Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année B : 2ème Dimanche de Pâques

 

 

 

Sommaire 

 

 Actualité

 Evangile

Références aux autres années liturgiques

Contexte des versets retenus par la liturgie

Piste possible de réflexion : Thomas n'avait pas tort, mais il ne savait pas voir

Actualité

Un des passages les plus galvaudés de l’évangile. Il convient de bien resituer els enjeux de cet épisode qu’on croit connaître sans l’avoir lu avec assez d’attention.

Evangile

Evangile selon saint  Jean 20/19-31

L'évangéliste a construit sa présentation en trois ensembles parallèles dans la forme, avec référence commune au salut liturgique de paix.

1° les premiers témoins (en nombre incomplet) : " il leur montra ses mains et son côté "

" Comme donc c'était le soir, ce jour-là, le premier de la semaine et les portes étant fermées là où étaient les disciples, par peur des Juifs,

Jésus vint, il était là au milieu. Il leur dit : " paix à vous ! "

Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

2° le même groupe (toujours incomplet) : " je vous envoie " - "recevez l'Esprit-Saint" - la diffusion du témoignage commence auprès de Thomas.

Jésus leur dit de nouveau : " paix à vous !

= Comme le Père m'a envoyé, moi-aussi, je vous envoie "

= Et, ayant dit cela, il souffla et leur dit : " Recevez l'Esprit-Saint : si de certains vous remettez les péchés, ils leur sont remis ; si de certains vous retenez les péchés, ils leur sont retenus. "

= Thomas, l'un des Douze, qui est appelé Didyme (nom qui signifie "Jumeau") n'était pas avec eux lorsque vint Jésus. Les autres disciples lui disaient : " Nous avons vu le Seigneur ".

Mais lui leur dit : " Si je ne vois pas à ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas ma main à son côté, non, je ne croirai pas. "

3° le groupe complet avec insistance sur les difficultés et le cheminement de l'absent, figure de tout chrétien (Jumeau) vivant historiquement après les événements.

Et après huit jours, de nouveau, ses disciples se trouvaient à l'intérieur et Thomas était avec eux. Jésus vient alors que les portes étaient fermées. Il était là au milieu. Il dit : " paix à vous ! "

= Puis il dit à Thomas : " Porte ton doigt ici et vois mes mains ; porte ta main et mets-la dans mon côté. Ne sois plus incrédule, mais croyant. "

= Thomas répondit et lui dit : " Mon Seigneur et mon Dieu ! ". Jésus lui dit : " Parce que tu m'as vu, tu crois ... Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. "

= Jésus fit encore beaucoup d'autres signes devant ses disciples, qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là ont été mis par écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin qu'en croyant, vous ayez la vie en son Nom."

Références aux autres années

En année A, nous avons proposé de "rétablir l'équilibre" en faveur des "disciples du début". En insistant toujours sur Thomas, on finit par oublier le comportement "normal" qui a été le leur. Or il mérite autre chose qu'une mention distraite. Pour le percevoir, il est nécessaire de prêter davantage attention à la présentation d'ensemble qu'adopte le quatrième évangéliste pour les événements de la résurrection. Le contexte évoque la pluralité d'auteurs chez Jean - l'originalité de Jean à propos des événements de la résurrection - la composition du passage en deux temps - le repérage des différents points soulignés par l'auteur, en particulier le don de l'Esprit au soir de Pâques.

La piste possible recommande: "n'oublions pas ceux qui ont cru avant Thomas": Jésus vient, il était là - il leur montra ses mains et son côté - il répandit sur eux son souffle - vous remettrez les péchés.

En année C, nous prenons un peu de hauteur par rapport à la réaction de Thomas et nous prêtons attention aux signes dont le dernier verset signale l'importance. Après le repérage de la sélection opérée par Jean et quelques généralités à leur sujet, nous approfondissons le lien qu'ils établissent entre foi et vie.

La piste possible développe ce thème: "les signes sélectionnés par Jean comme source de notre foi": remarques générales concernant les signes eux-mêmes - la clé de la disposition choisie par Jean

Contexte des versets retenus par la liturgie

* Chaque année, le même texte d'évangile est proposé pour le 2ème dimanche de Pâques.

