Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année B : 7ème Dimanche de Pâques  

 

 

 

 

Sommaire

Actualité : l’unité

Textes et commentaires proposés antérieurement pour le dimanche de l’unité

Contexte des versets retenus par la liturgie

Piste possible de réflexion : la "Parole", ciment de l'unité dans la diversité…

Actualité : l’unité

Le thème de ce dimanche est celui de l'unité des chrétiens. Il s'agit là d'un vaste sujet, remis en valeur depuis le Concile. Au cours de la semaine de Janvier appelée semaine de l'unité, les initiatives se multiplient sous forme de rencontres et de célébrations communes. Elles donnent l'occasion à tous les chrétiens de "sentir" qu'ils sont dépositaires des mêmes bases et que leurs divisions représentent une profonde contradiction "interne". Mais, faute de temps, la réflexion a du mal à se poursuivre. Tous évoquent l'existence de blocages regrettables, mais remettent à plus tard leur analyse.

Il n'est donc pas inutile que, chaque année, le 7ème dimanche de Pâques relance le sujet à la lumière de la résurrection. Les dimanches précédents l’ont déjà abordé selon des approches différentes : le bon berger, l'allégorie de la vigne et des sarments. Nous devons garder en tête ces enseignements, mais, pour ne pas émousser leur dynamisme, il s'avère tout aussi nécessaire de réfléchir au cadre dans lequel nous insérons nos efforts.

Evangile

Evangile selon saint Jean 17/11b-19

Pour mieux faire apparaître la composition d'ensemble, il est nécessaire d'inclure quelques versets que le découpage liturgique n'a pas retenus.

B. Jésus prie pour l'unité des disciples à la lumière de son unité avec le Père

a. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, (ceux que tu m'as donnés), sont dans le monde et moi, je viens vers toi.

début du texte liturgique

b. Père saint, garde-les en ton Nom que tu m'as donné

c. afin qu'ils soient un, comme nous

b'. Lorsque j'étais avec eux, je les gardais en ton Nom. Je les ai gardés et aucun ne s'est perdu, sauf le fils de perdition afin que l'Ecriture soit accomplie.

a'. Mais maintenant je viens à toi, et je dis cela dans le monde, afin qu'ils aient ma joie pleine en eux.

C. Jésus demande au Père de garder ses disciples dans le combat qu'ils ont à mener pour porter la Parole 

a. Je leur ai donné ta Parole

b. et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde.

c. Je ne prie pas afin que tu les retires du monde mais afin que tu les gardes du Mauvais.

b'. Ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde.

a'. sanctifie-les dans la vérité : ta Parole est vérité.

B'. Jésus prie pour l'unité des disciples à la lumière de sa présence en eux  

a. Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi-aussi je les ai envoyés dans le monde. Et je me sanctifie pour eux afin qu'ils soient. eux-aussi, sanctifiés en vérité.

fin du texte liturgique

Et moi, la gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée

b. afin qu'ils soient un comme nous sommes un

c. moi en eux et toi en moi

b'. que leur unité soit parfaite

a'. afin que le monde connaisse que tu m'as envoyé, et que je les ai aimés comme tu m'as aimé.

Textes et commentaires proposés antérieurement pour le dimanche de réflexion sur l'unité

Le chapitre 17 de Jean a été découpé et réparti entre les trois années: versets 17/1-11a en année A, versets 17/11b-19 en année B et versets 17/20-26 en année C. Sur le site, les remarques concernant l'ensemble du chapitre 17 ont été groupées en contexte de l'année A.

En Année A, les versets retenus n'abordent pas le thème de l'unité entre chrétiens mais le thème de l'unité entre Père et Fils. Notre réflexion portait sur l'actualité de Jean en ce qui concerne le "visage" de Dieu. C'est là un problème réel qui se posait au temps de la rédaction et qui se pose aujourd'hui. La réponse qu'apporte le quatrième évangile est précise: "Dieu de Jésus-Christ".

