piste possible de réflexion: "donnez-leur, vous, à manger"

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1er point: en perspective de mission, le relais des semeurs de vie

Le signe des pains est à rapprocher symboliquement de la parabole du semeur. Le souci des auteurs est facile à comprendre. Une seule parabole ne peut exprimer la richesse de la pensée qu'ils tiennent à nous transmettre. Le regroupement de plusieurs paraboles éclairant un même sujet permet d'en exprimer les nuances ou de suggérer des complémentarités.

La parabole du semeur attirait l'attention sur la diversité des terrains. L'image du pain nous invite à examiner de plus prés le grain qui a été semé et doit continuer à être semé. Elle apporte une note d'intériorité qui complète harmonieusement le premier exemple. Lorsqu'il a rapporté l'enseignement de Jésus, Matthieu a privilégié l'activité du semeur et la réaction des terrains. Lorsqu'il met en regard l'engagement historique de Jésus, le partage des pains lui paraît plus expressif et nous sommes pleinement d'accord avec lui sur ce sujet.

Juste avant ce passage, Matthieu a repris le schéma de la parabole du semeur en dénonçant deux mauvais terrains qui n'ont pas su "entendre le témoignage de Jésus et le comprendre". A Nazareth, les siens sont restés sourds à la sagesse qu'il révélait. Quant aux pouvoirs politiques, la violence d'Hérode à l'encontre de Jean Baptiste préfigurait le drame de la croix. En contraste, globalement, les foules juives se sont révélées être un bon terrain. L'épisode d'aujourd'hui leur est donc consacré en anticipation de tous les bons terrains qui se rencontreront dans la suite des temps.

L'évangéliste oriente la présentation de cet épisode en deux directions. Il nous invite d'abord à réfléchir sur le relais des semeurs, tel que Jésus l'a suscité… et il nous rappelle la nature et la densité du grain qui devra être porté en de nouveaux terrains.

Pour suggérer le relais des semeurs, Matthieu donne une grande importance à la "barque", symbole de la communauté en navigation au fil des siècles. Nous la retrouverons tout au long du récit et dans les versets qui suivront. Jésus en détermine l'orientation, mais les apôtres y sont présents. En ce premier temps, ils se trouvent entraînés vers le lieu privilégié où va se préciser un nouvel aspect de leur mission.

Jusque-là, ils avaient reçu autorité pour guérir toute maladie et toute langueur au nom de Jésus. Cette activité ne devra pas cesser comme le suggère le premier verset, mais voici que s'ouvre un autre champ d'activité. Pour le présenter, l'évangéliste conjugue à plaisir les initiatives et les suggestions à leur sujet. Bien entendu Jésus est au centre et domine l'épisode. Pourtant le cadre de la présentation est construit en référence prioritaire aux disciples. Apparemment ce sont eux qui déclenchent les événements, ce sont eux qui expriment un souci légitime et proposent une solution raisonnable pour apaiser les besoins de la foule. En réponse, ce sont eux qui reçoivent un ordre bien précis: "donnez-leur, vous, à manger". Ce sont eux qui apportent alors la nourriture dont ils disposent et à laquelle Jésus n'ajoutera rien. Ce sont eux qui la reçoivent après qu'il eut "fractionné les pains". Ce sont eux qui la distribuent aux foules. Et le chiffre de douze couffins semble bien les concerner en évoquant leur engagement futur.

2ème point: en perspective de mission, la nature "vitale" de la nourriture

Il importe de bien percevoir la nature de la nourriture dont il est question dans cet épisode. Au chapitre précédent, Matthieu a fait largement appel au genre littéraire des paraboles et il ne change pas de registre. A ses yeux comme à ceux de ses premiers lecteurs, le caractère symbolique des récits exclue tout commentaire "matériel" au sens "chosifiant" que nous affectons à ce mot. Que ce soit la semence, l'ivraie ou le produit de la pêche, il s'agit "d'entendre et de comprendre."

