Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année B : 1er Dimanche de Carême  

 

 

 

 

Sommaire

Actualité : entrer en carême

Evangile : Marc 1/12-15. Jésus : du désert à la Galilée

Contexte des versets retenus par la liturgie

Répartition des textes de la liturgie du carême

Textes et commentaires proposés antérieurement au premier Dimanche de carême

Piste de réflexion : réajuster notre vision de jésus

Tableau récapitulatif : trois regards sur jésus et douze points pour nourrir votre prière durant le carême

Actualité

Au Mercredi des Cendres, la page de Matthieu proposée comme Prologue au Carême nous laisse finalement une grande liberté d’organisation. A l’indicatif de jeûner, prier et faire l’aumône, est joint le seul impératif de discrétion, mieux de délicatesse, condition sine qua non d’une récompense (comprenez : ‘une plus grande joie’) dans le Royaume des Cieux.

Trois domaines sont privilégiés : la valeur du partage avec l’aumône, l’importance de temps forts pour rencontrer le Seigneur avec la prière, l’exigence d’un certain renoncement avec le jeûne.

Les cinq dimanches qui suivent sont comme cinq actes où se joue la dramatique divine et dont le dénouement sera Pâques.

Acte Premier : au désert, pour y être tenté.

Acte 2 : sur la montagne, pour y être transfiguré

Acte 3 : au Temple pour chasser tout commerce spirituel

Acte 4 : avec Nicodème, pour comprendre le salut

Acte 5 : avec ces « quelques Grecs » pour comprendre la Passion

La distribution des personnages est la suivante:

Le  jeune premier du Carême, c’est le corps

Le personnage principal, c’est le pauvre

Le serviteur fidèle, l’adjuvant, c’est le Christ, bon Samaritain (et son Eglise).

Le méchant, l’opposant, c’est le Diable, le Tentateur, le Démon (et ses Légions)

L’héroïne c’est l’humanité, sous la figure de Nicodème et de la Samaritaine (Nicodème, le salut pour les Juifs et la Samaritaine, le  salut pour les païens)

L’unité de lieu, c’est le désert, l’unité de temps, une quarantaine, l’unité d’action, la conversion.

La Bonne Nouvelle finale, qu’il ne faut pas seulement comprendre ou entrevoir, mais qu’il faut épouser, c’est que Le Christ a anéanti toute fatalité tragique : par Lui, le péché et la mort sont vaincus…Pour tous!  Cela mobilisera notre être dans une marche unanime vers une fin qui le ramasse tout entier : nous sommes des ressuscités.

Le héros du Carême, c’est le corps

Le héros du Carême, c’est le corps.

Ce corps, nous allons le faire jeûner; ce corps, nous allons le faire veiller. Jeûner et veiller ! Pourquoi ?

Non pas ascèse vaine ou mortification orgueilleuse. Non pour châtier la chair, mais pour la spiritualiser. Il est bon d'éprouver par tous nos sens que nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes, que nous sommes dans la main de Dieu. Or le sommeil et la satiété nous le font oublier. Nous allons donc jeûner pour décoller du biologique, jeûner pour ressentir la vraie soif ; nous allons veiller pour terrasser l’obscurité, veiller pour mesurer l’irréalité de nos fantasmes. (Et peut-être la profondeur de nos songes dans les beaux rêves que nous ferons si nous nous éveillons plus tôt et augmentons le temps de sommeil paradoxal.)

Le Carême invite notre corps à imiter le Christ, à passer de son corps affamé au désert à son corps transfiguré au Thabor, de son corps défiguré au Calvaire à son corps ressuscité au Jardin  de Pâques. Pour nous, cela signifie faire de notre corps un temple libéré de tout commerce (matériel comme spirituel), cela signifie, sortir de nuit visiter le Christ comme Nicodème pour passer de l’obscurité à la lumière… cela signifie monter à Jérusalem comme ces Grecs, ces craignant-Dieu, et se laisser, sans morbidité aucune, saisir par la Passion.

Tel est le sens du jeûne: non un jeûne  de crainte et de privation, mais un jeûne d’amour et de préférence. Amour de Dieu et de la vraie vie en Dieu, qui suppose un changement radical d’état d’esprit: en Grec  on l'appelle  métanoia. On comprendra tout des bienfaits du Carême en considérant l’antonyme de ce mot: paranoia !

Le personnage principal du carême c’est le pauvre

Se faire pauvre bien sûr et venir en aide aux pauvres, mais au-delà d'un humanisme convenu, comprendre et ressentir ce qu’est réellement le pauvre, théologiquement : l’image de Dieu sur terre.

En grec, on distingue deux mots pour désigner le pauvre : pênos et ptokos.