En Année C, deux pistes de réflexion sont proposées. La première analyse la "paternité à la source de l'unité". La seconde poursuit une réflexion amorcée au 4ème dimanche de Pâques sur l'unité du Père et de Jésus : le rapport Père-Fils exprime-t-il une dualité ou un même être divin?…quels sont les handicaps qui concernent la divinité de Jésus?… la richesse du lien Père-Fils contribue à la réussite de la création…

Contexte des versets retenus par la liturgie

* Ce passage appartient à un ensemble appelé " prière sacerdotale ", inclus dans le "discours après la Cène". Cette composition a été répartie sur les trois années liturgiques, la première partie a retenu notre attention en année A, la dernière est affectée à l'année C.

Il est utile de rappeler la manière soignée dont Jean développe sa pensée au long de ce chapitre: de petits chiasmes prennent place dans un grand chiasme qui expose les différentes facettes de la difficile construction de l'unité entre chrétiens. A et A' sont centrés sur le "Nom " du Père, c'est-à-dire sa Personne, manifestée aux hommes par l'amour de Jésus pour eux et reconnue par les disciples (textes lus l'an dernier)… B et B' sont plus directement centrés sur l'unité des disciples… C est centré sur la protection contre le "Mauvais" …

* Le fait que B et B' enserrent C donne de l'importance à la Parole pour lutter contre les facteurs de division. C'est elle qui est le plus menacée par un esprit "mauvais" et c'est pourtant elle qui maintient dans la Vérité et donc dans l'unité. A bien y réfléchir, cette analyse trouve nombre de vérifications dans l'actualité des églises et ouvre une piste de réflexion très concrète.

Piste possible de réflexion : la "Parole", ciment de l'unité dans la diversité…

1er point : Dans quel Esprit construire l'unité entre chrétiens …?

L'arrestation au jardin de Gethsémani interviendra immédiatement après le passage que nous avons lu. Le déroulement de la soirée du Jeudi saint est bien connu et nous percevons facilement la complexité du "Discours après la Cène". Il n’est donc pas étonnant de trouver l'entretien sur l'unité" en finale de l'ensemble.

Pour cette raison, cette place risque d'être mal interprétée. Il  faut percevoir que l'évangéliste dépasse le plan "sentimental" d'une unité qui ferait chaud au cœur. Il dépasse le plan d'un témoignage "efficace" face au monde incroyant…Il dépasse même le plan d'une "prière" qui en appellerait au monde divin en raison de notre impuissance… Il rappelle les fondations sur lesquelles poursuivre un chantier permanent.

Cette place nous renvoie au travail "historique" d'unité que Jésus a entrepris bien avant Pâques; elle nous renvoie à l'Esprit fondateur d'unité qu'il a insufflé bien avant la Pentecôte. Si Pâques et Pentecôte conjuguent leurs dynamismes en vue de nourrir l'unité, ce n'est pas n'importe quelle "préparation" de Pâques, ce n'est pas n'importe quelle "préparation" de Pentecôte qui relancent une réflexion positive à ce sujet. Il  faut donc prendre en compte les deux orientations qui les ont fait naître en mêlant leur simplicité et leur efficacité.

1. Jésus a commencé par constituer une petite communauté. Il la voulut très diversifiée, et il la livra, le plus naturellement possible, aux aléas et aux risques d'une vie ensemble. Il n'en attendait pas un témoignage percutant aux yeux de ses contemporains, il ne s'y sentait pas contraint en vue de la seule formation apostolique de ses amis… En cette cellule-type, riche d'humanité, il s'agissait pour lui de semer des germes d'avenir… germes d'une "résurrection" des conceptions religieuses, des relations mutuelles et des consciences personnelles… germes d'une "pentecôte" au milieu d'un monde si souvent atteint de sclérose, de division, de domination…

Malgré la personnalité attachante de Jésus, ce ne fut pas chose facile pour lui, car  des pesanteurs entamèrent souvent l'unité du groupe. Il saisit alors ces occasions concrètes pour dénoncer les handicaps qui contaminaient les disciples, comme ils contaminent tant d'hommes, souvent inconsciemment. Au nom-même de l'affection qu'il portait aux siens, il mit en évidence leurs racines tout autant que leurs dommages. Il vécut ainsi quotidiennement la loi de passion-résurrection qui marque tout engagement en ce sens.

