Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

année C : Fëte de la Pentecôte

Année C : Fête de Pentecôte

 

Actualité

Dans le contexte actuel, il est important de ne pas éluder les questions que soulèvent nombre de nos contemporains dans le domaine religieux. Nous aimerions choisir les sujets de ce dialogue, mais nous n'en avons guère la liberté; il suffit d'une émission télévisée quelque peu curieuse ou d'un article bien illustré pour que nous soyons interpellés.

Ainsi en est-il du thème de "l'Esprit". Certains estiment qu'on n'en parle pas assez, d'autres ne se privent pas de lui attribuer certaines manifestations spectaculaires. De multiples exhortations nous encouragent à nous laisser emporter par son souffle tandis que d'autres nous reprochent de rester insensibles à ses appels. Les uns et les autres oublient une seule chose, à savoir qu'il faudrait d'abord aborder le sujet en lui-même. Il ne suffit pas de ranger l'Esprit comme troisième personne de la Trinité pour estimer avoir tout dit de ce qui peut en être dit. Beaucoup conservent en mémoire quelques définitions de catéchisme, mais, à juste raison, nous pouvons les estimer trop sommaires. Par ailleurs, elles sont fortement tributaires de modèles de pensée qui ne sont plus les nôtres.

Profitons donc de notre réflexion de Pentecôte pour mieux percevoir les éléments dont nous disposons hors de toute "illustration" anecdotique.

Evangile

Evangile selon saint Jean 14/15-17 + 14/23-26

Au soir du jeudi-saint, Jésus disait à ses disciples :

1ère mention extraite du développement sur la Vérité : 14/15-17 

a. Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur afin qu'il soit avec vous pour toujours :

b. l'Esprit de Vérité

a' que le monde ne peut recevoir parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas. Vous, vous le connaissez parce qu'il demeure chez vous et il est en vous. "

2ème mention extraite de la vision récapitulative des thèmes Chemin-Vérité-Vie : 14/23-26 

a. Si quelqu'un m'aime, il gardera ma Parole. Et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui et nous ferons demeure chez lui

b. Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles. Or ma parole n'est pas mienne : elle est du Père qui m'a envoyé. (donc, dans le cas de refus, il ne peut y avoir ni présence du Père ni envoi de l'Esprit )

a'. Je vous ai dit cela alors que je demeurais près de vous. Mais le Défenseur, l'Esprit-Saint que le Père enverra en mon Nom, celui-là vous enseignera tout (car) et il vous rappellera tout ce que je vous ai dit " (ou: en vous rappelant tout ce que je vous ai dit)

Textes et commentaires proposés pour la fête de la Pentecôte

En Année A, Jean 20/19-23 reprend la présentation du quatrième évangile concernant l'apparition de Jésus à ses apôtres dans l'après-midi de Pâques. Jésus leur confère l'Esprit en " le soufflant sur eux". Amputé des doutes de Thomas et de l'importance des signes retenus en finale par l'auteur, il ne reste de cet ensemble que la délicate question du lien entre l'Esprit-Saint et le pardon des péchés. Nous nous sommes attachés à l'exposé complet en portant notre attention sur "ceux qui ont cru avant Thomas".

En Année B, sont proposées les deux dernières mentions qui concernent l'Esprit dans le Discours après la Cène: 15/26-27 et 16/12-15. Deux pistes de réflexion vous étaient proposées  : l'une visait à "démêler l'écheveau histoire-symboles dans le récit de Luc"… l'autre mettait en valeur les points communs qui émergent des cinq passages qui se trouvent dispersés dans les entretiens du Jeudi-saint; en creusant le texte de Jean, elle cherchait à prévenir les confusions fréquentes sur le rôle de l'Esprit.

En Année C, sont proposées les deux premières mentions qui concernent l'Esprit dans le Discours après la Cène: 14/15/17 et 14/23-26. Une piste de réflexion cherche à préciser "comment les apôtres ont-ils découvert l'Esprit en Jésus?"… Les chrétiens pratiquants habituels sont souvent coincés entre les débordements charismatiques et les reproches d'un manque de foi en l'Esprit. Il est essentiel de les décomplexer.

Contexte des versets retenus par la liturgie

=  Nous lisons les deux premières mentions concernant l'Esprit qui ont été insérées dans le discours après la Cène. Elles perdent beaucoup de leur impact en étant isolées de leurs contextes

= Un auteur postérieur a repris ce thème en trois autres mentions qui doublent celles-ci; il cherchait sans doute à rectifier de fausses interprétations relatives aux premières mentions, car il précise le lien entre Jésus et l'Esprit sur la base de l'Evangile ... Les textes sont très courts et il n'est pas toujours facile de les séparer de leur contexte.

