Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année A : Dimanche de la Trinité

Année A : Dimanche de la Trinité

 

 

Sommaire

Actualité

Evangile : Jean 3/16-18

Textes et commentaires proposés antérieurement pour le dimanche de la Trinité.

Précision de vocabulaire : le nom

Contexte des versets retenus par la liturgie

Piste possible de réflexion : à la convergence de deux "aventures"…

 

 

Actualité

Que de difficultés pour parler du Dieu trinitaire à nos contemporains. Face à un si grand mystère, et aux mille questions qu’il provoque, il est plus que jamais nécessaire partir des perspectives que nous offre le Christ.

Evangile

Evangile selon saint Jean 3/16-18

c) Dieu a ainsi aimé le monde qu'il a donné son Fils unique 

afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.

d) Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde afin de juger le monde, 

mais afin que, par lui, le monde soit sauvé.

c') Qui croit en lui n'est pas jugé 

qui ne croit pas est déjà jugé car il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Précision de vocabulaire

Le "Nom" est devenu pour nous une désignation conventionnelle. Pour les anciens, il exprimait la personne elle-même. Nous trouvons là quelques restes de magie. Connaître le nom, le prononcer d'une façon juste, c'est pouvoir exercer une puissance sur l'être ou sur l'objet. Ceci concerne en priorité le nom divin, il exprime l'essence même de la divinité, ses prérogatives, ses attributs, ses qualités.

Textes et commentaires proposés antérieurement pour le dimanche de la Trinité

En Année B, la liturgie reprenait la finale de l'évangile de Matthieu, 28/16-20, un des rares passages d'évangile où nous trouvons la mention trinitaire en expression assez proche de celle que nous connaissons. Nous l'avons lu en année A au jour de l'Ascension. Le commentaire proposait d'insister sur la richesse de personnalité qui émane du témoignage de Jésus: plénitude d'humanité, plénitude de créativité, plénitude d'universalité.

En Année C, la liturgie unissait les deux dernières mentions de l'activité de l'Esprit après la résurrection selon le Discours après la Cène, Jean 16/12-15 : souvenir du témoignage historique de Jésus et construction de l'avenir sur cette base.

En première piste, nous proposions de repérer "les traces de la Trinité" en conseillant de "tenir les jumelles à l'endroit" pour aller "du connu à l'inconnu". En deuxième piste, nous proposions d'approfondir le lien Père-Fils dans la  continuité des évangiles des 4ème et 7ème dimanches de l'année C.

Contexte des versets retenus par la liturgie

* Les versets que nous venons de lire sont extraits de l'entretien de Jésus avec Nicodème. Face aux questions que posaient les premiers engagements de Jésus (signe de Cana et expulsion des vendeurs du Temple), l'évangéliste précise les évolutions qui s'imposent. Nicodème symbolise l'évolution nécessaire pour passer du judaïsme à la foi chrétienne. L'épisode de la samaritaine lui est associé comme symbole de l'évolution du païen pour accéder à la même foi.

Le passage de ce dimanche centre sur la foi en Jésus. Il apparaît très artificiel d'en faire ressortir un commentaire sur la question trinitaire. Pour cela, il faudrait remonter au début de l'entretien lorsque Jésus mentionne, pour un juif, l'exigence de "renaître d'eau et d'Esprit".

* Comme de nombreux passages du 4ème évangile, l'ensemble de l'entretien de Jésus avec Nicodème semble avoir été l'objet de compositions successives. Si l'on extrait le témoignage de Jean-Baptiste sur Jésus (3/22-30), il en ressort une disposition symétrique selon le procédé littéraire du chiasme. Les versets 3/31-36 achèvent le développement de façon "logique". Les références trinitaires y sont d'ailleurs beaucoup plus claires.

En voici la disposition, à partir de la phrase d'introduction: "Si quelqu'un ne naît pas d'eau et d'Esprit il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu... 