2. Mais cette loi de passion-résurrection avait un sens. Nous ne devons jamais oublier les trois dimensions du combat que le Christ a éclairé de son engagement concret dans le cadre de son temps : épanouissement religieux, restauration des relations sociales, conception positive de la personne humaine. Notre tendance moderne nous pousse à "disséquer" ces trois domaines. Bien au contraire, ils appellent à leur interactivité.

Pour aider à cet équilibre, Jésus a adopté une "technique" précise. Non seulement, il a "travaillé de l'intérieur" la pensée et le comportement de ses amis, mais il a étendu cette action sur les trois domaines dont nous parlons et l'a menée dans le cadre de leur communauté. Son témoignage historique ne peut être réduit à de simples exhortations. Il se présente en vivier fondateur qui ouvre au concret de toute réalisation …

La résurrection n'a pas mis fin à ce combat, elle l'a relancé selon une forme cohérente avec la "technique" précédente. Jusqu'à la fin des temps, on ne pourra construire l'unité sans remettre en cause, à l'intérieur comme à l'extérieur des églises, certaines conceptions religieuses… on ne pourra construire l'unité sans lutter ensemble, dans le cadre mutuel comme dans le cadre social, contre les tensions et les pesanteurs qui affectent les rapports entre les hommes… on ne pourra construire l'unité en se dispensant d'un humanisme digne de ce nom face à Dieu, face aux contemporains et face à soi-même.

C'est dire l'importance des communautés, mais c'est dire aussi leur mission. Chacune doit se sentir "travaillée" de l'intérieur, en vue de l'influx d'incarnation qui passe désormais par elle. Elle est plus que le lieu d'un soutien mutuel efficace, d'un partage de réflexion et d'enseignement … A son tour, elle devient cellule-type, riche d'humanité, germe de "résurrection" dans le cadre de civilisation qui est le sien.

Il n'est donc pas étonnant de retrouver au sein de chacune d'entre elles un certain nombre de handicaps. A juste raison, nous déplorons les lenteurs qui freinent le mouvement d'unité dont nous nous étions réjouis au lendemain du Concile. Une réflexion approfondie sur les évangiles devrait nous obliger à remplacer nos regrets par une visée plus complète des évolutions à poursuivre selon l'interactivité qu'éclaire le témoignage initial.

2ème point : le Parole à la source de l'unité des chrétiens au temps de Jean

1. Nous avons quelques renseignements sur les difficultés que les apôtres ont rencontrées avec les communautés chrétiennes dont ils se sentaient responsables. Pour Jean, l'arrière-plan du chapitre concernant l'unité était loin de se présenter dans une ambiance tranquille.

Comme en témoignent les Actes des Apôtres, dès les origines, le problème des divisions s'est posé et, à la fin du premier siècle, il devenait évident qu'il ne serait pas limité aux premiers temps. Au lendemain de la résurrection, les disciples de Jésus avaient vécu un temps de grande solidarité mutuelle, tout en bénéficiant d'accueil ou de tolérance de la part de leur environnement. Mais cette situation s'était vite dégradée : les oppositions extérieures s'étaient faites plus virulentes.

A l'encontre de ces conditions déstabilisantes, dans le cadre du groupe, une foi commune aurait du être un soutien "naturel". Il n'en fut pas toujours été ainsi Au contraire, des dissensions internes compliquaient singulièrement la situation. Ce contraste apparaissait déconcertant. Il l'était d'autant plus qu'une certaine nostalgie, fort compréhensible, hantait alors les mémoires. Les années partagées historiquement avec Jésus avaient été un creuset unique de partage, de révélation et de formation. Malgré une grande diversité d'origine, ses amis s'étaient retrouvés autour de lui sans complexe de milieu social ni même de formation religieuse. Ils avaient vécu ensemble le double registre d'une vie ordinaire concrète et d'une vie communautaire. Certes, leur groupe n'avait pas été dispensé des pesanteurs habituelles en tensions et même en trahison. Pourtant l'influence de la "personnalité" de Jésus et la densité de sa "présence" avaient permis la réussite de cette "expérience".