3ème mention en conclusion de la haine que le" monde" manifestera aux disciples 15/26-27

Lorsque viendra le Défenseur que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de Vérité qui procède du Père, celui-là me rendra témoignage

Mais vous aussi, vous rendrez témoignage parce que vous êtes avec moi depuis le début .

4ème mention regroupant deux "paroles" et développant plus longuement le soutien de l'Esprit

16/7-11. Je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m'en aille ; si en effet je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas vers vous, mais si je pars je vous l'enverrai.

Et celui-là, en venant, confondra le monde à propos de péché, à propos de justice et à propos de jugement

16/12-15. J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter à présent. Lorsque celui-là viendra, l'Esprit de vérité, il vous guidera dans toute la vérité car il ne parlera pas de lui-même, mais tout ce qu'il entendra, il le dira, et il vous annoncera les choses à venir

Celui-là me glorifiera parce qu'il prendra du mien et vous l'annoncera

Rapide panorama historique

Une question peut sembler légitime. Les événements dont nous parlons datent du début de notre ère. Depuis vingt siècles, ils ont donc été sujets de réflexion en des milieux fort différents. Les hésitations que nous éprouvons aujourd'hui à l'égard de leur présentation suscitent le désir d'une meilleure connaissance de leur histoire. Comme nos contemporains, nous aspirons à plus de clarté tout en cherchant à répondre à des critiques qui tendent à reléguer ces thèmes parmi les croyances dépassées.

°- Durant ces vingt derniers siècles, la pensée "officielle" de l'Eglise est marquée de la même illusion que la civilisation occidentale au sein de laquelle elle s'est précisée. Abandonnant le modèle de pensée sémite, très attentif au concret, elle a adopté le modèle de pensée grec. De façon plus ou moins avouée, elle portait l'espérance que des "explications" pouvaient clarifier les choses. Aux premiers siècles, il s'est agi surtout de protéger contre les erreurs d'interprétation. Par la suite, la forme scolaire donnée à l'enseignement du Moyen-Age a facilité ce glissement des mentalités. Enfin, plus proche de nous, cette illusion s'est trouvée renforcée par la crise protestante et l'aspiration rationaliste

°- Une information trop restrictive a abouti à une première méconnaissance actuelle. Elle concerne le temps et les incertitudes qui marquèrent l'élaboration des premières formules doctrinales. (Encyclopédie Théo)

Aux débuts de l'Eglise, parce que l'expérience pascale était nouvelle, il ne fut pas facile de trouver les mots et les expressions qui permettaient d'en rendre compte. Pendant plusieurs siècles, la foi chrétienne s'exprima de manière très spontanée. Ce n'est que petit à petit, après maints tâtonnements, qu'elle arriva à forger ce qui lui permettait d'exprimer son "contenu".

Ainsi c'est Théophile d'Antioche qui, aux alentours de 180, trouva le mot de Trinité, adopté ensuite unanimement. Après avoir été refusée ouvertement, la formulation concernant les personnes mit plusieurs siècles à s'imposer. Le Concile de Nicée, en 325, se limita à affirmer que le Fils était de même nature que le Père. Le Concile de Constantinople, en 381, le compléta en affirmant que le Saint-Esprit était de même nature que le Père.

Le rappel de ces controverses permet d'affirmer que ce n'est pas sans mûre réflexion sur le fond, ni sans une claire conscience des difficultés, que l'Eglise fut conduite à des affirmations solennelles. Les termes auxquels les théologiens se trouvèrent obligés de recourir furent longtemps sources de malentendus, car les mots grecs n'avaient pas toujours exactement le sens des mots latins correspondants et vice-versa. D'ailleurs, contrairement à ce que beaucoup pensent, le travail de formulation n'est pas terminé. Certaines expressions, devenues classiques, sont loin de répondre à tous les problèmes qu'il est légitime de poser. Malgré ce qui en est dit en milieu "intégriste", le souci d'un approfondissement selon les modèles de pensée actuels et le souci d'une meilleure expression sont des plus orthodoxes.

°- Il serait abusif de classer les siècles du Moyen-Age comme des siècles de "possession tranquille", mais leur analyse historique présente moins d'intérêt que la période suivante.