Pênos désigne celui qui manque des biens que l’on peut combler par la philanthropie. C’est ce pauvre-là à qui il faut venir en aide par une conscience plus aiguisée du nécessaire partage (aumône) auquel le Carême nous appelle. La lutte contre cette forme de pauvreté que nous appellerons misère, est l’affaire urgente, instante et incessante de toute l’humanité, de tous les hommes de bonne volonté parce qu’il y a une fraternité naturelle à l’homme et qu’on n’a pas besoin d’être chrétien pour aimer son semblable. Alors ?

Ptokos désigne le pauvre absolu, dont on ne peut combler l’attente. Impossible de se débarrasser de lui en lui donnant…sinon ce qui coûte. Or qu’est-ce qui nous coûte sinon nous-mêmes ? Le don intégral de nous-mêmes et non l’organisation d’une part de nous-mêmes en vue de donner ? Ce pauvre-là est l’image de Dieu sur terre, mendiant notre âme.

Evidemment, on ne peut toucher le ptokos qu’en passant par le pênos : c’est le commandement d’amour du prochain. Mais c’est le commandement d’amour de Dieu qui donne son sens intégral, catholique,  à l’amour du prochain. Car l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Le Carême nous rappelle au souci des deux pains : pain matériel et pain spirituel.

Mieux, le Carême nous invite à dresser trois tables (et non trois tentes : partage dynamique plutôt que  repos extatique). La table de la fraternité, la table de la Parole, la table de l’Eucharistie.

La table de la fraternité sera le signe et la manifestation de l’amour de Dieu pour chaque homme. Nous y accueillerons tout homme, et comme le bon Samaritain, nous ne nous demanderons pas si cet homme est notre prochain, nous tâcherons plutôt de nous faire son prochain.

La table de la Parole sera le lieu où Dieu s’incarne en son Fils qui nous parle et nous invite sans cesse au dialogue : « que puis-je faire pour vous ? »

La table de l’Eucharistie sera l’autel qui construit la communauté des chrétiens, communauté ouverte à tous. Et qui conduit finalement au lavement de pied, c’est-à-dire au service fraternel…

Paradoxalement le Carême nous crie : à table !

Evangile

 

Evangile selon saint Marc: 1, 12-15

L'entrée du "Royaume approché" en Jésus

après que Jésus eut été baptisé par Jean et ait pris conscience de son identité trinitaire

e') aussitôt l'Esprit le chasse au désert - il se trouvait dans le désert quarante jours

mis à l'épreuve par le Satan, il se trouvait avec les bêtes féroces - et les anges le servaient

d') après que Jean eut été livré, Jésus vint vers la Galilée en proclamant la Bonne Nouvelle:

il est accompli le moment - il s'est approché le Royaume de Dieu - convertissez-vous - ayez foi en la Bonne Nouvelle.

Contexte des versets retenus par la liturgie

Le passage retenu par la liturgie constitue le deuxième versant de l'ouverture de l'évangile de Marc : l'entrée du "Royaume approché" en Jésus. Pour sa composition, l'évangéliste adopte la disposition littéraire appelée "chiasme": deux versants symétriques convergent vers un verset central qui exprime le cœur de la pensée.

En raison de la brièveté du passage retenu, il importe de connaître l'ensemble dont il est extrait:

a) Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus, Christ, Fils de Dieu

b) arriva Jean en baptisant dans le désert et en proclamant un baptême de conversion pour un pardon de péché

c) il proclamait : vient plus fort que moi derrière moi, il vous baptisera d'Esprit-Saint

d) arriva en ces jours-là, Jésus vint de Nazareth de la Galilée et fut baptisé dans le Jourdain par Jean

e) aussitôt, en sortant de l'eau, il vit les cieux se déchirant - il vit l'Esprit comme une colombe descendant vers lui

f) une voix arriva: Toi, tu es mon Fils, le Bien-Aimé - en toi, je me suis complu

e') aussitôt l'Esprit le chasse au désert - il se trouvait dans le désert quarante jours - mis à l'épreuve par le Satan - il se trouvait avec les bêtes féroces - et les anges le servaient

d') après que Jean eut été livré, Jésus vint vers la Galilée

c') en proclamant la Bonne Nouvelle: il est accompli, le moment, il s'est approché le Royaume de Dieu

b') convertissez-vous

a') ayez foi en la Bonne Nouvelle

Le premier versant précisait la place et l'activité de Jean-Baptiste. Le centre portait sur la conscience qu'a eu Jésus d'être "le Fils, le Bien-Aimé en qui le Père s'est complu". Le deuxième versant présente un enchaînement en trois points : séjour de Jésus au désert... déplacement vers la Galilée... proclamation de la Bonne Nouvelle dont Marc tient d'emblée à préciser le thème : "Le Royaume est approché"...

* La concision de Marc ne facilite pas l'interprétation de ce passage, car plusieurs symboles sont susceptibles de portées différentes.