"a) Nous parlons de ce que nous savons et nous témoignons de ce que nous avons vu mais notre témoignage, vous ne le recevez pas : Personne ne monte au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.

b) Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme afin que quiconque croit, ait, par lui, la vie éternelle.

c) "Dieu a ainsi aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.

d) Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde afin de juger le monde, mais afin que, par lui, le monde soit sauvé.

c') Qui croit en lui n'est pas jugé, qui ne croit pas est déjà jugé car il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

b') Tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière, car leurs "œuvres" étaient mauvaises ... Car quiconque accomplit des choses de mauvaise qualité, hait la lumière et ne vient pas à la lumière de peur que ne soient dénoncées ses "œuvres". Mais qui fait la vérité, vient à la lumière afin que ses "œuvres" soient manifestées parce qu'elles ont été faites en Dieu.

a') Celui qui vient du ciel témoigne de ce qu'il a vu et entendu, mais son témoignage, personne ne le reçoit. Qui reçoit son témoignage certifie que Dieu est vrai, car Celui que Dieu a envoyé, dit les paroles de Dieu et il ne donne pas l'Esprit avec mesure

Le Père aime le Fils et il a tout donné en sa main. Qui croit au Fils a la vie éternelle. Qui résiste au Fils ne verra pas la vie."

Le mot "œuvre" doit être pris dans le sens religieux que lui donnaient les juifs, et particulièrement les pharisiens. Il s'agissait pour eux "d'être juste", c'est-à-dire de mener une vie conforme à la volonté de Dieu exprimée dans la Loi. Trois grandes "œuvres" se dégageaient ainsi: le jeûne, la prière et l'aumône.

Dans le cadre de l'entretien avec Nicodème, les versets retenus par la liturgie traitent donc du point exact où se détermine le jugement. Le salut doit être visionné dans la foi en Jésus et non dans des "mérites" accumulés grâce aux "œuvres". Nous sommes assez proches de la critique qu'adressait Matthieu en 6/1 à l'encontre de l'hypocrisie religieuse.

* Une similitude de composition et de vocabulaire invite à un rapprochement avec les versets 12/46-48. Il s'agit du dernier entretien public avant le jeudi-saint. Il est introduit par une double mention: l'incrédulité d'une majorité de juifs et les hésitations de quelques "notables" qui croient en Jésus tout en hésitant à se déclarer. Dans ce cadre, le passage de ce dimanche trouve un écho complémentaire. "Croire au nom de Jésus" passe par l'écoute de sa Parole.

"c1) Moi, lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.

d1) Si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde pas, moi, je ne le juge pas. Car je ne suis pas venu afin de juger le monde mais afin de sauver le monde.

c'1) Qui me rejette et ne reçoit pas mes paroles a son juge: la Parole que j'ai dite, c'est elle qui le jugera".


Piste possible de réflexion : à la convergence de deux "aventures"…

En abordant le dimanche de réflexion sur la Trinité, il est normal de penser aux difficultés rencontrées pour présenter cette vision de foi à nos contemporains. Les difficultés sont réelles et il est essentiel de ne pas les minimiser.

Il importe cependant de ne pas s’y enliser. Dans ce but, nous pourrions prolonger la perspective qu'ouvrait l'évangile du 7ème dimanche après Pâques à propos de la diversité des visages que les hommes donnèrent  à Dieu au cours de leur histoire. La perspective trinitaire s'y intègre assez naturellement car elle n'est pas intervenue comme une météorite tombée brutalement du ciel. Bien au contraire, elle s'est située et continue de se situer à la convergence des deux longues "aventures historiques" dont nous sommes les héritiers, l'aventure "tâtonnante" des hommes dans leur recherche de Dieu et l'aventure "étrange" de Dieu dans sa présence au cheminement des hommes.

Actuellement ces deux histoires sont mieux connues grâce aux recherches relatives aux civilisations religieuses anciennes. S'y ajoutent les multiples informations que nous fournissent les médias soucieuses de mondialisation. C'est ainsi que se découvrent davantage aujourd'hui l'ancienneté et la sagesse de la pensée extrême-orientale. Même s'il ne s'agit là seulement de quelques "pointillés" sur une route qui se compte en millions d'années, ces jalons constituent un terrain ferme de réflexion. Nous pouvons y puiser une intelligence plus précise de nos convictions et une meilleure réponse aux questions de notre entourage.

1er point: l'aventure "tâtonnante" des hommes dans leur recherche de Dieu

* Il nous faut sortir du schéma simpliste qui avait fini par prévaloir dans le monde occidental lorsqu’ étaient abordées la naissance et la diffusion des religions anciennes. La présentation était des plus primaires: on distinguait ceux qui avaient cru au vrai Dieu et ceux qui n'y avaient pas cru. Les uns avaient eu la possibilité d'être sauvés, les autres étaient désormais condamnés. L'essentiel de l'histoire passée résidait dans une "montée" progressive vers la conception d'un Dieu unique et la foi en Jésus. Tout le reste n'était que préparation ou balbutiement dans l'erreur. Il ne valait pas la peine de s'y attarder.