°- Deux crises vont, coup sur coup, engendrer le "durcissement dogmatique" qui commande les "points sensibles" actuels : le crise protestante et la crise rationaliste. Depuis le 16ème siècle, l'importance des formules dogmatiques dans la vie de l'Eglise était sensible, mais on peut estimer, avec de bons observateurs, qu'elle a connu au 19ème siècle une sorte de surenchère ( P. Holstein Croire aujourd'hui novembre 1973 ) "

Les excès de la lutte entre catholiques et protestants ne pouvaient avoir que des effets néfastes à l'encontre des évangiles. Il était en effet difficile aux populations de faire la séparation entre le politique et le religieux au nom duquel se commettaient meurtres et pillages. Le mouvement humaniste était encore timide et ses commentaires se trouvaient "écrasés" par l'anti-humanisme qui marquait la pensée luthérienne. On ne peut reprocher au Magistère d'avoir tenté de reprendre en main son influence, mise à mal par l'esprit individualiste prônée par le protestantisme. Mais il s'ensuivit, après le concile de Trente, une multiplication d'interventions en vue d'enseigner la "juste" doctrine et d'éliminer l'erreur. Les progrès récents de l'imprimerie facilitèrent le rayonnement des deux mouvements, mais, en contrepartie, elles obligèrent à une expression doctrinale plus concise, d'où la prolifération de "formules". Dans le catholicisme, celles-ci furent "survalorisées" en raison de l'attitude défensive prise par les autorités. Les commentaires estompèrent les nuances d'expression pour mieux faire barrière à "l'hérésie". Cette crispation sur la "doctrine" orthodoxe fut communiquée aux fidèles par le renouveau de formation qui affectait les prêtres.

°- Cette " mentalité dogmatique " a créé chez les fidèles, en raison même des insistances de la prédication et de la catéchèse, un réflexe de référence et de soumission à des formules mal connues dans leurs nuances. L'assurance qui leur est accordée vient moins de leur portée que du respect craintif que l'on accorde à leur "énoncé simplifié", retenu et redit avec assurance.

Il en est résulté quatre pesanteurs que l’on  rencontre dans les "arguments à l'encontre de tout renouveau" ou comme question légitime concernant la "stagnation actuelle".

1. Une importance grandissante a été donnée aux interventions du Magistère suprême. Celles-ci ont été de plus en plus "justifiées" au nom d'un pouvoir souverain de jugement et d'arbitrage. Par ailleurs, elles se sont de plus en plus exprimées en "formules" ayant, en milieu catholique, valeur décisive et contraignante.

2. Il s'en est suivie une atomisation" des dogmes et des corollaires dogmatiques. Il faut tenir ceci, et cela, et cela encore. Chaque affirmation dogmatique tend à constituer une sorte de totalité close, qui doit être l'objet d'une adhésion intérieure par tout catholique, sous peine "d'abandon de la foi divine et catholique ".

3. Cette mentalité a dominée l'enseignement théologique, particulièrement celui des séminaires. D'où l'expansion au peuple chrétien par le ministère des prêtres ainsi formés. Le résultat le plus connu est celui du "catéchisme", simple transposition ou démultiplication des formules proclamées par le magistère.  L'Ecriture n'était plus la source de la théologie, elle cautionnait les formules qui en disaient le contenu, par un jeu habile de découpage de citations…"

4. Cet état d'esprit favorisa grandement l'intrusion subtile du déisme dans la pensée dite chrétienne. Le "Dieu des philosophes" n'eut pas grand mal à se positionner comme un "dénominateur commun" qui apportait la paix après un siècle d'atrocités. Il paraissait renouer avec la "grande pensée théologique du passé". En réalité il éloignait du "Dieu de Jésus-Christ" et contaminait le retour aux sources …

Quelques "atouts" de notre civilisation face aux "points sensibles" actuels 

Commençons par "déblayer" la piste à l'encontre des "appréhensions" que vous pourriez conserver. Globalement parlant, la situation est complexe, mais elle est peut-être moins complexe qu'on ne le dit, car la foi chrétienne nous fait bénéficier de trois apports :

1. Dans nos pays occidentaux, nous bénéficions d'abord d'une grande liberté de pensée et d'expression. Certains peuvent le regretter mais, en matière religieuse, elle décharge d'un certain nombre de pressions et facilite une intelligence "critique". Elle crée une ambiance de personnalisation. Les médias contribuent indirectement à ce sentiment. La mondialisation, entre autres, joue un rôle positif. Elle permet de débattre de l'ancienneté des autres courants de pensée et de l'étendue actuelle de leurs zones d'influence. Elle invite à prendre en compte le sérieux de leur réflexion et à dégager les valeurs dont elles sont porteuses.

2. Nous bénéficions également d'une information plus précise sur les comportements passés et les étapes qui ont marqué notre histoire. De ce fait, les synthèses des historiens modernes nous paraissent plus étayées et leurs points de vue différents facilitent notre liberté de jugement. En outre, nous en tirons une certaine "modestie" relativement à certains faits du passé. C'est ainsi que nous n'hésitons pas à condamner les croisades ou l'Inquisition au nom même de notre foi.

