Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Fête de la Trinité  

 

 

Actualités

Pas de commentaires précis sur l’évangile cette semaine, mais une réflexion plus large sur la Trinité et sur la façon de la vivre en nous et de vivre de façon trinitaire…

 

Réflexions sur la Fête de la Trinité : les "traces" de la Trinité

= La "formule" trinitaire "Père-Fils-Esprit" reste connue de nos contemporains. Mais il est loyal de reconnaître que la majorité de ceux qui nous entourent ne se posent aucune question à ce sujet et continuent à répéter - ou à entendre - l'expression trinitaire sans y prêter une vraie attention et sans contrôler que leur "pensée spontanée" à ce sujet correspond à la "vérité" des textes. Ce n’est guère réjouissant car, sous le vernis d'un "symbole de foi", se cachent nombre de déformations ou de faux-sens.

Le Père a kidnappé tout l'imaginaire déiste au titre de la toute-puissance et de la priorité d'intervention ... Le Fils a été vidé de toute la densité d'humanité dont témoignait son engagement historique. Il a été réduit à un simple "fusible" qui a permis, autrefois, de "rétablir le courant" entre Dieu et les hommes en situation de perdition ... Quant à l'Esprit, on ne sait pas trop quoi en faire et on le réserve aux manifestations spectaculaires.

Nous sommes bien loin de la pensée initiale qui voulait rendre compte de la place centrale qu'il fallait donner au Christ et à l'évangile pour tenter "d'approcher' le monde divin.

= Il nous faut ajouter que, lorsque la conversation  amène à aborder ce sujet, il s'avère très délicat de répondre. Personnellement nous avons conscience de la richesse dont nous bénéficions dans la dynamique trinitaire, nous voudrions en témoigner et aller au fond des choses, sans nous éclipser derrière les définitions dogmatiques ou nous esquiver en parlant de "mystère". Mais nous sentons alors que le terrain des échanges devient mouvant.

Il n'y a pas de réponses idéales et seul le dialogue permet d'éviter les "formules" théoriques que nos interlocuteurs connaissent tout aussi bien que nous. Cependant, quelques aperçus rapides peuvent vous décomplexer et favoriser le dialogue.

Du bon emploi des jumelles

= Sans le leur dire expressément, il est important de bien repérer le point de disfonctionnement dont souffre la présentation que beaucoup ont "apprise" dans leur enfance. Une comparaison peut aider à le situer assez exactement ; nous pourrions l'appeler "la parabole des jumelles" ...

Les jumelles sont un bon instrument d'optique, à condition qu'on les prenne à l'endroit ! Face à un paysage éloigné dont on veut percevoir plus précisément le détail, il est normal d'y recourir mais, si on les prend "à l'envers", chacun connaît le résultat : le paysage "recule", les particularités sont écrasées dans un panorama miniature, et, le plus souvent, ce qui était encore repérable à l'oeil nu devient si flou qu'on peut y voir n'importe quoi.

Il est vrai qu'en prenant les jumelles "à l'endroit", on perd en poésie ou en rêve. Pourtant on gagne en efficacité. A quoi servirait, en effet, de trouver si poétique la petite fumée que l'on voit à l'horizon alors qu'il s'agit d'une ferme qui est en train de brûler sans que personne ne lui porte secours, au risque d'enflammer le village tout proche?

Il en est de même lorsque nous abordons le monde inconnu des "Questions divines". Il est légitime que nous nous y intéressions et que nous prenions des "jumelles" pour mieux le discerner. Mais il s'agit de les prendre à l'endroit. Nous ne donnons pas n'importe quel visage au Père dont nous parlons, pas plus que nous n'attribuons n'importe quel visage au Fils, pas plus que nous ne concevons n'importe comment le visage de l'Esprit que nous mentionnons. C'est en regardant "au maximum de notre possible" le détail de ces trois "visages" que nous envisageons une unité à leur sujet. Et c'est pourquoi nous considérons l'évangile comme le premier "paysage" qui nous découvre quelques traits de ce monde inconnu. Certains peuvent nous reprocher de le "grossir" exagérément et exclusivement. Mais, il nous faut leur rappeler que, pour nous, l'évangile n'est pas le terrain exclusif du Fils, il nous éclaire tout autant sur le Père et sur l'Esprit dont nous vivons actuellement.