* L'épisode de Thomas fait partie de ces passages sur lesquels beaucoup a été dit sans prêter grande attention au texte. La conception de la foi continue d'être déformée par la fausse interprétation que véhiculent les mentalités contemporaines à propos du lien entre voir et croire.

Cette année (année B), nous vous proposons de conjuguer deux soucis: mettre les choses au point au sujet de la réflexion prêtée à Thomas et insister sur l'aspect positif qui se dégage de l'épisode. Il éclaire le déroulement en trois temps de nos assemblées dominicales.

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* Voici quelques précisions sur l'organisation adoptée par le quatrième évangéliste pour présenter les événements de la résurrection. Trois ensembles sont faciles à isoler :

1er ensemble: Pierre et Jean accomplissent l'itinéraire fondamental de tout disciple-témoin jusqu'au tombeau. Trois signes les orientent vers la foi: le tombeau vide, les bandelettes "à plat" et le suaire roulé à part. L'itinéraire personnel de Marie-Magdeleine "enveloppe" leur démarche, il part de l'interrogation que pose le tombeau vide, s'oriente vers la reconnaissance du ressuscité et débouche sur le témoignage.

2ème ensemble: Jésus situe le groupe des apôtres-témoins en responsabilité missionnaire. Au départ du témoignage, le premier groupe (sans Thomas) prend conscience d'une nouvelle intimité avec le ressuscité. Celle-ci pousse à continuer la mission au souffle de l'Esprit qui animait l'engagement de Jésus et repose désormais sur ses amis. Thomas représente une deuxième génération, il anticipe la foi de ceux qui "croiront sans avoir vu", autrement dit les chrétiens des siècles ultérieurs.

3ème ensemble: Jésus-ressuscité est présent de façon privilégiée dans la vie de l'Eglise. Il soutient les efforts de la mission pour réaliser l'universalité de son rayonnement. Il soutient l'engagement des missionnaires en renforçant son intimité par le repas eucharistique

* L'apparition à Thomas incrédule peut être utilement rapprochée de l'apparition à Marie de Magdala dans la section précédente, au matin de Pâques 20/11-18. Ressemblances et différences permettent une réflexion très riche, mais celle-ci dépasse le cadre de ce dimanche…

Piste possible de réflexion : Thomas n'avait pas tort, mais il ne savait pas voir

1er point : exacte interprétation du texte concernant Thomas

1. C'est à juste raison que les chrétiens sont de plus en plus agacés par l'usage abusif qui est fait couramment de certains versets d'évangile : on les isole de leur contexte pour les présenter en un sens totalement faussé. Afin de dénoncer ces pseudo-références, il s'agit d'abord d'être nous-mêmes compétents par rapport au texte évoqué.

2. Puisque l'occasion nous en est donnée ce dimanche, opérons donc un "retour aux sources" au sujet de l'apôtre Thomas. Qu'en est-il de l'opposition que l'on accentue si souvent entre l'attitude première que lui prête l'évangéliste : "si je ne vois pas, je ne croirai pas "… et la béatitude que Jésus exprime ensuite: "Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru"…

= Notons d’abord que l'ensemble du passage évangélique d'où cette phrase est tirée déborde largement le cas de l'apôtre. Celui-ci n'intervient qu'en troisième position, dans l'intimité d'un groupe fortement soudé par une longue amitié. Dans cet ensemble, Jean tient à nous montrer comment la première communauté a découvert progressivement la présence de Jésus ressuscité "au milieu" d'elle et comment cette présence l'a ouverte à la mission, malgré les oppositions extérieures. Il ajoute à cette difficulté les doutes légitimes qui ont ébranlé la foi de certains disciples à propos de la résurrection. Ils avaient accompagné Jésus au long de son ministère et pourtant ils n'ont pas été préservés de cette première réaction, avant de la dépasser ensuite. Dans la pensée de l'évangéliste, cette "expérience" les mettait en état de respecter les doutes et les questions de ceux auxquels ils annonceraient ultérieurement cette même résurrection.