3. La rigueur scientifique sert beaucoup plus qu'on ne le dit la vraie foi chrétienne. Nombre de réticences sont encore dépendantes du fossé qui s'était établi entre l'esprit scientiste et la "suffisance" théologique qui prétendait donner réponse à tous les problèmes concernant l'ordre créé. Même s'il reste beaucoup à faire pour clarifier les positions, nous sommes en bonne voie et nous pouvons désormais en appeler au sérieux qui domine chaque domaine. D'un côté, les limites de nos connaissances ont familiarisé nos contemporains avec l'idée que la création et le monde divin nous échappaient, même en imagination. Qu'il s'agisse de l'infiniment grand ou de l'infiniment petit, la complexité du réel impose à tout jamais une manière plus "modeste" d'en rendre compte. D'un autre côté, fort heureusement, la pensée chrétienne a su faire son autocritique et rectifier les multiples confusions qui assimilaient dans le passé révélation et information. Elle n'en a pas pour autant "perdu son âme", mais elle a gagné en crédibilité et a mieux orienté sa vraie mission.

La complexité du thème de l'Esprit

Le récit de la Pentecôte vous plonge directement dans la complexité actuelle. Sans chercher à résoudre les difficultés, il est facile d'en présenter la liste :

- Nous disposons de deux textes pour situer le "don de l'Esprit" et ces deux textes ne coïncident pas quant aux dates et au mode de transmission.

- Le texte "classique" accumule des symbolismes qui rendent délicate la présentation de ce qui s'est réellement passé. Nous ne pouvons oublier que l'auteur rapporte l'événement 50 ans après son déroulement. Son récit concentre des développements qu'il situera ensuite sur une longue période.

- Dans la mentalité juive, la fête de Pentecôte était chargée d'une double signification, référence agraire à la première récolte d'orge et référence historique à l'épopée religieuse sur laquelle Israël fondait son histoire.

- En première formation, les apôtres avaient reçu un enseignement concernant l'Esprit de Dieu. Nous en lisons l'essentiel au récit biblique de la création. "La terre était informe et vide et l'Esprit de Dieu planait au dessus des eaux". Par cette mention, la foi juive tenait à différencier le Dieu d'Israël, Dieu vivant, des faux-dieux considérés comme des idoles impuissantes. Selon la conception sémitique nomade, Dieu contribuait au bien de son peuple, il le faisait en Esprit, soit directement, soit par son influence sur les prophètes.

- Il nous faut également rappeler la vision unitaire qui dominait les conceptions sémites, donc celles des apôtres et celles auxquelles Jésus a eu recours. A leurs yeux, l'homme était un tout qui ne se laissait pas diviser. Certes, différents mots "techniques" rendaient compte de la diversité des expressions, mais il ne s'agissait pas de composantes. L'homme n'a pas un corps ou un esprit, il est "corps" ou "esprit" selon l'angle sous lequel on l'observe. Pour "penser Dieu", cette conception ne pouvait qu'être reprise spontanément et transposée comme il se devait.

Or ce modèle de pensée est lié à un "imaginaire" qui nous échappe totalement et oblige à une grande prudence de commentaires. Jésus s'est exprimé au sein d’une culture juive, les apôtres ont réagi en premier selon ce qu'ils avaient reçu avant leur rencontre avec Jésus. Leur prédication ultérieure les a amenés à "traduire'" pour la civilisation grecque après un premier temps de mûrissement en milieu juif. Pourtant il est très hasardeux de préciser la date du "changement de culture". Des "explications" ont dû faciliter la transposition des gestes et de la plupart des engagements "universels" de Jésus. Mais il n'en a certainement pas été de même pour certains points concernant le "mystère personnel" dont ses amis avaient été témoins.

Piste possible de réflexion : Esprit, es-tu là ?… D'où viens-tu ?… Comment agis-tu ?…

1er point : les deux "approches" du Nouveau Testament …

Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, peu de chrétiens tiennent compte des diversités d'approche qui ont été proposées dès la première génération chrétienne. Après plusieurs siècles d'hésitations et de nombreux Conciles, l'une d'entre elles a fini par prévaloir en enseignement courant mais elle n'est ni la seule ni la plus harmonisée avec la réflexion évangélique.

La plupart des chrétiens connaissent les présentations "classiques" de l'Esprit. Elles sont peut-être faciles à retenir mais elles encourent deux reproches.