- Le désert fait songer à un lieu aride où les conditions de survie sont loin d'être assurées. La végétation et l'eau sont rares, d'où l'évocation d'une malédiction qui en fait le séjour habituel des démons et des bêtes sauvages. De ce point de vue, il rappelle le chaos originel. Mais nous ne pouvons ignorer le rôle important que le désert a joué par la suite dans l'histoire d'Israël. Outre les patriarches, le peuple juif avait été forgé par l'aventure du désert sous la conduite de Moïse. Celle-ci avait conjugué la sortie de la servitude, le don de la Loi qui commandait désormais la vie de la nation, et la marche conquérante pour s'établir en Terre de Palestine après un long Exode. Par la suite, c'est au désert que des prophètes comme Elie  avait puisé la source des enseignements qui cherchaient à réveiller la nation en lui rappelant ses origines. Plus récemment, le retour de l'exil avait emprunté la route du désert au sens matériel comme au sens spirituel.

Si nous lisons la suite du deuxième évangile, un troisième sens apparaît sans contredire les deux premiers. En 1/35, après les guérisons multiples qui ont atténué sa mission de prédication, Jésus se retire "dans un lieu désert" pour recentrer sur la Parole l'essentiel de son engagement. En 1/45, c'est là que la foule se regroupe pour l'entendre. En 6/32, c'est dans la cadre d'un "lieu désert" que Jésus partage les pains et les poissons pour nourrir ceux qui l'écoutent. Il en sera de même pour le deuxième partage (8/4). Une question mérite donc d'être posée: dans la pensée de Marc, le symbolisme du désert ne caractérise-t-il pas l'ensemble du ministère "historique" de Jésus.

- Le recours au chiffre quarante soulève d'autres hésitations. Matthieu et Luc réfèrent nettement les trois tentations aux trois épreuves du peuple juif durant l'Exode. Marc est beaucoup plus vague puisqu'il ne parle même pas de jeûne.

Chez les anciens, le chiffre quarante correspond majoritairement au cycle d'une génération dans les conditions de ce temps, autrement dit au cycle de la vie de Jésus. Quelle est donc la pensée exacte du deuxième évangéliste. S'agit-il même d'une référence aux mentions bibliques: la "punition" du déluge dure quarante jours - Moïse est appelé par Dieu à quarante ans, il demeure deux fois quarante jours au sommet du Sinaï - L'exode du peuple juif dans le désert dure quarante ans - David règne quarante ans, de même Salomon - le prophète Elie marche vers l'Horeb pendant quarante jours et quarante nuits avant de rencontrer le Seigneur - Jonas menace Ninive d'une destruction dans quarante jours.

- Théoriquement l'expression "tentation" équivaut à l'expression "mettre à l'épreuve". Les enseignements "dogmatiques" l'ont "dramatisée" et l'ont chargée de résonances péjoratives culpabilisantes. Ils en ont également réduit l'extension, en sorte que le mot "tentation" suggère le plus souvent un acte ponctuel qui provoque une réponse ponctuelle. La pensée biblique est moins péjorative et la traduction "mettre à l'épreuve" en rend davantage compte. L'amour et la fidélité de Dieu sont toujours présents pour surmonter les "achoppements" qui interviennent sur la route des hommes.

Nous avons déjà précisé le sens que les anciens donnaient au mot "démon". Les croyances populaires personnifiaient volontiers les puissances qu'elles rendaient responsables des maux de l'humanité. Le mot "Satan", ou plus exactement le Satan = l'adversaire, accentue cette personnification de la puissance réelle qui s'oppose à Dieu et au salut des hommes. L'Ancien Testament l'emploie rarement, mais il situe sa présence et son caractère nuisible dès la première génération humaine sous le symbolisme du serpent.

Marc n'emploie pas le mot "diable". C'est le Satan qui enlève la Parole tombée au bord du chemin (4/15). Pierre se fait traiter de Satan lorsqu'il proteste contre la première annonce de la passion (8/33).

- La mention des "bêtes sauvages" se retrouve en finale de Marc à propos des disciples. "Des signes accompagneront ceux qui auront eu foi; par mon nom ils chasseront des démons, ils parleront en langues nouvelles; en leurs mains ils soulèveront des serpents et s'ils boivent quelque poison mortel il ne leur nuira pas." (16/17)

Mais, faut-il donner un sens optimiste ou pessimiste à la présence de Jésus au milieu des bêtes dites sauvages sans autre précision ? Elle peut s'interpréter en contraste avec le récit de la Genèse. Jésus inaugure une ère de paix qui met fin au chaos engendré par la faute d'Adam et d'Eve. Certains prophètes annonçait ainsi une restauration aux temps messianiques: "Je conduirai mon peuple au désert… je conclurai en ce jour-là une alliance avec les bêtes des champs, les oiseaux du ciel, les reptiles du sol" (Osée 2/16). "Je supprimerai du pays les bêtes féroces, mon peuple habitera en sécurité dans le désert" (Ezekiel 34/25). En ce sens nous pouvons évoquer le psaume 91: "il chargera ses anges de te garder en tous tes chemins, tu marcheras sur le lion et la vipère" (91/11).