Or, dans le passé, cet équilibre d'optique a été rarement respecté. Sous prétexte qu'il s'agissait de questions divines, on a pris le plus souvent les jumelles à l'envers; on est parti dans de grandes théories théologiques préconçues qui en appelaient à la "grandeur de Dieu" ou à des "raisons de convenance" propres à une époque. On pensait peut-être voir ainsi plus loin. On a tout simplement enfoncé la pensée chrétienne "dans le brouillard". En sommes-nous sortis.

Tenir les jumelles "à l'endroit"

En vue de clarifier la présentation vis-à-vis de notre entourage, nous pouvons avancer quelques remarques plus précises.

= Beaucoup ne perçoivent la diversité des religions qu'à travers le "folklore" que rapportent les actualités télévisées. Celles-ci ne sont pas en cause, car c'est en partant de la forme que, normalement, il est possible de rejoindre le fond. Mais le danger demeure de se limiter à une appréciation superficielle.

La diversité des religions s'enracine bien au delà, elle naît de la conception différente qui affecte les groupes humains à propos du "monde inconnu" dans lequel baigne leur propre civilisation. Contrairement à ce que l'on avance souvent, la vision de "l'un" n'est pas la même. Il ne suffit pas de se réjouir du monothéisme auquel certains penseurs ont abouti, c'est là une "illusion de vocabulaire", car, les "visages donnés à Dieu" sont différents et engendrent nécessairement des "visages différents" pour ce qui est des hommes et de leurs relations mutuelles.

= Dans la perspective trinitaire, théoriquement, deux approches se présentent à l'esprit humain lorsqu'il veut en rendre compte: ou bien nous donnons priorité à "l'un", autrement dit à la conception divine telle que notre imaginaire nous la suggère et, en partant de cette unité préalable, nous nous attachons à trois activités fortement marquées par elle… Ou bien nous procédons en mouvement inverse au nom de notre ignorance foncière sur "l'un"; nous prêtons attention à la triple activité que nous discernons "à notre niveau" et nous la laissons nous éclairer sur son "mystère".

= D'ailleurs, les évangiles situent à ce point la rupture entre Jésus et la religion juive. Si les juifs ont refusé la messianité de Jésus, c'est que le style qu'il adoptait remettait en cause le sens de Dieu qu'avait peu à peu élaboré leur civilisation. Effectivement, au début de notre ère, ce peuple portait un sens de Dieu très évolué, qui le situait en avance sur le monde polythéiste païen et même sur la sagesse grecque. Le "progrès" qui Jésus proposait à la pensée juive n'était donc pas "contre nature", bien au contraire. Mais il appelait un "en avant" qui obligeait à sortir de la stabilité qu'apportait la "tradition" en ce qui concernait le "Dieu d'Israël".

= Sous cet angle, l'erreur du passé récent est facile à préciser. Les multiples vicissitudes de l'histoire de l'Eglise ont permis, en milieu chrétien, l'introduction du déisme, véritable "virus" qui a remplacé le "Dieu de Jésus-Christ" par le "Dieu des philosophes et des savants". Sur le moment, cette substitution avait le mérite d'apaiser les tensions, mais elle laissait croire à la possibilité d'une conception commune de l'un. Catholiques et protestants sont tombés dans le piège et nous n'en sommes pas sortis. La plupart de nos contemporains "pensent" Dieu selon un mélange inextricable d'enseignements infantiles, de rêves et d'espérances, d'affrontements concrets avec les épreuves et les souffrances… ils ne le pensent pas selon l'évangile.

Du connu à l'inconnu … présenter les choses "dans le bon ordre"

* A proprement parler, nous n'avons pas à "croire" à la Trinité, comme s'il s'agissait d'un monde totalement étranger au nôtre et dont la connaissance interviendrait "à partir de zéro". Cette impression résulte souvent d'un lointain catéchisme où  les "formules" s'ajoutaient les unes aux autres au sujet des multiples domaines qui nous restent inconnus. Jésus en aurait révélé le secret à ses amis à charge pour eux de nous le transmettre. De plus en plus nettement, nous percevons qu'il n'en a pas été ainsi et que nous avons à découvrir en toute sa richesse le triple "visage" que Dieu a adopté pour rejoindre tout homme et le soutenir en vue de son épanouissement.

L'approche de la Trinité se doit d'être pédagogique et donc progressive au triple niveau de sa perception, de sa compréhension et de son assimilation. En multipliant des "explications" ou des "preuves" qui ne peuvent être que relatives en un domaine qui nous échappe et nous échappera toujours, nous risquons de décentrer l'accueil du triple "visage" que nous reconnaissons au monde divin…

1. En préambule, nous pouvons être alertés par les traces d'un "visage trinitaire" lorsque nous regardons la structure du monde et les conditions qui s'imposent aux plans personnels et communautaires pour l'épanouissement des hommes, l'évolution harmonieuse des sociétés et la bonne marche de l'histoire. 