Tout d'abord, elles favorisent le simplisme qui a marqué une conception ancienne de la religion sur fond de pessimisme. Tout ce qui est positif dans l'homme doit être attribué à Dieu, tout ce qui est négatif est imputable à l'homme. A partir de cet à priori contestable, les commentaires tendent à "récupérer" en faveur de l'Esprit l'essentiel du rayonnement de la foi. Pour un esprit moderne, cette tendance est fort déplaisante et même injustifiée. Nous ne contestons pas les déficiences, personnelles ou collectives, qui handicapent le monde des hommes, mais nous avons conscience du "devenir" que Dieu a remis à notre initiative et du temps qu'il accompagne pour construire l'histoire.

D'ailleurs, les textes eux-mêmes nous invitent à cette réserve si nous prenons la peine de les lire dans leur entier. Ainsi, pour le passage d'aujourd'hui, il est facile de "broder" sur les symbolismes du bruit, du vent violent, de la multiplication des langues. Mais la suite des Actes ne passera pas sous silence les lenteurs d'évolution, les affrontements au sujet des prescriptions alimentaires, les échecs pour évangéliser certaines régions. Un minimum de loyauté s'impose vis-à-vis de l'auteur pour ne pas "forcer" une première vision globale.

Cette exclusive du "merveilleux" a totalement relégué une autre présentation, plus modeste mais tout aussi enracinée dans la réflexion que menèrent les témoins directs. Ils surent garder à leurs souvenirs la densité d'humanité qui avait marqué le partage du témoignage historique et qui a nourri les premières orientations communautaires. Jean en est le meilleur exemple lorsqu'il précise le rôle de l'Esprit dans le Discours après la Cène. "Il vous rappellera ce que je vous ai dit et vous conduira vers la vérité tout entière"(14/26)… "Il ne parlera pas de lui-même, c'est de mon bien qu'il recevra"…

2ème point : "l'aventure" de l'Esprit de Jésus dans les apôtres ?…

Une meilleure connaissance des civilisations anciennes nous permet d'éclairer le deuxième "cheminement" et de lui conférer une densité historique qui le rapproche du nôtre.

a) Le milieu d'une première formation

- Nous ne pouvons ignorer les bases dont les futurs amis de Jésus ont hérité en première formation. Depuis ses origines, la foi juive semble s'être démarquée de son environnement polythéiste sédentaire. De ce fait, la mention de l'Esprit divin dépassait le seul rappel de sa nature invisible. Le mot araméen ruah était appliqué au "souffle", à la respiration qui manifeste la vitalité d'un être. Sa portée était donc moins "intellectuelle" qu'elle ne l'est aujourd'hui. Les penseurs juifs tenaient à différencier le Dieu d'Israël, Dieu vivant, des faux-dieux soulignés comme des idoles impuissantes, donc sans esprit. Souvenons-nous des premiers versets du livre de la Genèse: "La terre était informe et vide et l'Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux".

- Pour affiner "l'imaginaire" sous-jacent à cette évocation, il faut évoquer la vision unitaire qui dominait les conceptions sémites à propos de la personne humaine. Aux yeux d'un sémite, l'homme était un tout qui ne se laissait pas diviser. Certes, différents mots "techniques" rendaient compte de la diversité des expressions, mais il ne s'agissait pas de composantes telles que la pensée grecque l'envisagera par la suite. L'homme n'a pas un corps ou un esprit, il est "corps" ou "esprit" selon l'angle sous lequel on l'observe.

C'est ce modèle de pensée qui devait être spontanément reporté sur Dieu. Dieu "n'avait pas" un Esprit, il était Esprit. Nous sommes contraints à une grande prudence de commentaires pour saisir la pensée initiale des apôtres, car nous "construisons" autrement le schéma que nous appliquons à la vie interne de Dieu. Nous avons tendance à "détacher" l'Esprit de Dieu pour en faire le sujet d'un enseignement à part. La chose était "inconcevable" pour un juif.

- Par ailleurs, la foi juive était héritière des clans sémitiques nomades du Grand Désert oriental. L'originalité de cette civilisation nous est aujourd'hui mieux connue. Nous découvrons ainsi l'ancienneté des deux particularités que développent abondamment les textes bibliques : Dieu est "pensé" en Dieu "ami des hommes" et cette bienveillance se traduit par son engagement dans l'histoire.