A l'opposé, le symbolisme des bêtes sauvages peut s'appliquer assez justement aux ennemis de Jésus et aux circonstances dramatiques de son rejet par le peuple juif. Marc compose son œuvre à la manière d'un drame qui oppose constamment Jésus aux forces du mal. La dernière "épreuve" se situera au jardin de Gethsémani.

- Le service des anges fait penser aux traditions concernant Elie (1 Rois 19/5). L'épisode biblique admet cependant deux résonances. Un ange donne à Elie la force de poursuivre sa mission en lui apportant une galette et une cruche d'eau… mais à l'Horeb le prophète fait l'expérience d'un nouveau sens de Dieu: Dieu ne se révèle pas dans une action destructrice, il se révèle "dans le bruissement d'un souffle léger".

Mais la mention de service est également appliquée à la belle-mère de Pierre lorsque Jésus la relève de la fièvre. Cette activité est précisée à propos des "femmes qui le suivaient et le servaient lorsqu'il se trouvait en Galilée" (15/41). Elles seront les premières à annoncer la résurrection.

* Le point d') a retenu notre réflexion au 3ème dimanche ordinaire de cette année.

= Le mot "Bonne Nouvelle" est l'équivalent français du mot grec "évangile", mot composé de eu (= bien) et de aggellô (= annoncer). A l'origine il s'agissait surtout d'une annonce de victoire. Le terme a pris une valeur religieuse au 6ème-5ème siècle avant notre ère. En Isaïe, il exprime nettement une "venue" de Dieu.

A propos de Jésus, nombre de commentaires estompent facilement l'acte premier qu'évoque ce mot. La "Bonne Nouvelle" résiderait dans le fait que "les aveugles voient, les boiteux marchent... les pauvres sont enseignés...Ces bienfaits ont effectivement rapport à l'évangélisation, mais en tant que conséquences.

= Le mot "Royaume de Dieu" en appelait autrefois à une organisation qui était commune à la plupart des civilisations, il était difficile de penser autrement un mode de gouvernement stable. Nous ne pouvons donc être étonnés de voir les anciens concevoir ainsi le monde divin. Mais l'évangile nuance fortement ce qui a trait à la "royauté" de Jésus. En lui, la proximité du "monde divin" remet en question les clichés habituels. Non seulement elle rectifie la tendance à mettre Dieu "là-haut", quelque part dans le cosmos, mais elle condamne toute "récupération" de pouvoir selon l'imaginaire courant.

= Le mot conversion trouve alors l'orientation beaucoup plus vaste qu'il avait initialement. Lui aussi a subi des restrictions de sens en utilisation courante. Aujourd'hui il se limite ou à un sens moral ou à l'adhésion à un nouveau système. Or, le mot grec (metanoia) est plus intérieur et en appelle à l'intelligence, il s'agit avant tout d'un "changement de regard", d'une "nouvelle orientation de recherche" : le mot "conversion" évoque l'idée d'un "retournement", retournement logique avec le fait que le "Royaume s'est approché". Dieu n'est plus à chercher "là-haut" comme le suggère le déisme ou "à l'intérieur de nous-mêmes" comme s'y applique la méditation védantique. Il est "en Jésus", qui l'exprime totalement par ses paroles, ses actions, ses engagements.

Répartition des thèmes et des textes d'évangile entre les dimanches de Carême selon les années liturgiques

Les deux premiers dimanches sont centrés sur le Christ. Le premier évoque le séjour au désert selon la présentation particulière de chacun des évangélistes: A = selon Matthieu, B = selon Marc (récit le plus succinct), C = selon Luc. Le deuxième dimanche rapporte la Transfiguration selon la même diversité.

Les trois autres dimanches de carême préparent plus immédiatement aux célébrations pascales. En année A, nous parcourons trois grands "ensembles" selon Jean : l'eau-vive promise à la Samaritaine, l'accession à la lumière de l'aveugle de naissance, la vie rendue à Lazare. En année B, nous sont proposés également des textes de Jean: l'expulsion des marchands du Temple, la venue de la lumière en Jésus, la glorification de Jésus par accueil universel. En année C, la liturgie a retenu deux textes de Luc : l'activité présente du vigneron, l'accueil que le Père réserve au fils perdu, et elle y ajoute l'épisode de la femme adultère selon Jean.

Textes et commentaires proposés antérieurement pour le 1er dimanche de Carême

En Année A, vous trouverez quelques pages résumant l'évolution de la pratique du carême dans la vie de l'Eglise. Il s'agit de simples généralités.