En outre, une grande suspicion planait sur ce qui avait été vécu par les "païens" dans l'ordre moral ou l'ordre humaniste. Les présentations insistaient sur le caractère provisoire de l'éclat qu'avaient revêtu certaines civilisations. Il importait au contraire d'en souligner les misères cachées. En un mot, hors des frontières du monde occidental, il ne pouvait s'agir que de "primitifs", plongés dans l'erreur, attachés à des traditions superstitieuses et peu soucieux des valeurs qui faisaient "la gloire de notre culture".

* Malheureusement, cette opinion pleine de suffisance s'appuyait sur certains passages bibliques et les durcissait. Dans le cadre de civilisations où politique et religion étaient étroitement liées, nous comprenons les craintes des prophètes alors que les dieux de leurs vainqueurs semblaient les plus forts. Leurs invectives contre les idoles prévenaient le reniement possible de leurs contemporains. Paul a joué également un rôle influent. Nous partageons pleinement sa foi dans le salut qu'apporte Jésus, mais rien ne nous contraint à faire nôtre l'analyse pessimiste qu'il accentue dans sa lettre aux Corinthiens. Fort heureusement, nous trouvons dans les évangiles, particulièrement chez Jean, une vision plus équilibrée.

* Il nous faut sortir de cette séparation artificielle et il nous faut en sortir d'abord au nom de l'histoire. Nous ne pouvons ignorer la valeur et la grandeur religieuses de nos ancêtres. Nous ne pouvons pas réduire leurs soucis à un pur matérialisme, ni à un obscurantisme sans idéal.

Ils se sont posés des milliers de questions à propos du monde inconnu qui les entourait et ils ont émis des milliers d'hypothèses à son sujet. Ils ont cherché en des milliers de rites différents à attirer ou conjurer les forces dont ils redoutaient les effets. Ils ont creusé de multiples directions, que ce soit du côté de la nature, du côté de l'histoire ou en eux-mêmes comme la pensée extrême-orientale. Ils ont assumé des milliers d'échecs et ont souffert de milliers de désillusions.

A partir du peu que nous pouvons en connaître, nous repérons des avancées très nettes en sens de Dieu, en sens de l'homme, en sens d'organisation des sociétés. Nous sommes même étonnés de certaines intuitions qui se rapprochent des nôtres. C'est ainsi que l'idée d'un être en relation de filiation divine avec une divinité était, d'une manière ou d'une autre, largement répandue dans le monde antique. Mais nous déplorons également des reculs. C'est ainsi que l'hypothèse d'une "progression" vers le Dieu unique se révèle de plus en plus fragile. Par ailleurs, le visage "théorique" qu'en avaient tiré certaines civilisations apparaît bien en retrait de la densité de proximité que d'autres groupes conféraient à leurs dieux coutumiers.

* En conversation courante, gardons-nous de tirer des conclusions hâtives en insistant sur la multiplicité et la diversité qui dominent ce bilan. La plupart de nos contemporains font les mêmes erreurs de jugement que les chrétiens à ce sujet. Soyons les premiers à les ramener à l'ambiance de sérieux qui doit présider à toute présentation de notre foi.

Au nom même de Jésus, la recherche passée ne peut être présentée comme une impasse, même si, de fait, elle s'est heurtée à un inconnu. Il est certain que nous sommes amenés à en sortir, mais il nous faut partir de la réflexion profonde que les anciens ont menée avec intelligence et ténacité.

D'ailleurs nous devrions être les premiers à nous garder de certaines illusions ou de la fausse assurance que secrète l'imaginaire habituel. Nous aussi, nous sommes bien hésitants, ne serait-ce qu'en constatant la relativité de notre vocabulaire. Lorsque nous appliquons à Dieu le nom de Père nous savons bien que ce mot ne peut s'appliquer en son sens habituel. De même Jésus ne peut pas être dit Fils de Dieu au sens où nous sommes fils et fille de nos parents et nous ne pouvons pas "plaquer" sur ses sentiments ceux que nous éprouvons en ce domaine. Quant au mot "personne", sa résonance a été totalement inversée depuis son emprunt timide au vocabulaire du monde grec des premiers siècles.