Il nous faut cependant rester très discrets à ce sujet. Les études sur le symbolisme rendent compte de l'application qui a été faite en de nombreuses traditions religieuses à partir d'une observation accessible à tous. Il est hasardeux d'y voir des "germes prophétiques" de la Trinité divine alors que ce regroupement se révèle très spontané et très pratique pour exprimer rapidement une "totalité" qui assume la "diversité". Même si la vision en 3 D semble permanente, il ne s'agit pas là de "preuves". La rotondité de la terre a mis en cause la géométrie euclidienne et les savants actuels nous parlent d'un univers en multiples dimensions.

2. Néanmoins, la "piste personnelle" peut être évoquée au titre de la possibilité. Saint Augustin y voyait comme une "porte d'accès" à ce qui reste "mystère" au delà d'autres "mystères" qui nous restent plus "concevables". De façon évidente, chacun de nous est lui-même trinité… Au long de notre existence nous assumons une diversité de situations susceptibles d'être regroupées autour de trois pôles: pôle de paternité en multiples formes de créations : matérielles, professionnelles, familiales ... pôle de fraternité en nombreuses solidarités avec nos contemporains, proches ou lointains ... dynamisme d'un esprit qui donne souffle aux différentes communautés où nous sommes amenés à nous insérer.

Père, fils et esprit, nous le sommes donc en unité de notre personnalité, même s'il reste vrai que chacune de ces facettes peut être perçue isolément par les membres de notre entourage. Que ce soient parents, épouse, enfants, collègues ou, amis... lorsqu'ils en discutent, leurs présentations peuvent ne pas être identiques ... Nous ne nous sentons pas "découpés" pour autant, car nous n'avons pas conscience d'être "autre" dans un cas ou dans l'autre. Au contraire nous revendiquons le fait d'être nous-mêmes "un" au nom du "mystère" intérieur qui fait de chacun de nous une vraie personne, consciente et libre.

3. Lorsque nous abordons les "questions divines", nous entrons dans un autre domaine que celui de l'expérimentation. Il importe donc, lorsque nous en parlons, de bien relativiser le vocabulaire que nous employons. Nous sommes contraints de recourir au seul mode d'expression dont nous disposons, à savoir le mode symbolique. Certains mots courants nous permettent de préciser quelque peu ce qui concerne la forme, mais nous devons admettre qu'un fond "mystérieux" nous échappe et que ce fond mystérieux appartient à la réalité que nous abordons de façon encore plus intime que nous ne saurions l'exprimer. La meilleure illustration est celle de l'iceberg dont la partie émergée signale la présence mais dont la partie immergée plonge si profond qu'elle en devient inaccessible.

En nous limitant à la forme, nous disposons de quelques signes "raisonnables" pour reconnaître le soutien actuel que nous voyons émaner du monde divin, en faveur de l'homme, du monde, de l'histoire et de tout ce qui est vie. Il n'est donc pas contradictoire avec ces signes que nous regroupions nos intuitions autour des trois activités dont nous nous reconnaissons bénéficiaires : activité de création, activité d'animation, activité de rayonnement.

Il ne s'agit pas pour nous de théorie ou d'illusion, il s'agit de réalités vécues. Nous avons quelque mal à les exprimer en délimitant leurs contours. Nous les désignons en empruntant à ce qui est le plus expressif de la psychologie humaine : Père, Fils, Esprit. Chacun peut admettre que ce n'est pas faux en rapport à ce qui est suggéré, tout en étant très restrictif et très imparfait. La paternité humaine reste elle-même une grande inconnue, aussi bien dans ses origines que dans ses interférences psychologiques. Parce qu'il nous a suggéré ce modèle de pensée, nous avons pris l'habitude de situer Jésus en Fils mais d'autres termes conviendraient tout autant : frère des hommes, Parole de Dieu. Quant à l'Esprit, ce nom a été choisi pour concentrer une activité qui nous échappe encore plus que les précédentes.

4. Une certaine "logique" trinitaire se dégage ainsi de ce que nous percevons des relations que le monde divin entretient avec nous. Il en émane, à notre niveau, une question "raisonnable": cette logique n'a-t-elle pas un fondement en Dieu ? Autrement dit, en partant de ce que nous constatons de sa manifestation, ne sommes-nous pas éclairés sur son être intime, sur la "face cachée de son mystère", ou, si l'on préfère, sur certains traits de la "source" dont nous bénéficions.