La piste possible portait comme titre: "déjouer les mirages qui menacent nos routes humaines". Il ne s'agissait pas de spiritualité personnelle, mais de la manière dont la présentation de Matthieu éclaire l'histoire universelle. L'auteur recourt au modèle de pensée juive qui unifie passé, présent et avenir. En raison de sa formation première, c'est là une clé qui permet de saisir les nuances de sa présentation.

Chez Matthieu et chez Luc, le récit du séjour au désert propose trois éclairages qui facilitent l'interprétation des actions et paroles concernant l'engagement concret de Jésus. Ces éclairages se réfèrent sans peine aux impasses qui ont pesé sur l'histoire passée du peuple d'Israël. Les auteurs anciens les avaient soulignées dans le récit de l'Exode au désert: épreuve de la faim... déviations religieuses... épreuve politique... Mais, indirectement, ces points sensibles de l'action de Jésus éclairent les impasses universelles, y compris celles qui menacent l'histoire de l'Eglise.

En Année C, la réflexion se voulait cohérente avec la perspective de Luc concernant l'Eglise et la mission. Une première partie rappelait le symbolisme du texte et donc le "vrai réel" sur lequel s'appuie ce symbolisme, à savoir le réel des choix faits par Jésus. Une deuxième partie aidait à "faire jouer" le texte en rapport à l'organisation de l'Eglise, d'où le titre: "tentations ecclésiales ou missionnaires: tentation du miracle, tentation de la puissance, tentation de la religiosité déiste.

En annexe, un court article: "Que choisir ?" pouvait être utile pour la pastorale.

Conseil éventuel

En raison de la concision de Marc, la "tentation" est grande de se rabattre sur Matthieu et sur Luc en prétextant que le deuxième évangile a écrit en premier et que, heureusement pour nous, ses collègues ont complété sa présentation. C'est là une simple hypothèse.

Nous proposons une démarche différente. Marc a été concis, c'est un fait. Prenons-le dans sa concision. Celle-ci nous autorise à voir "plus large" et à appliquer cette présentation symbolique à la totalité du "séjour de Jésus parmi nous". Malgré sa valeur, il nous faut donc prendre nos distances avec le commentaire habituel qui "moralise" ce passage lorsqu'il est proposé en début de carême.

Piste possible de réflexion : Le carême selon Marc, ré-ajuster notre vision de Jésus

En entendant ce passage de Marc, nous risquons d'être déconcertés par sa brièveté et, spontanément, nous aurions tendance à le compléter en nous souvenant de la présentation de Matthieu et de Luc. Ceux-ci centrent l'épisode sur trois handicaps majeurs: le poids des questions matérielles, les rêves qui émanent souvent des conceptions religieuses, le désir de domination qui contamine les rapports aux autres. Ils nous aident ainsi à percevoir plus nettement les pesanteurs qui enlisent si souvent nos routes humaines. La victoire de Jésus nous encourage alors à poursuivre une lutte qui nous est quotidienne.

Marc ne contredit pas cette approche, mais il la renouvelle de façon originale et, de ce fait, nous pouvons être dépaysés en abordant son texte. Heureusement, les premiers dimanches de l'année nous ont habitués à quelques-unes de ses particularités. Partons donc de la concision qui est la sienne.

Priorité à la personne de Jésus et au "mouvement" de sa révélation

Le deuxième évangile se présente comme une découverte progressive de Jésus. C'est lui qui tient la place centrale en ce qu'il est, dès le début de son ministère. Ce sont ses disciples - et à leur suite les croyants de toute époque - qui devront percevoir peu à peu son identité exceptionnelle. Bien entendu, cette révélation se fait par le biais de ses actions et de ses enseignements, mais, chez Marc, actions et enseignements sont ordonnés avant tout à la personne de Jésus, d'où une sélection qui déçoit souvent notre désir d'entrer plus avant dans le détail des faits et des discours.

Cette découverte ne se présente pas comme une irruption soudaine, elle en appelle à un "mouvement" d'attention et de réflexion. Dès le premier verset, l'auteur a précisé les étapes de ce mouvement: il s'agit de "passer" de Jésus à Messie, puis de Messie à Fils de Dieu. Historiquement ce mouvement n'a pas été facile et l'évangéliste a conscience qu'il en sera ainsi à toute époque. C'est pourquoi il insiste sur les deux facteurs qui risquent de le contrarier: l'opposition, franche et nette, qui bloque toute ouverture… la méprise qui trahit le vrai sens du témoignage… Il "organise" donc son œuvre pour lui donner le caractère d'un double drame, celui du rejet de Jésus par ses contemporains et celui de l'incompréhension de ses amis en maintes occasions.