Aux environs de notre ère, en raison des perturbations politiques, ces deux "racines" de la foi juive ressortaient avec insistance. Pour contribuer au bien de son peuple, Dieu se devait d'intervenir et manifester qu'il était Dieu-vivant, Dieu-Esprit, soit directement, soit par soutien d'un messie-prophète.

b) La densité des années de vie commune

Il nous est pratiquement impossible de faire le point sur les aspirations messianiques qui étaient celles des amis de Jésus avant leur rencontre avec lui. La littérature rabbinique de cette époque témoigne d'une grande diversité d'opinions et il est vraisemblable qu'elle devait se refléter dans le groupe. Jean est le seul à effleurer la question en rapportant une réflexion de Natanaël mais il est très hasardeux d'en tirer quelque conclusion.

C'est alors que nous pouvons situer les années de vie commune qui furent décisives pour l'intelligence comme pour le destin des apôtres. Les évangélistes se gardent bien d'en tracer l'itinéraire psychologique et on comprend leur réserve, car les cheminements des disciples durent se présenter comme autant d'évolutions personnelles, chaotiques, marquées d'avancées et de reculs, de certitudes et de doutes. Les auteurs postérieurs s'efforcent d'en esquisser les principales étapes, mais ils se contentent de suggérer plus que de préciser.

Nous pouvons cependant parler d'un immense "chantier d'esprit" où se sont mêlés l'Esprit de Dieu s'exprimant en Jésus et l'esprit des apôtres. Bien avant la Pentecôte se dessinaient, en ambiance restreinte, les grands axes de la participation de l'Esprit à la route de l'Eglise.

= Il ne fait aucun doute que la personnalité de Jésus dominait cette vie commune. Comme tout homme, Jésus avait un esprit et il était possible de le cerner en l'écoutant, en dialoguant avec lui et en prêtant attention à ses engagements. Le style très spontané qu'il avait adopté ne nuisait en rien à ce qui était devenu une évidence : il savait où il allait et ce qu'il avait à enseigner.

= En raison du contexte messianique qui marquait la Palestine, il était spontané que son lien avec l'Esprit divin soit évoqué à la lumière du passé. Mais c'est là justement que cette référence semait le trouble. Il était indéniable que Jésus mettait en œuvre, très concrètement, l'idéal explicité par les prophètes. Or, la situation politique avait depuis longtemps relégué cet idéal au rang des pieuses intentions. Jésus pouvait-il être prophète, habité par l'Esprit de Dieu et mettre en œuvre un témoignage à contre-courant des espérances communes?

= Une autre "secousse de l'Esprit" ne pouvait manquer de travailler la foi des apôtres. Il leur avait été possible de confronter les changements que Jésus apportait aux rêves messianiques. Mais l'intimité partagée avec lui les amenait à soupçonner un "mystère" encore plus profond qui touchait à sa personnalité-même. L'Esprit de Dieu l'habitait plus qu'il n'était concevable pour un simple messie.

= Nous sommes parfois étonnés de ce que les textes de la résurrection ne fassent aucune mention de l'Esprit pour la compréhension de l'événement. L'explication est relativement simple : les apôtres ont été "dépassés" par le drame de la croix. Sur le moment, il leur a été impossible de "penser" la mort-résurrection à la lumière de la référence qui les avait aidés jusque là, celle de l'Esprit de Dieu. Non sans raison, Luc multiplie à ce moment les efforts du ressuscité pour ouvrir ses amis à l'intelligence des Ecritures. Et il restituera le discours de Pierre au jour de Pentecôte à partir des annonces prophétiques.

c) A la naissance de l'Eglise

Nous n'avons pas grand renseignement sur la réflexion qui fut celle de la première communauté entre Pâques et Pentecôte. Ce qui apparaît certain, c'est que le thème de l'Esprit occupa une place importante puisqu'il fut le deuxième à jaillir après la proclamation de la résurrection de Jésus.

N'oublions jamais que, durant sa vie publique, Jésus n'avait pas disserté de l'Esprit comme on le faisait autrefois au catéchisme. Spontanément et peu à peu, un esprit s'était dégagé au long de la vie commune et avait mieux orienté la lecture des Ecritures. Jésus n'avait pas été un fétu de paille emporté par les courants de son époque ou ballotté entre plusieurs options. Il ne s'était pas présenté en leader qui harmonisait ses enseignements au gré des rêves de ses contemporains. Il s'était situé dans la continuité du courant d'Esprit dont témoignaient les textes passés. Il les avait libérés des pesanteurs accumulées par l'histoire.

C'est une aventure semblable qui se joua entre Pâques et Pentecôte. Une "dimension d'Esprit" était restée en attente, celle de l'universalité. Luc la rappelle lors de l'apparition qui se conclut par l'ascension. "Il était écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait"… mais il était également écrit "qu'en son Nom le repentir en vue du pardon des péchés serait proclamé à toutes les nations".