2ème point: l'aventure "étrange" de Dieu dans sa présence au cheminement des hommes

De même que nous parlions d'un schéma simpliste concernant la recherche religieuse de nos ancêtres, de même il nous faut dénoncer le schéma tout aussi simpliste qui présentait autrefois l'engagement divin en vue du salut des hommes.

* Le mot "étrange" peut sembler ne pas convenir à propos des interventions divines. Pourtant, face au déisme ou au rationalisme qui ont marqué l'esprit religieux des derniers siècles, face à la crédulité qui continue d'être assimilée à la foi, le mot convient parfaitement.

Bien entendu, lorsque nous parlons "d'étrangeté" nous nous situons au plan des clichés majoritaires qui marquent l'esprit de nos contemporains. Tout en percevant leur fragilité, beaucoup s'en contentent et finissent par leur conférer une "certitude" qu'ils sont loin d'avoir. Il n'est pas question d'accabler d'une critique systématique mais d'inviter à une autre approche, tout aussi "concevable" et même plus admissible selon les modèles de pensée actuels.

Il nous faut le redire; la foi chrétienne ne crée pas les points sensibles que pose la présence d'un monde inconnu, elle les "écoute" et y réfléchit. Elle ne cherche pas à découvrir les secrets d'un monde qui restera toujours inconnaissable et inconcevable. Elle vise simplement à mieux harmoniser nos rapports avec la personnalisation que nous soupçonnons en lui. A certaines époques, l'évolution des sensibilités, le progrès des connaissances permettent une avancée dans cette réflexion. Nous y sommes aujourd'hui.

* Dans le contexte actuel, il est relativement facile de faire émerger plus précisément quelques-unes de ces constantes.

1ère temps fort: la création

Elle se situe naturellement en premier et son "style" est caractéristique de celui que nous retrouverons en permanence: la "discrétion" y domine. Le contraste est de plus en plus accentué. Les savants accumulent les précisions sur l'infiniment grand qui régit le cours du cosmos et sur l'infiniment petit qui tisse la complexité de notre nature. Et pourtant nous continuons d'en bénéficier de façon tempérée, parfaitement adaptée à notre situation.

Ceci ne nous empêche pas de rester quelque peu interdits par l'intelligence qui s'y manifeste et l'harmonisation qui en résulte au plan de la nature, au plan des personnes, au plan des rapports communautaires. Nous sommes particulièrement interpellés par la place privilégiée qui est attribuée à l'homme, à sa participation, à son devenir, à sa liberté. Certes, à son sujet, les courants contraires demeurent nombreux et par les médias nous en connaissons plus précisément l'étendue universelle. Le problème du mal sous toutes ses formes, la présence de la souffrance et de la mort, autant d'éléments qui remettent en cause les aspirations à notre plein épanouissement. Il n'empêche que la vie personnelle ne cesse de renaître et d'entretenir un unique et vaste mouvement de devenir.

2ème temps fort: la dualité des "sens de Dieu" adoptés par les anciennes civilisations.

Nous aimerions en savoir davantage sur la dualité des sens de Dieu que les recherches actuelles font remonter très loin. Car leurs interférences dessinent le fil conducteur qui semble régir le déroulement complexe de "l'histoire sainte" postérieure.

En étudiant la vieille civilisation sémitique nomade, il apparaît qu'elle s'était construite sur un sens de Dieu très particulier: Dieu proche et ami des hommes, dieu accompagnant le clan dans ses pérégrinations, le protégeant constamment de sa présence et de son soutien, orientant sa marche selon une promesse faite aux ancêtres. Cette foi avait suscité une civilisation très sensible aux valeurs personnelles et aux valeurs communautaires.

Les peuples environnants se caractérisaient au contraire par un autre "visage de Dieu". Celui-ci était honoré comme le Maître qui règle le fonctionnement de la nature, cette nature dont la fertilité immédiate était attendue au rythme des saisons. Il s'ensuivait une distance entre l'homme et celui qui régissait des forces bien mystérieuses. Nous constatons que les réflexes religieux se coloraient d'individualisme et de matérialisme, en un mot la personne perdait de son humanité. Nous retrouvons ce visage dans la plupart des religions, anciennes et modernes.

Actuellement, il est possible d'affirmer l'ancienneté de la pensée sémitique. Les auteurs bibliques partageaient d'ailleurs cette intuition en présentant les Patriarches comme appartenant à un monde nomade très ancien. Nous bénéficions également de quelques indices pour constater l'influence de la sédentarisation dans le glissement de l'un à l'autre. Mais nous manquons de documents pour remonter aux "racines" de cette diversité et éclairer la manière dont elle s'était forgée.