Pourquoi ne pas profiter du carême pour intensifier les perspectives de Marc? Sans faire de complexe et sans se perdre en culpabilité, il n'est jamais inutile de "réajuster" notre vision de Jésus, Jésus lui-même, au-delà des engagements dont nous avons bien conscience qu'ils sont liés à notre foi en lui. Nous héritons d'une période assez confuse sur ce point et nous manquons souvent de temps pour "serrer au plus près" notre évangile et nous préciser à nous-mêmes le "visage" que nous donnons à cet ami de tous les jours.

Ce souci rejoint facilement celui que nous portons lorsque nous entrons en dialogue avec notre entourage. Nous ne pouvons ignorer les dérives qui affectent nos anciens compagnons de catéchisme et le nombre grandissant de ceux qui n'ont même pas eu de catéchisme. Certes nous ne cherchons pas à rivaliser avec les informations que fournissent les médias, mais nous pouvons leur donner une autre résonance et aider à leur juste assimilation. Le déisme que nous héritons a créé tant de malentendus au sujet de Celui qui valorise notre foi.

L'enchaînement de trois "regards" sur Jésus et son engagement.

Pour entrer dans le détail d'un tel programme, il suffit de laisser parler la concision de Marc lorsqu'il débute son œuvre. Il  propose trois petits ensembles qui s'enchaînent tout naturellement et qui déterminent le rythme des développements ultérieurs. Non seulement leur progression détermine comme trois pistes de réflexion concernant Jésus et son engagement, mais en chaque étape, l'évangéliste fait ressortir des expressions fortes qui évitent toute dispersion.

1°- rappelons-nous qui est Jésus "par nature"

L'évangéliste ne nous dit rien de la naissance de Jésus, rien de son enfance, rien des activités de sa vie adulte avant son ministère public. Il mentionne simplement: "Jésus vint de Nazareth, de la Galilée". Mais en situant au départ la prise de conscience par Jésus de son identité, l'évangéliste éclaire le reste de son œuvre : lorsqu'il s'engage en témoignage public, Jésus sait qui il est. Ses contemporains  auront à le découvrir.

Le premier "regard" porte donc sur l'identité de Jésus et il s'explicite dans l'épisode qui suit le baptême par Jean. Jésus " vit les cieux se déchirer et l'Esprit comme une colombe descendre vers lui. Et une voix arriva des cieux: Toi, tu es mon Fils, le bien-aimé, en toi je me suis complu". L'évangéliste précise que cette prise de conscience fut personnelle à Jésus et il est évident que ce "mystère" personnel nous échappe. Mais, à cette place, l'auteur tient à rappeler au lecteur qui est "par nature" celui dont il va rapporter le témoignage discret en actes et en paroles.

Il ne recourt pas à des formules théologiques. Il oriente en quatre directions qui lui semblent essentielles: 1. "les cieux se sont déchirés"… en Jésus, a été comblée la distance qui est souvent évoquée entre le "monde de Dieu" et le "monde des hommes" … 2. "l'Esprit est descendu vers lui comme une colombe"… en Jésus, un nouvel élan créateur a été insufflé dans notre monde… 3. "Il est le Fils bien-aimé"… en Jésus, Dieu s'exprime directement et concrètement par un Fils … 4. " en lui, Dieu a mis tout son amour"… il ne s'est pas agi d'un acte de puissance spectaculaire, il s'est agi d'un amour s'exprimant au niveau de notre terre et c'est bien ainsi qu'il nous faut réfléchir au déploiement de sa mission.

2°- rappelons-nous quel a été l'engagement historique de Jésus

Le deuxième "regard" porte sur l'engagement historique de Jésus. Les commentaires ont trop isolé le séjour au désert en préparation de son ministère public. Cette interprétation est exacte lorsque nous lisons Matthieu ou Luc, elle est beaucoup trop restrictive lorsque nous lisons Marc. Il est facile de percevoir qu'en quelques traits, l'évangéliste récapitule le ministère que Jésus a mené parmi ses contemporains. Le passage que nous venons de lire est à amplifier en mode symbolique. La présence du démon, l'opposition des bêtes sauvages et le soutien des anges serviteurs correspondent assez exactement à la toile de fond sur laquelle l'évangéliste situe tous les développements qui suivront.

1. L'Esprit ne tourne pas Jésus vers le ciel, il le "chasse" vers le désert des hommes. Car telle est bien la situation du "lieu" où il vivra son engagement visible, que ce soit par la guérison des corps, par l’ouverture des mentalités ou par la libération des personnes… 2. Ce sera le témoignage de toute sa vie humaine, comme l'exprime le chiffre de 40, chiffre d'une génération dans les conditions de ce temps… 3. Le combat sera difficile, les pesanteurs de ses contemporains et les "forces du mal" se ligueront à l'encontre de son action, mais il s'agissait là d'une "épreuve" efficace et cohérente avec la mission qu'il se fixait… 4. Comme en toute destinée humaine, Jésus sera soutenu par l'amitié profonde de ses apôtres et des disciples qui l'accueilleront.