= Il est logique de ne pas isoler le texte qui concerne Thomas et de le relier aux versets qui le suivent… Une apparente contradiction saute alors aux yeux : sans marquer de rupture dans sa présentation, en un premier temps l'auteur mentionne: "Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru"…puis il parle, immédiatement après, de l'importance des "signes" qu'il a eu souci de rassembler "afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu"…

Il est toujours possible d'avancer l'hypothèse d'un copiste postérieur qui aurait rapproché deux traditions sans percevoir leurs orientations divergentes. Il est plus vraisemblable d'y voir la forme littéraire contrastée, familière au mode sémitique de pensée et à laquelle nous devrions être habitués, car Jean y recourt fréquemment pour provoquer ses auditeurs à la réflexion.

Jean tient beaucoup au mot "voir" comme base de la foi chrétienne. Dès le début du ministère de Jésus, l'invitation "Venez et voyez" (1/39) résumait l'accueil des premiers disciples et Philippe n'hésitait pas à la répercuter auprès de Nathanaël… Les reproches qui étaient faits à la foule ont souvent porté sur ce point : "vous me voyez et vous ne croyez pas" 6/36. Au contraire ce lien entre voir et croire a été décisif pour le disciple lors de sa visite au tombeau vide: "il vit et il crut" 20/8.

Mais la mort-résurrection change la nature des liens entre Jésus et ceux qui sont attirés vers lui. Faut-il donc renoncer à toute visibilité alors que celle-ci est base de la foi ? N'est-il pas à craindre qu certains cherchent à compenser ce qui paraît être un vide, en espérant des manifestations spectaculaires ou en se référant à un "imaginaire religieux" dont Jean se méfie à juste raison.

Les circonstances particulières qui affectent le cas de Thomas, notre "jumeau", donnent à l'évangéliste l'occasion d'apporter toutes précisions sur un "changement de forme" qui ne doit pas dissoudre la "permanence de fond". Il s'agit toujours de "voir" mais le "voir Jésus en chair et en os" n'est plus possible. Ce n'est pas pour autant que nous sommes démunis puisque nous bénéficions du témoignage de témoins crédibles qui, eux, ont réellement vu Jésus. Bien plus, ils étaient tellement convaincus que ce voir était essentiel à la foi qu'ils ont "mis par écrit les principaux "signes" qui avaient déterminé leur adhésion. Certes, ces signes ne sont pas réitérés visiblement pour chaque croyant, mais ils ont été réellement "vus".

Les commentaires faussent la pensée de Jean lorsqu'ils donnent à l'expression "ne pas avoir vu" un caractère absolu. La présentation globale invite à une formulation plus nuancée. Aujourd'hui, nous apporterions la précision "ne pas avoir vu Jésus directement, sensiblement"… et cette précision nous dispenserait de tout autre commentaire… En pensée sémitique, plus abrupte, cette nuance est rendue d'une autre façon, par évocation de la nécessité de "signes" rapportés par les témoins.

3. Ce cheminement n'est pas particulier à la foi, nous l'adoptons en de nombreux domaines de connaissances. De façon pratique, nous faisons confiance aux documentalistes et aux rédacteurs pour l'information, nous sommes tributaires des chercheurs, des analystes et des médecins pour préciser l'origine de nos maladies et déterminer les remèdes nécessaires... Combien de choses croyons-nous sans les avoir vues matériellement !

Pour la foi comme pour nos autres connaissances, nous avons raison de vérifier le sérieux de nos sources. Le dernier copiste du quatrième évangile a répondu par avance à cette préoccupation puisqu'il tient à préciser "c'est ce disciple qui témoigne de ces faits et qui les a écrits et nous savons que son témoignage est véridique. "

4. N'ayons donc pas peur de dénoncer les deux motivations qui sont à l'origine de la fausse interprétation que nous déplorons au sujet de Thomas. Elles sont apparemment opposées et pourtant, l'une comme l'autre déforment la pensée évangélique.

La pensée critique s'en donne évidemment à coeur joie. "Je ne crois que ce que je vois..." Mais il serait quasiment impossible de vivre si l'on appliquait strictement un tel principe !