3ème temps fort: l'histoire du peuple juif

Ce sont bien ces deux sens de Dieu qui vont s'affronter au long des siècles qui précèdent notre ère dans le cadre historique du peuple juif. Les prophètes et les Ecritures ramènent sans cesse vers le sens sémitique, enrichissant peu à peu cette vision et luttant constamment contre les pesanteurs qui attirent dans l'autre sens.

Actuellement, la présentation des événements a été libérée des expressions épiques et symboliques qui caractérisaient les genres littéraires d'autrefois. Nous retrouvons ainsi le terrain ferme des constantes dont nous parlons.

Le peuple d'Israël n'a pas été une création extra humaine, entretenue artificiellement dans son intégrité face aux aléas des circonstances. Il est né comme bien d'autres peuples, selon un processus complexe et il n'a jamais émergé en grande puissance, son existence même fut souvent menacée. La réflexion de ses penseurs se construisit sans grand éclat sur plusieurs siècles. Nombre de courants qui contribuèrent à sa pensée se retrouvent séparément en d'autres civilisations. Les circonstances de leur apport furent variées dans le temps et dans leur impact précis.

Et pourtant nous percevons le vaste mouvement d'intelligence qui enveloppa et porta inlassablement cette histoire. Il en est sorti une synthèse étonnante en sens de Dieu, sens de l'homme, sens de la vie et du monde. Jésus n'hésita pas à s'appuyer sur ce patrimoine et à en relancer la vitalité. Ses critiques portaient au contraire sur les déformations qui trahissaient la pensée ancienne et elles nous permettent d'en voir l'intrusion aux approches de notre ère.

4ème temps fort: le témoignage visible de Jésus…

Les évangiles font plus que nous fournir le détail de cet engagement. Elles font ressortir la tension que durent assumer les témoins immédiats. Ils se sentirent concernés par le "mystère religieux" qui sollicitait leur foi à la lumière du passé… et il leur fallut dominer les hésitations qu'engendraient les constantes dont nous parlons. Il est donc très facile de faire ressortir comme "historiques" les qualités de discrétion, d'intelligence, d'humanité, de vitalité que chacun peut percevoir dans les paroles et les actions de Jésus. 

5ème temps fort: la marche de l'Eglise vers l'universalité

Il en est de même dans la marche de l'Eglise vers l'universalité depuis deux mille ans. Pourtant, en conversation courante, le regard sur ce dernier temps est souvent encombré de préjugés et d'erreurs historiques. Un long développement serait nécessaire

En conclusion 

Une dernière remarque, d'ordre historique,  peut retenir l'attention de nos interlocuteurs. En prenant de la distance par rapport aux événements, de façon plus vaste, nous remarquons le rythme de leur enchaînement au fil des siècles. 1. L'engagement divin apparaît toujours nouveau au sein d'une réalité complexe… 2. Malheureusement, il se heurte le plus souvent à des résistances et à des contradictions qui mettent en péril son apport positif initial… 3. un échec concret semble en marquer l'issue… 4. et voici qu'une initiative nouvelle resurgit, à la fois imprévue et pourtant harmonisée avec le positif que portait l'étape précédente…

La convergence de ces deux aventures historiques ne débouche pas automatiquement sur une conception trinitaire. De même les remarques concernant "l'étrangeté" de Dieu dans sa présence au cheminement des hommes n'autorisent pas n'importe quelle présentation. Il s'agit plus d'une ambiance de sérieux qui se révèle préalable à tout échange.

Pourtant nul ne peut nier le travail discret de création qui sous-tend notre environnement dans un désir de paternité réussie… Par ailleurs, le peu que nous connaissons de l'aventure humaine traduit une activité patiente en vue de l'épanouissement personnel de chacun… Situer les chocs historiques en référence à la grandeur, la liberté et le devenir des hommes n'est pas une utopie… ce fut la triple perspective que Jésus imprima visiblement à son propre combat. Tout cela vécu sans déploiement spectaculaire, sans "miracle" au sens habituel du mot, mais en animation d'Esprit soucieux de dialoguer avec les esprits humains si divers qu'ont modelés les temps et les lieux.

Mise à jour le Samedi, 14 Juin 2014 07:48
 
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