3°- rappelons-nous la "Parole" qui émane de ce témoignage

Cette fidélité prépare un troisième regard sur notre engagement de chrétiens. Car si Marc enchaîne le séjour au désert et la prédication en Galilée, c'est pour souligner que tout ne s'est pas arrêté au soir de Pâques. Jésus ressuscité est tout à la fois celui qui envoie ses amis "proclamer à toute la création" et celui qui "œuvre avec eux, confirmant la Parole par les signes qui l'accompagnent".

Un témoignage nous est donc confié en forme d'une Parole intimement liée à une Personne. Son importance ne résulte pas d'une quelconque magie qui émanerait de sa proclamation. Comme les apôtres, elle nous est remise pour qu'elle puisse influer le monde d'aujourd'hui comme elle a influé les siècles passés : parole mise en service de guérison à l'encontre des pesanteurs de toutes sortes qui handicapent les personnes comme les sociétés… parole appelée à être semée dans la terre de notre temps pour qu'elle porte des fruits de notre temps… parole qu'il nous faut partager en nourriture de la façon la plus universelle qui soit possible…

Devant cette tâche, nous risquerions de nous sentir perdus. C'est pourquoi l'évangéliste met en valeur quatre "points sensibles" dont nous pouvons mesurer la permanence. Au 2ème dimanche ordinaire, nous y avions déjà réfléchi, mais, en début de carême, leur rappel peut éviter la dispersion de nos efforts.

1."les temps sont accomplis"… L'aventure de Jésus n'est pas une belle histoire, baignée d'une ambiance religieuse. L'évangile n'est pas un recueil de directives morales idéalisant la paix et la concorde entre les personnes et les nations. C'est une histoire humaine "totale", une histoire authentique, une histoire "accomplie"…

2. En Jésus, "s'est approché le Royaume de Dieu". Ce point semble le plus important à rectifier lorsque nous échangeons avec nos contemporains. En le rayonnant au milieu de ses contemporains, Jésus nous a révélé le vrai "visage" de Dieu et la vraie place où nous devons le situer. Nous avons raison, bien entendu, de penser le monde divin comme un monde dominé par la présence de Dieu et son activité de puissance créatrice, mais nous avons certainement tort de le situer dans un ciel lointain et de le concevoir "à notre manière"...

C'est pourtant ce que font la majorité de nos contemporains, formés dans une ambiance plus déiste que chrétienne. Dès qu'on parle religion, ils tournent leur regard vers un ciel lointain, là où est censé résider un Tout-Puissant, Maître de tous les destins et de tout l'univers. A leurs yeux, la "proximité" du monde divin semble aller à l'encontre du mouvement spontané que suscite le sentiment religieux.

3. Cette proximité est au cœur de notre foi, mais il importe de l'accueillir et c'est là que s'amorce un préalable remis à notre liberté, celui auquel on a donné le nom de "conversion". Le sens de ce mot a été peu à peu réduit au domaine moral ou au choix d'une religion. Il n'évoque plus le mouvement qu'il traduisait à l'origine. Il s'agit d'un retournement, qui implique d'abord un changement de regard. Nous risquons de chercher "ailleurs", "en haut", celui qui nous a rejoint en toute clarté par le truchement de son humanité.

L'auteur de l'Apocalypse résume parfaitement cette démarche d'accueil lorsqu'il fait dire au Christ (3/20) : "Je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi". A force de regarder "dans les hauteurs", on risque tout simplement de ne plus penser à ouvrir la porte, celle qui débouche à notre niveau. Et, de fait, nous laissons "dehors" Celui dont le plus fort désir est de cheminer avec nous...

4. "ayez foi en la Bonne Nouvelle"... ou, plus exactement si nous voulons expliciter la pensée de Marc, "ayez foi en cette Bonne Nouvelle", à savoir le fait qu'en Jésus le Royaume s'est approché. C'est là l'idée qui a présidé au choix du mot "Evangile, contraction de eu = bien et aggellô = annoncer. Le mot "Evangile" a retrouvé une juste place dans le vocabulaire chrétien, mais la plupart des commentaires ne semblent pas percevoir ce lien très fort. Les anciens l'employaient à l'occasion d'une victoire militaire, l'Ancien Testament l'avait repris en un sens religieux et l'évangéliste l'a adopté comme la meilleure expression du témoignage de Jésus, non pas d'abord un amour mais d'abord une présence en ambiance de joie et de paix.