Or, en raison de l'évolution des modes d'expression, il n'est pas certain que le partage des pains soit protégé actuellement de telles erreurs d'interprétation. Trop souvent cet épisode a été commenté au sens "merveilleux" de "miracle". L'attention a été portée essentiellement sur la "puissance personnelle" de Jésus, la seule humanité qui lui a été concédée a été celle de la pitié qu'il ressent envers la foule. Or cette interprétation "réductrice" trahit la continuité symbolique que Matthieu tient à exprimer et sur laquelle il fonde la fonction de "nourriture". Car, il ne s'agit pas de n'importe quel pain, il ne s'agit pas de n'importe quels poissons lorsqu'il est mentionné que les apôtres en disposent.

En symbolique juive, la signification ne fait aucun doute. Le pain est symbole de la parole, ici parole de Jésus, telle que les disciples l'ont entendue, retenue et assimilée au cours de sa prédication historique. Le poisson est symbole de son action, telle qu'elle a été vue, selon l'image du filet jeté largement dans le monde de son temps. Le total de sept, chiffre de plénitude, souligne la richesse d'un tel témoignage. Les deux composantes de la Parole et de l'action se conjuguent pour faire du témoignage de Jésus un authentique témoignage, car toutes deux sont nécessaires pour "comprendre" et pour "nourrir". Les paroles donnent le sens vrai des actions et les actions confèrent aux enseignements leur implication concrète. C'est de là que la semence tire sa vitalité et se présente en "nourriture".

Après la résurrection, le potentiel humain vécu par Jésus a vu sa densité et son universalité se renforcer en même temps qu'il "fonctionnait" au delà de sa seule matérialité. Jésus avait choisi de ne rien écrire. Il avait voulu que les apôtres soient désormais dépositaires de son témoignage et l'engagent en partage. C'est d'ailleurs pourquoi les poissons disparaissent lors de la distribution, car, après la résurrection, les engagements de Jésus se trouvent nécessairement intégrés dans la prédication de ses amis.

Au temps où il rédige son évangile, Matthieu a bien conscience qu'il en sera de même jusqu'à la fin des temps. Il restera toujours légitime de communier à la pensée et à la présence de Jésus au-delà des textes. Mais la vitalité de la foi devra toujours puiser à la source qui émane du terrain "historique" par le biais des évangiles. Le partage des pains donne ainsi à la parabole du semeur une nouvelle amplitude. Auparavant, il était question du terrain qui produisait "verticalement" cent, soixante ou trente pour un. De façon complémentaire, il doit être question également d'un rayonnement "horizontal" en faveur d'une foule innombrable.

3ème point: en perspective de mission, la densité d'humanité du témoignage de Jésus

Cette référence à la densité humaine de la nourriture mérite une particulière attention. Trop souvent, nos contemporains conçoivent Jésus en un monde étranger au nôtre, exerçant sa puissance par interventions extraordinaires en notre faveur. Comment pourrait-il alors "nourrir" notre humanité? A la suite de Matthieu, il faut sans cesse revenir à une meilleure présentation. Dans l'optique de la mission, il est justifié que nous évoquions le signe du partage des pains, mais il importe de le faire déboucher sur la valeur de l'humanité de Jésus tout en intégrant celle-ci dans le cheminement de notre propre humanité.

Les pistes sont alors nombreuses et il convient de choisir celle à laquelle nos interlocuteurs peuvent se révéler le plus sensibles.

= Il est relativement facile d'arracher le signe au domaine "miraculeux". Celui-ci est ressenti parfois comme scandaleux face à la misère des 2/3 de notre humanité qui souffrent de la faim. "Si Jésus a multiplié les pains, qu'est-ce qu'il attend aujourd'hui pour intervenir?" Certes, nous n'avons pas de réponse mais certaines présentations ne font qu'accentuer ce qui reste une difficulté de notre foi. Une meilleure connaissance des genres littéraires anciens confirme que le symbolisme n'est pas un faux-fuyant.