En raison même de ces tensions, le souvenir cessa d'être un rêve et devint une référence. Nous sommes parfois étonnés de la distance qui sépare les évangiles de la réalité historique, de même que nous sommes étonnés de la multiplicité des témoignages. Ces deux qualités permirent au contraire de construire une unité menacée par le jeu habituel des tensions humaines. Le souvenir fut approfondi en intelligence du témoignage et le témoignage fut exprimé selon la diversité des échos qu'il avait trouvés en amorce d'universalité. En un mot, la Parole sauva la foi chrétienne en nourrissant l'unité dans la diversité.

2. Nous avons là l'origine du schéma que Jean adopte dans son texte. Nous pouvons être étonnés de la répétition d'un même vocabulaire. Ce mode de présentation, le chiasme, n'est plus le nôtre, mais il permettait à l'auteur de préciser le centre de sa pensée en l'enveloppant de deux mouvements symétriques, l'un y conduit en amont et l'autre en découle en aval.

Nous trouvons donc au centre l'importance de la Parole, elle englobe désormais les actions et les enseignements que Jésus a "donnés" aux siens. C'est elle qui doit demeurer "vérité". Car elle est également Parole du Père, Parole créatrice visant à l'épanouissement de chacun dans le cadre de l'harmonie entre tous. Il n'y a donc pas à s'étonner qu'elle soit au cœur d'un affrontement avec les forces contraires que Jean désigne comme actions du Mauvais.

En amont, le témoignage de Jésus conduit historiquement à cette Parole puisqu'elle exprime l'activité qu'il a déployée pour "garder le troupeau" que le Père lui confiait. A cette occasion, Jean rappelle ainsi les deux "dynamismes" qui se sont conjugués en réalisation unitaire, à savoir l'activité personnelle de Jésus et la "source" intérieure d'où elle surgissait, la référence au Père. Nous pouvons avoir l'impression qu'il le fait rapidement et, de ce fait, nous risquons de minimiser cette référence. Il suffit de nous rappeler que tous les développements précédents en ont longuement parlé. L'évangéliste y ajoute discrètement la défection de Juda, signe que la liberté humaine ne répond pas nécessairement aux soins des responsables.

En aval, l'auteur évoque l'extension "logique" de la Parole à tous les temps et à tous les lieux. Tout naturellement, l'unité doit s'étendre aux futures générations. De façon symétrique, deux "dynamismes" seront amenés à inspirer l'engagement des envoyés. Comme Jésus, ils sont au service de la vérité; cette vérité dont il vient d'être dit qu'ils doivent la puiser dans la Parole. En outre le ressuscité reste en lien personnel avec eux, il continue sous une autre forme de les soutenir, de les sanctifier. Quelques versets plus tard, l'évangéliste évoquera leur destin final de disciples comme réalisant définitivement l'idéal qui les a portés; ils vivront désormais d'unité, avec Jésus et entre eux, "dans la maison du Père".

3ème point : le Parole à la source de l'unité des chrétiens en notre temps

La densité du texte de Jean oblige à choisir parmi les conclusions que nous pouvons en tirer.

1. Sa réaction face à la réalité des divisions est relativement calme. A l'encontre des gnostiques qui avaient une grande influence à la fin du premier siècle, il ne réagit pas de façon disciplinaire ou de façon mystique. Son expérience l'incite à réfléchir de façon très concrète à la naissance des divisions. Antérieurement, il avait participé à la mission et n'avait pu que se réjouir de son rayonnement, mais il avait également constaté que les désaccords naissaient assez spontanément de la diversité des mentalités ambiantes. Il prend donc acte de cette tension inévitable sous la pression de l'universalité.

2. Dans ses lettres, Jean sera assez dur pour les personnes qui sèment le trouble dans sa communauté, mais, dans son évangile, il a le grand mérite d'être moins direct. Sa composition situe l'unité comme une réalité à construire malgré les difficultés. Elle ne peut être envisagée comme un gentil rassemblement d'éléments dispersés, plus ou moins passifs. Elle émerge d'un combat contre des forces divergentes qui semblent parfois nous dépasser ou nous engloutir.