Conclusion

Voici donc douze points de carême. Nous n'avons que l'embarras du choix. Certains pourront objecter qu'ils ne traitent pas spécifiquement du carême selon la présentation "classique" du rappel de pratiques pénitentielles. Mais le séjour au désert selon Marc est-il classique alors que l'évangéliste ne parle même pas d'un jeûne de Jésus durant ce temps ? Le véritable esprit de ce temps n'est-il pas préparation à la "résurrection" et n'invite-t-il pas à un "recentrage" sur la foi ?

Choisissons donc quelques-unes de ces références. Gardons-leur la concision de Marc et laissons-les "hanter" nos esprits et nos conversations. Le désert du monde est à nos portes et c'est là que l'Esprit de Jésus nous projette. Ne nous faisons pas d'illusion sur l'épreuve qu'il nous faut affronter dans les conditions actuelles. Mais gardons conscience de la dimension créatrice de notre mission. Sans prétendre être des anges au sens merveilleux de ce mot, nous poursuivons l'immense combat où se joue l'essentiel de l'avenir des hommes et, d'une certaine façon, l'essentiel de l'avenir de Dieu.

Trois regards sur Jésus et son engagement pour vous accompagner durant le carême et douze points pour nourri sa prière

Qui est Jésus par nature ?

1. "les cieux se sont déchirés"… en Jésus, a été comblée la distance qui est souvent évoquée entre le "monde de Dieu" et le "monde des hommes"

2. "l'Esprit est descendu vers lui comme une colombe"… en Jésus, un nouvel élan créateur a été insufflé dans notre monde…

3. "Il est le Fils bien-aimé"… en Jésus, Dieu s'exprime directement et concrètement par un Fils …

4. " en lui, Dieu a mis tout son amour"… il ne s'est pas agi d'un acte de puissance spectaculaire, il s'est agi d'un amour s'exprimant au niveau de notre terre et c'est bien ainsi qu'il nous faut réfléchir au déploiement de sa mission

L’engagement historique de Jésus

1. L'Esprit ne tourne pas Jésus vers le ciel, il le "chasse" vers le désert des hommes. Car telle est bien la situation du "lieu" où il vivra son engagement visible, que ce soit par la guérison des corps, par l’ouverture des mentalités ou par la libération des personnes…

2. Ce sera le témoignage de toute sa vie humaine, comme l'exprime le chiffre de 40, chiffre d'une génération dans les conditions de ce temps…

3. Le combat sera difficile, les pesanteurs de ses contemporains et les "forces du mal" (bêtes sauvages) se ligueront à l'encontre de son action, mais il s'agissait là d'une "épreuve" efficace et cohérente avec la mission qu'il se fixait…

4. Comme en toute destinée humaine, Jésus sera soutenu par l'amitié profonde de ses apôtres et des disciples  (anges) qui l'accueilleront.

La parole qui émane de ce témoignage

1."les temps sont accomplis"… L'aventure de Jésus n'est pas une belle histoire, baignée d'une ambiance religieuse. L'évangile n'est pas un recueil de directives morales idéalisant la paix et la concorde entre les personnes et les nations. C'est une histoire humaine "totale", une histoire authentique, une histoire "accomplie"…

2. En Jésus, "s'est approché le Royaume de Dieu"…. En le rayonnant au milieu de ses contemporains, Jésus nous a révélé le vrai "visage" de Dieu et la vraie place où le situer. Nous avons raison de penser le monde divin comme un monde dominé par la présence de Dieu et son activité de puissance créatrice, mais nous avons  tort de le situer dans un ciel lointain et de le concevoir "à notre manière"... Erreur du déisme contemporain : concevoir un ciel lointain  où résiderait un Tout-Puissant, Maître de tous les destins et de tout l'univers. Au contraire "proximité" du monde divin.

3. Cette proximité est au cœur de notre foi, mais il importe de l'accueillir. Préalable remis à notre liberté, la "conversion". Le sens de ce mot a été peu à peu réduit au domaine moral ou au choix d'une religion. Il n'évoque plus le mouvement qu'il traduisait à l'origine. Il s'agit d'un retournement, qui implique d'abord un changement de regard (metanoia). Nous risquons de chercher "ailleurs", "en haut", celui qui nous a rejoints en toute clarté par le truchement de son humanité.

(Ap 3/20) : "Je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi". A force de regarder "dans les hauteurs", on risque  de ne plus penser à ouvrir la porte. Et de laisser dehors" Celui dont le plus fort désir est de cheminer avec nous...

4. "Ayez foi en la Bonne Nouvelle"... ou, plus exactement , "ayez foi en cette Bonne Nouvelle" : en Jésus le Royaume s'est approché.  (Evangile,  eu = bien et aggellô = annoncer). Les anciens l'employaient à l'occasion d'une victoire militaire, l'Ancien Testament l'avait repris en un sens religieux et l'évangéliste l'a adopté comme la meilleure expression du témoignage de Jésus,  une présence en ambiance de joie et de paix.

 

Mise à jour le Samedi, 21 Février 2015 11:16
 
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