= Spontanément beaucoup sont impressionnés par les chiffres, mais n'avons-nous pas là le respect par Jésus des lois habituelles qui contribuent à notre épanouissement? Qu'il s'agisse de la dépendance des générations antérieures, de la faiblesse des germes de vie qui sont transmis, de la complémentarité entre pensée et action, de la nécessité d'une reprise personnelle, d'un rayonnement final souvent inespéré… nous "baignons" dans ces " contrastes" et ces "interférences" en de multiples domaines.

Nous les trouvons au titre de la création. Nous sommes des milliards à nous nourrir aujourd'hui de valeurs matérielles et spirituelles dont les origines et l'enchaînement nous échappent. Les germes de notre propre vie tout comme la construction de notre personnalité sont remis au jeu des lois et des libertés humaines. Nous "bouillonnons" d'aspirations personnelles tout autant que de satisfactions concrètes. Nous aspirons au rayonnement de nos propres engagements.

Nous les trouvons au titre de l'histoire d'Israël. Les recherches actuelles font de ce peuple l'héritier d'une longue sagesse dont les traits dépassent les temps et les lieux. Ses origines ont été modestes et, malgré une histoire mouvementée, il a traversé les siècles. Ses penseurs lui ont imprimé un humanisme très en avance sur les civilisations ambiantes. Et ils l'ont fait en conjuguant la Loi qui déployait la densité de la Parole et un grand souci de l'histoire qui lui gardait son implication concrète.

Pourquoi nous étonner lorsque nous les retrouvions au titre du témoignage de Jésus. Le champ d'une recherche ultérieure reste ouvert pour repérer la manière originale dont toutes ces lois ont été assumées, mais elles n'ont pas été arrachées à notre terreau humain. Bien au contraire, leur "mécanisme" a été scrupuleusement respecté et ce sont leurs virtualités qui ont été mises en œuvre. Jésus a été l'homme que nous ne serons peut-être jamais mais dont il nous a certifié que nous pouvons l'être.

Enfin, rien d'étonnant à ce que nous retrouvions cette "humanité" au titre de la première communauté chrétienne et au titre de l'histoire de l'Eglise.

4ème point: en conclusion, une semence susceptible d'être "nourriture"

Il serait trop long d'énumérer les autres présentations qui permettent d'insister sur la valeur "nourrissante" de la semence qu'il nous revient de jeter dans le monde d'aujourd'hui. L'important est de garder le souci d'exprimer cette qualité dont nous sommes par ailleurs les premiers bénéficiaires.

En lien avec cette mission, un dernier verset peut retenir notre attention. Symboliquement Jésus a pris les pains et les poissons dont disposaient les disciples et il n'a rien ajouté. Il prenait au sérieux le fruit de l'attention qu'ils avaient déployée lorsque lui-même s'adressait aux foules ou s'engageait en faveur des malheureux. Il valorisait ainsi un travail d'autant plus personnel qu'aucune formation catéchétique antérieure n'avait préformé leurs esprits.

Il est vrai que tout chrétien a une idée générale sur l'enseignement du Christ et sur ses engagements historiques. Mais, pour que la semence que nous lançons soit nourrissante, il ne suffit pas de dire que Jésus nous a sauvés, ni même que nous lui accordons notre foi. Il ne suffit pas d'en rester à quelques morceaux choisis. Nous savons que, chez les autres également, Jésus sollicitera intelligence et jugement "en même temps et dans la même mesure"nous aurons contribué à leur orientation.

Les détails auxquels ils seront sensibles ne sont pas nécessairement ceux que nous considérons comme tels. C'est pourquoi, il faut "entrer" dans les œuvres passées au delà de notre "minimum vital" en vue de rendre compte de ce qui fut leur richesse initiale. C'est là un travail parfois ingrat alors que notre sensibilité moderne nous porte à l'engagement immédiat. Souvenons-nous que ce sont des pains ainsi travaillés que Jésus a fractionnés avant de les remettre à ses amis en vue de les remettre aux foules.

 
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