Il ne pouvait être question d'oublier la façon originale dont Jésus avait vécu antérieurement la référence à l'Esprit. Il s'agissait de prolonger et d'achever ce qui, au soir de Pâques, apparaissait comme une œuvre commune Christ-Esprit. En sa propre personne, Jésus en avait renouvelé la proximité et l'humanité. En son Eglise, édifiée sur sa résurrection, il projetait d'en renouveler l'universalité.

Sur ce point également les apôtres mirent du temps à saisir la rectification qu'il convenait d'apporter aux interprétations courantes du passé. Se situant en témoins, ils firent le lien immédiat avec l'expérience historique, mais ils restèrent encore un certain temps à Jérusalem selon la vision d'Isaïe qui y situait le rassemblement final des nations.

3ème point : "l'aventure" de l'Esprit dans l'Eglise…

Depuis "la nuit des temps", l'engagement du Dieu-Esprit en salut des hommes se poursuit selon le même rythme d'ombre et de lumière. En foi chrétienne, les références à l'Esprit qui habita la première communauté doivent poursuivre leur action de rectification et d'animation.

* Jésus est toujours là, mais autrement. La résurrection risque de diluer l'intensité des liens que confirment les "signes" de cette nouvelle présence. Les croyants risquent de le rejeter dans un autre monde ou à la fin des temps. Son Esprit devient donc le lien privilégié qui dépasse les aléas de l'histoire et insuffle dans le présent les valeurs dont ses amis ont fait concrètement l'expérience dans le passé.

* Mais le sens de ce passé apparaît avec netteté comme une grande "aventure" qu'il faut poursuivre. En raison de leur première formation et de la rapidité des années partagées avec Jésus, les apôtres auraient eu toute raison de se sentir dépassés par une telle mission. C'est alors qu'ils eurent conscience d'un autre rôle que jouait l'Esprit, rôle nouveau sur lequel ils furent amenés à insister en raison de ses incidences pratiques.

La mémoire du passé se révélera toujours nécessaire pour ne pas se tromper sur le "visage" que doit prendre cette continuité. C'est le même Esprit qui doit être insufflé, même s'il doit l'être autrement en raison de la nouveauté du terrain… Luc exprime cette exigence dans la présentation symbolique du jour de la Pentecôte. Il met en valeur le dynamisme missionnaire : "comme un violent coup de vent" (Actes 2/2)…l'intériorité : "comme un feu qui se pose sur chacun d'eux" … et la diffusion en des cultures nouvelles : "ils se mirent à parler en des langues que chacun pouvait comprendre en référence à sa langue maternelle"… Mais ce symbolisme n'est rien s'il n'est converti au présent.

Quelques secteurs où s'engagèrent autrefois les rapports à l'Esprit ont perdu de leur actualité, mais la plupart s'imposent encore… travail de mémoire, car les années historiques ont été rapides et menées dans une civilisation aujourd'hui disparue… travail d'approfondissement en raison de la densité des enseignements et des engagements… travail de réflexion pour intégrer le drame final dans l'ensemble du combat qui l'éclaire… travail de dialogue avec un environnement actuel encore hésitant… travail d'adaptation à de nouveaux modèles de pensée.

* Dans les Actes des Apôtres, Luc a le mérite de poursuivre encore quelque temps l'histoire des premières communautés et nous pouvons entendre un "supplément d'expérience" qui relance notre actualité. Après la résurrection, l'esprit de "tradition" aurait pu l'emporter et figer la communauté sur la reproduction systématique de ce qui avait été vécu historiquement… Il est évident que cette stagnation aurait coupé court au rayonnement "parmi toutes les nations" (Mt 28/19)

Or, telle n'était pas la manière dont l'Esprit s'était exprimé au cœur du témoignage de Jésus… telle n'était pas la manière dont Jésus l'avait "soufflé" sur ses amis (Jn 20/22) en perspective de son extension universelletelle ne sera jamais pas la manière dont il se propose de soutenir et d'animer l'histoire de tous les lieux et de tous les temps.

4ème point : "l'aventure" actuelle de l'Esprit en nous ?…

N'hésitons donc pas à rapprocher le travail de l'Esprit de l'immense champ des activités dans lesquelles nous investissons le meilleur de nous-même, au service de l'Eglise. Enfin, la réforme liturgique facilite le contact avec le témoignage historique de Jésus, lieu du premier rééquilibrage d'une juste conception de l'Esprit. Pourquoi abandonner cette grille de présentation alors que l'Esprit de Jésus suscite et accompagne la diffusion de sa densité actuelle? Proximité, humanité, universalité restent les qualités premières de son action discrète aux lieux où nous le retrouvons …

En conclusion, il est très facile d'imaginer les réponses que nous ferait l'Esprit de Jésus si nous lui posions les trois questions qui amorçaient notre réflexion.