3. C'est donc le combat même de Jésus qui se poursuit et c'est à cette source qu'il faut puiser. Encore faut-il prendre le temps et investir l'intelligence nécessaire pour en approfondir le but ultime. Les tenants de l'unité devraient davantage réfléchir à l'audace du texte de ce dimanche. Avant le quatrième évangéliste, d'autres s'étaient mis au service de la Parole. D'après ce que nous pouvons juger de leurs œuvres, ils avaient bien fait leur travail. Cependant, à la fin du premier siècle, Jean ne juge pas inutile de revenir sur le même témoignage. Il ne cherche pas à "enfoncer le clou" en répétant ce qui a déjà été dit. Il perçoit que les modèles de pensée juifs sont de plus en plus submergés par les modèles de pensée grecs. Il s'attelle donc à la conversion du vocabulaire et des présentations littéraires afin que ressorte plus explicitement la Vérité initiale.

4. Une autre originalité apparaît lorsqu'on prête attention aux évocations bibliques qui sous-tendent la rédaction. Il est normal que nous ayons du mal à les percevoir, mais le rapprochement n'est pas sans intérêt. Nombre d'expressions invitent à rapprocher "globalement" ce passage des premiers chapitres du livre de la Genèse.

A la source de l'unité, l'évangéliste situe le Père, donc le Créateur. Pour les envoyés, comme pour Jésus, il s'agit de "garder en son Nom", c'est-à-dire en sa Personne de Père. D'où l'importance et l'efficacité de la Parole, selon le verset bien connu : "Dieu dit et cela fut" (Genèse 1/3). En Jésus, cette Parole s'est incarnée, il est donc normal que nous l'adoptions comme source concrète de notre existence. "Ce qui est en lui est vie"…

L'auteur ancien se posait, lui aussi, la question de la rupture d'unité. Sans nier la responsabilité de l'homme, il introduisait un élément extérieur de désordre : le serpent. Bien entendu, il s'agissait d'un symbole et la tradition juive avait réduit l'un à l'autre le serpent et le Satan. Nous retrouvons les mêmes symboles pour désigner les forces pernicieuses qui demeurent agissantes dans le champ du monde.

La réalisation de l'unité entre chrétiens dépasse donc le cadre de l'Eglise, elle est service de toute l'humanité, elle apporte sa contribution à la marche de l'histoire vers un épanouissement ultime de l'homme. Même si ce thème n'est que suggéré dans ces versets, il mérite d'être intégré à la recherche d'unité qui mobilise tant d'engagements aujourd'hui…

Conclusion

Jean pressentait que la situation à laquelle il était affronté ne serait pas exceptionnelle. Il invitait à la regarder sans fausse culpabilisation. Par nature, "le véritable acte de croire questionne le monde de ceux qui ne se questionnent pas", il les met en présence d'eux-mêmes. Il s'ensuit que le rejet est beaucoup plus fréquent que l'adhésion. Or ce sont ces conditions difficiles qui divisent souvent les communautés lorsque sont abordées les "questions missionnaires".

Il importe de ne pas céder à la tentation de "se retirer du monde" pour se regrouper entre initiés. Mais il importe également de ne pas s'engager, au nom de l'espérance, dans n'importe quelles adaptations. Ceci exige une approche renouvelée de la Parole.

Nous sommes là au cœur du brouillard qui perturbe les questions œcuméniques. En accueillant l'expression de cette Parole, il ne suffit plus d'en tirer des exhortations, il ne suffit plus de la lire ensemble en invoquant l'Esprit qui s'y exprime, il s'agit de remonter à sa source de façon intelligente. Au long des siècles, en chaque église, un travail d'approfondissement a contribué à la vitalité de la foi, mais, nécessairement, il a été mené selon des modèles de pensée relatifs. Ainsi en est-il des églises occidentales, contaminées par le déisme du 18ème siècle et inconscientes des présupposés sur lesquels repose leur théologie commune. Cette relativité concernant les modèles de pensée est souvent difficile à admettre… faute de quoi, les ouvriers désertent le chantier ou se contentent de palabres inefficaces…

  

 

Mise à jour le Dimanche, 17 Mai 2015 16:24
 
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