C'est à ce niveau que se propose la vision trinitaire, à la suite de l'enseignement et du témoignage de Jésus. Elle revient à référer à la vie même de Dieu ce qu'il nous est donné de percevoir de sa sensibilité, de ses espoirs et de ses choix dans "l'actualité" de sa présence. C'est là une intuition qui nous entraîne à changer de plan. Et c'est ce changement qui est rarement perçu en raison de la permanence du vocabulaire. Nous nous situons désormais au plan de la foi. Les mots continuent d'être reçus dans leur sens élémentaire alors qu'ils deviennent de plus en plus inadéquats. Et "l'imaginaire" qu'ils suscitent spontanément trahit souvent le contenu même de ce qui veut être exprimé.

Il faut donc sans cesse le redire. Nous pouvons évoquer symboliquement la vie divine, nous ne pouvons pas la formuler conceptuellement. Parler de la Trinité ne fournit pas de "clichés" qui permettent de reconstruire de façon précise la vie différenciée qui rejaillit sur nous et semble nous intégrer dans son bouillonnement.

Admirer le paysage … une triple animation de notre vie humaine

Malgré une fragilité inévitable, le "plan de départ" demeure et il n'y a aucune raison pour que les chrétiens n'en profitent pas pleinement

La présentation d'un Dieu Trinité est pour nous une manière de traduire un sens de Dieu très riche, et très riche dans son rapport à notre humanité. Nous ne méprisons pas ceux qui se réfèrent à une autre vision de Dieu, mais nous ne pouvons être d'accord avec eux. De notre point de vue, le "visage" qu'ils donnent à Dieu nous semble trop pauvre, trop étriqué, trop inhumain aussi, car le visage de Dieu renvoie toujours à un certain visage de l'homme.

La présentation d'un Dieu Trinité  souligne la densité humaine de l'évangile. Nous créditons Jésus d'une présence du monde divin parmi nous, présence immédiate et historiquement visible, présence qui "fait le poids" au titre de l'épanouissement personnel et de l'harmonie communautaire.

Il est dommage que tout ait été englué dans une vision pessimiste qui ne cadrait pas exactement avec l'humanisme qui avait été vécu et dont les témoins nous ont fort heureusement enrichis par leurs écrits. Certes, la condition humaine nous impose des limites, mais il est dommage que les pesanteurs du sentiment religieux aient occulté un apport dynamique au bénéfice d'un déisme facile et utilitaire.

La présence d'un Dieu Trinité nous certifie également sa présence comme un devenir à construire, comme conjuguant en même temps et dans la même mesure l'engagement de l'homme et l'engagement de Dieu. L'action de l'Esprit nous est connue dans son sérieux d'intelligence allié au sérieux du respect de notre liberté.

Redonner valeur au "vocabulaire" trinitaire

Ce que nous venons d'analyser concernant les difficultés de vocabulaire peut excuser la "monotonie" dont a toujours souffert l'expression de la foi trinitaire. Un exemple très significatif se retrouve dans l'envoi trinitaire qui termine nos messes. Il est souvent présenté comme une "bénédiction" qui ferait le plein de protections. C'est là une conception réductrice. Il ne nous est pas demandé de "multiplier par trois" les énoncés et de "diviser par trois" les activités. Il nous est demandé de "diversifier" ce qui risque d'être perçu de façon "réduite" sous couvert d'unité.

Si l'envoi est formulé de façon trinitaire, c'est pour nous inviter à oser  une semaine qui soit elle aussi trinitaire, c'est-à-dire épanouissante au triple niveau qui nous sollicite. Nous avons à construire, nous avons à partager, nous avons à animer.  Pas construire seulement, pas partager seulement, pas animer seulement... les trois à harmoniser malgré une diversité d'engagements et d'activités.

Ce faisant, nous sentons combien l'influx qui nous a été donné durant la messe était trinitaire... que ce soit le regard sur la semaine passée, la lumière de l'évangile ou le signe du pain partagé... Cet influx était trinitaire, non seulement dans sa source mais également dans la manière dont il était distillé en nos intelligences et nos personnes...Quant à l'accompagnement divin qui soutiendra et partagera notre semaine, il ne pourra être que trinitaire... car ainsi est structuré le monde qui a été remis entre nos mains et ainsi doit être orientée son histoire par une action conjuguée de Dieu et des hommes.

Mise à jour le Jeudi, 16 Juin 2011 08:02
 
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