Esprit, es-tu là?… Il nous dirait : "Ouvre les yeux, regarde et tu n'en douteras pas" alors que l'évangile retrouve sa place centrale dans la réflexion des chrétiens… alors que la liturgie abandonne ses "pompes" pour aider à la simplicité d'une rencontre… mais je ne fréquente pas nécessairement les lieux où tu me cherches.

Esprit, d'où viens-tu ?… Il protesterait : "Tu oses me le demander comme si tu ne savais pas que Jésus est au centre de ta foi"… et qu'apparaît de plus en plus la densité d'humanité et la densité de divinité dont il te nourrit.

Esprit, comment agis-tu ?… Il paraîtrait déconcerté : "Comme un esprit, tout simplement, c'est même pour cela que ce nom me convient parfaitement"… car je n'hésite pas à me mêler au brouhaha du monde, espérant en l'intelligence de ceux et celles qui sauront discerner mon originalité avant de la glisser dans le dynamisme de leurs vies.

Il ne s'agit pas là de faux-fuyants ou de réponses "en l'air". Elles expriment les mêmes convictions que celles de la première communauté lorsqu'elle prit conscience de ce qu'elle vivait très concrètement au souffle de la présence de Jésus ressuscité.

Supplément possible : comment découvrons-nous l'esprit dans une personne ?…

* Partons de l'enfant qu'il nous est donné d'accueillir à sa naissance. Il ne nous exprime pas encore grand chose des virtualités dont il dispose et pourtant, d'emblée, nous situons le petit en perspective d'esprit… Nous avons même tendance à anticiper cette qualité aux premiers temps de son expression. Qui oserait émettre alors l'idée qu'il s'agit là d'un simple agglomérat de milliards de cellules qui attendent de recevoir des données ultérieures?

"Esprit, es-tu là ?"… Nous ne nous posons même pas la question… "Esprit, d'où viens-tu ?"… Nous tentons d'évoquer le patrimoine génétique et bien d'autres facteurs complexes. Mais il faut avouer que nous sommes dépassés par la question… Car l'esprit est comme la vie : plus on essaie de l'analyser et de le disséquer, moins on peut expliquer ce qu'il est vraiment, au delà des éléments qui le font fonctionner et le manifeste… C'est pourquoi, nous ne posons même pas la troisième question : "Esprit, comment agis-tu ?"

* Rapidement, cette présence indéfinissable nous sollicite et nous y répondons très spontanément dès la  première enfance. Nous ne connaissons peut-être pas les traités de psychologie ou de pédagogie, mais nous en appliquons l'essentiel.

Parce que nous croyons à l'esprit de ce petit être, nous cherchons à entrer en dialogue avec lui. Il n'est pas certain qu'il comprenne les subtilités de nos sourires… mais nous croyons en la réciprocité de communication qui s'amorce : nous savons que nous favorisons ainsi la première croissance de son esprit et que nous contribuons à son équilibre intérieur… ainsi s'ébauche un partage personnel dont nous attendons beaucoup et dont il attend beaucoup…

"Esprit, où vas-tu?… nos incertitudes changent de plan; elles se convertissent en appel à construire la magnifique aventure que représente l'épanouissement d'un enfant… "Esprit, comment agis-tu ?… comme un esprit tout simplement, ou plus exactement comme un dialogue entre deux esprits.

* Car, c'est trop peu de dire que l'aventure éducative qui va se prolonger sera une aventure spirituelle, elle sera interférence entre deux esprits, de plus en plus personnalisés, chacun construisant sa propre pensée sous influence de celle de l'autre. En un premier temps, l'enfant recevra tandis que les parents chercheront à apporter le meilleur d'eux-mêmes… Mais la vie est un bouillonnement confus qui doit être maîtrisé pour libérer et épanouir ses virtualités… Rapidement le champ des rapports mutuels s'ouvrira aux activités de deux esprits nouveaux.

"Où est l'esprit ?"… Il est bien difficile de le préciser… de plus en plus en l'un et de plus en plus en l'autre… mais de moins en moins réductible à l'un et à l'autre… "D'où vient-il ?"… du plus profond de chacun, conscient du passé, du présent et de l'avenir… "Comment se manifeste-t-il?"… dans un quotidien des plus variés, fait d'échanges, d'affrontements, d'hésitations, d'engagements, en un mot dans une histoire construite ensemble … Trois qualités en dominent la complexité : proximité, humanité, universalité.

 
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