A l'opposé, une spiritualité "passive"' a souvent été tirée du verset concerné et présentée comme un modèle de foi: l'idéal serait la confiance absolue, irréfléchie… adhésion "aveugle" dont on prétend qu'elle est la "foi du charbonnier"… Une telle présentation est contradictoire avec l'évangile, elle ne fait qu'entretenir l'inertie et l'illusion d'une bonne conscience à moindre frais. Nous ne sommes plus en foi chrétienne !

2ème point : la densité de signes vécus lors des assemblées dominicales

1. Un certain nombre d'indices nous invitent à voir dans ce texte l'esquisse de nos réunions dominicales : les disciples sont réunis "le premier jour de la semaine", puis ils se retrouvent avec Thomas "huit jours plus tard", soit, dans les deux cas, le dimanche : nous le savons par les Actes, ce jour est devenu très tôt celui de l'assemblée chrétienne… Par trois fois est prononcé un souhait de paix et de bonheur, particulièrement au début de la réunion… c'était là une coutume que Paul étendra en l'insérant dans la rédaction de ses lettres…

2. En suivant le rythme en trois temps de la présentation de l'évangéliste, il peut être profitable d'entendre les points de rapprochements qui nous invitent à ré-animer en nos assemblées ce que l'habitude risque d'estomper…

= Quelques points sont communs à ces trois temps :

a) une communauté est rassemblée… certes, elle est incomplète au départ… certes elle semble bien timide et paraît refermée sur elle-même… mais elle est communauté et elle est rassemblée. A ce moment, ce n'est pas le Christ qui la convoque directement, les liens qui la soudent se sont forgés au long d'un engagement antérieur de "disciples"… Elle se retrouve spontanément en un lieu de calme et de partage…

b) Jésus manifeste sa présence… L'évangéliste la précise en recourant à des expressions apparemment contradictoires : "il vient" sans se laisser déconcerter par les portes verrouillées et par la peur des participants… mais, d'une certaine façon, "il était déjà là" sans que les disciples en aient conscience.

La chose est facile à comprendre. Au long de la semaine, tant d'occupations retiennent notre attention et ont tendance à estomper la conscience d'une présence permanente de Jésus sur nos routes. Car, en son état de ressuscité, Jésus est le même quant aux sentiments dont il a témoigné visiblement au long de sa vie publique… et pourtant il n'est plus le même… la forme que prend le dialogue qu'il poursuit avec nous est nécessairement différente…

c) C'est là une expérience de ressourcement toujours à reprendre… Le texte nous le rappelle discrètement … de huit jours en huit jours…

= Lumières du premier temps

Après avoir insisté sur l'ambiance de paix qui doit prédominer, " Jésus nous montre ses mains et son côté"… autrement dit il nous recentre sur le triple combat qu'il a mené jusqu'à la mort : combat contre les déformations religieuses… combat contre les dégradations socio-politiques… combat contre les pesanteurs humaines…

Ce combat est devenu le nôtre. Mais le fait que Jésus soit ressuscité fait plus que le relancer. Il nous est certifié que ce combat était le bon puisque Dieu l'a authentifié dans la résurrection personnelle de Jésus. Et, par ailleurs, désormais, toute activité orientée dans ce sens est assurée de "porter du fruit", malgré les conditions difficiles qu'elle peut rencontrer…

C'est pourquoi, "voir" Jésus ressuscité implique, dans l'esprit du disciple, la conviction que la vie peut l'emporter sur la mort, que la joie d'une présence peut dissiper la tristesse du quotidien.

= Lumières du deuxième temps

a) Il serait tentant de vivre ces instants d'intimité avec Jésus de façon individualiste ou d'en faire une "revanche" sur notre quotidien. Pour éviter ce risque, il est utile qu'un deuxième temps nous parle de notre engagement concret de disciple.

Bien entendu, de nombreuses difficultés surgissent à cette évocation. C'est dans la paix que nous devons envisager cet engagement… paix intérieure qui  évite d'être déconcerté… ambiance de paix qu'il faudra traduire en notre action et notre message…

b) Tout en nous rappelant l'avenir qui nous est confié, l'évangéliste l'enrichit d'une triple densité…

* "Comme le Père m'a envoyé, moi-aussi je vous envoie"… Le mot "comme" est important. Certes, au souvenir de l'engagement visible de Jésus, il éclate dans une multitude de directions et valorise aussi bien notre présence au monde que notre dialogue avec ceux qui nous entourent. Mais il nous rappelle le lien privilégié avec le Père qui soutenait intérieurement Jésus, comme notre lien privilégié avec lui peut nous soutenir …

* "Jésus "souffle" sur ses amis", se référant à la présentation du livre de la Genèse (2/7) : " Dieu souffla sur ce qui avait été façonné de la terre et l'homme devint un vivant.". Notre engagement, fut-il modeste ou apparemment insignifiant, est donc participation à une création. L'Esprit que Jésus nous donne est un Esprit de vie, il semble "planer" au dessus du tumulte des événements (1/2), mais c'est à nous de le saisir et de l'insuffler dans le devenir permanent qui caractérise la marche des hommes…

* Notre responsabilité est grande, gardons-nous cependant de la situer à un simple plan moral d'obligation. Elle implique d'abord la conscience de notre efficacité. Jésus a voulu passer par des hommes pour aller aux hommes. Il ne "joue" pas en dehors de nous, pas plus qu'il ne compense les déficits de nos engagements. "Qui vous écoute m'écoute, qui vous rejette me rejette" (Luc 10/16).

c) De façon spontanée, nous aimerions des résultats immédiats; les doutes que nous rencontrons chez les autres usent parfois notre patience ou nous entraînent à la rupture. C'est là que l'exemple de Thomas est enrichissant lorsqu'on approfondit, au delà de son évolution personnelle, ses liens avec la communauté.

= Lumières du troisième temps

a) Nous pouvons d'abord remarquer qu'il n'y a pas rupture entre Thomas et la communauté, ni d'un côté, ni de l'autre. Les disciples ont témoigné, l'apôtre n'a pas adhéré totalement à ce témoignage, il ne se sent pas pour autant exclus puisqu'il se retrouve avec ses amis "huit jours après"… et sa place, "l'un des Douze", n'a pas été prise entre-temps par un autre…

b) C'est la communauté qui l'a alerté et qui est, d'une certaine façon, à l'origine de ses doutes… pourtant c'est dans le cadre de cette assemblée qu'il va progresser de façon personnelle avant d'apporter une adhésion totale à la foi commune. Nous touchons là aux difficultés qui concernent l'organisation et l'ambiance de nos messes. Comment équilibrer une célébration en église, c'est-à-dire en rassemblement de chrétiens et le respect du cheminement de chacun ? Comment répondre à l'exigence légitime d'une majorité qui attend une "nourriture" pour une foi engagée et fournir à la réflexion de quelques-uns des éléments plus particuliers ?

c) Indirectement, l'évangéliste nous éclaire sur cette question. Pour lui, deux points sont essentiels : l'accueil dont nous venons de parler et le centrage sur Jésus… non pas un Jésus venu d'un autre monde ou un Jésus du futur, mais un Jésus actuel et concret…

Mais l'évangéliste ajoute un troisième point en finale du passage. Thomas voulait des "signes"… Il n'avait pas totalement tort… Certains ont bénéficié d'une expérience tangible qui a grandement facilité leur cheminement; celui-ci comportait sans doute, au départ, des difficultés semblables à celles que rencontre Thomas. Il ne suffit pas de se référer à cette expérience, il s'agit de l'exprimer en sa profondeur et d'en dégager ce qui a été "signe".

Certes, les signes qui entraînent la conviction sont forcément différents selon les temps, les lieux et les personnes. Il importe donc de les rassembler de façon très large, sans prétention à en faire une "théorie". Chacun est ainsi mis en liberté de choisir… chacun est mis en confiance par l'ambiance d'amitié et de respect… chacun peut se trouver encouragé par l'expérience des autres tout en disposant "d'approches diversifiées" solides qui lui permettront de construire son propre cheminement.

 

 

Mise à jour le Samedi, 11 Avril 2015 15:24
 
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