Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année B : Dimanche de l'Epiphanie  

 

 

 

Sommaire

Actualité : Aux rois déchus, aux poètes blessés, aux amoureux éconduits….

Texte des versets retenus par la liturgie : Matthieu 2,1-12

Textes et commentaires proposés antérieurement pour la fête de l'Epiphanie

Piste possible de réflexion: mages "historiques" ou mages "symboliques"

Prière des Rois mages

Actualité

Aux Rois déchus, aux poètes blessés, aux amoureux éconduits…….

Le passage de Matthieu qui évoque ces « astrologues païens »,  porteurs d’un triple offrande,  n’a cessé d’enflammer les imaginations. Qui étaient-ils ces mages, qu’on a fini par qualifier de Rois et jusqu’à les nommer  Gaspard,  Melchior et Balthazar ?

En 1980,  Michel Tournier a publié un merveilleux roman sur ce sujet. Il y fait de Gaspard un jeune roi africain en quête du véritable amour après avoir connu la déception, de Balthazar un vieux Chaldéen amoureux d'art,  en quête de l'image parfaite, et de Melchior un tout jeune souverain dépossédé de son trône et perplexe quant au pouvoir. Tous trouvent une réponse en Jésus.

Il invente même un quatrième roi, Taor, en quête d’une nourriture idéale… Mais je n’en dis pas plus et vous recommande vivement la lecture de ce livre.

Je crois que coexistent en chaque homme  un roi déchu, un poète blessé et un amoureux éconduit. C’est avec bénédiction que Dieu reçoit  l’or, l’encens et la myrrhe de nos existences. Mais le Christ transfigure ces offrandes et en révèle le sens profond. Devant la crèche où repose le divin enfant,  nous prenons conscience que nous nous étions trompés de royaume, que nous nous payons de mots ou de fausses images,  et que nos passions sont tout sauf l’amour vrai.

Les mages l’ont compris, qui rentrent chez eux par un autre chemin…le texte n’en dit pas plus, mais nous pressentons que, de la vie,  ils viennent d’inaugurer un goût autre,  d’atteindre un plus haut niveau  de réjouissance.  Le Christ les a guéris de leur blessure, où plutôt  il les a blessés autrement, de sorte que la blessure ancienne semble une  égratignure. Une égratignure qui les a mis en marche, une égratignure qui était grâce d’amorçage pour se blesser au feu unique de l’unique Amour. Maintenant ils  en éprouvent une  nostalgie  telle, qu’ils rentrent chez eux pour l’annoncer. Avec tous les risques que cela comporte ! Mais il n’y a plus moyen de faire autrement : maintenant,  ils ne peuvent  plus concevoir les  choses de la terre comme avant.  Métanoia ! Changement de condition intérieure.

Jésus creuse cette plaie par laquelle son Esprit envahit notre esprit, notre âme, notre corps, et nous transfigure en Jésus lui-même. Fils de Dieu.

L’or de notre liberté, l’encens de notre prière, la myrrhe de notre générosité, voici ce qu’il convient  de déposer aux pieds du Christ. Puis,  rentrer par un autre chemin. C’est toujours  chez toi, mais par un autre chemin, c’est toujours ma vie, mais autrement. La même vie….autrement ; ce pourrait être une bonne définition du christianisme. Mais surtout pas une autre vie, oh non…c’est la porte ouverte à toutes les hérésies et à toutes les recréations divino-païennes. L’histoire de l’Eglise en est pleine. Cette terrible tentation (la troisième au désert)  de recréer de la religion alors quel le Christ est justement venu abolir toute religion.

Non ! Le christianisme consiste justement à inscrire l’ailleurs dans l’ici. L’existence n’est plus une faute (cette mauvaise compréhension du péché originel nous a embarqués dans tous les faux débats sur la grâce et la prédestination, dans toutes les névroses autour des questions de rachat et se salut),  l’existence consiste au contraire à faire dans le monde l’expérience de ce qui n’est pas de ce monde sans être pour autant dans un autre monde. C’est cela la vie éternelle. (Le paradis  n’est pas une classe prépa avec concours où sont reçus les plus conformes.)

Et c’est pourquoi  ils rentrent, chez eux (expérience de l’ici) par un autre chemin (expérience de l’ailleurs).

L’itinéraire ne fut pas touristique. Venus d’Orient, les mages ne font que traverser Jérusalem, ils  doivent poursuivre leur route jusqu’à Bethléem. Autrement dit il faut se mettre en marche,  quitter Eden, traverser le désert du monde, cheminer  vers le religieux, puis dépasser ce religieux, pour trouver la foi sous la forme de cet enfant emmailloté dans une mangeoire. C’est le pèlerinage de tout homme sur terre : quitter ses rapports au monde et à la religion, pour trouver la foi, une foi significative répondant à un projet original, voulu par le Christ.

C’est le paradoxe exprimé par les mages : que tout homme éveillé, à la conscience bien formée et aiguisée, au goût affuté et exigeant, à la sensibilité subtile  et délicate, et poussant ces qualités-là jusqu’au questionnement métaphysique où à la kénose ontologique (l’étoile), cet homme-là  ne peut que perdre son Eden pour se mettre en route vers Jérusalem, c’est-à-dire vers Dieu…puis,  de là poursuivre  sa route encore,  jusqu’ à Bethléem, jusqu’au Christ.

Devant la crèche, j’ai vu se prosterner  une grande caravane, de rois déchus, de poètes blessés, d’ amoureux éconduits…… qui repartaient baume au cœur, louanges aux lèvres, pour annoncer le Royaume.

© 2015 Franck Laurent

Texte des versets retenus par la liturgie

Evangile selon saint Matthieu 2/1-12

Portée universelle de la naissance de Jésus. 1er volet: La démarche des mages  

Comme Jésus était engendré à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode,

1er temps: annonce portée par les mages-païens:

voici: des mages venus d'Orient se présentèrent vers Jérusalem, en disant :

"Où est le roi des Juifs qui fut enfanté ? car nous avons vu son astre à l'Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui.

2ème temps: réaction ambiguë du peuple juif - fourberie du roi Hérode

En entendant cela, le roi Hérode fut troublé et tout Jérusalem avec lui.

Assemblant tous les grands prêtres et scribes du peuple, il s'enquérait auprès d'eux : "Où le Christ est-il engendré ?".

Ils lui dirent : "A Bethléem de Judée. Car ainsi il est écrit par le prophète: Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre parmi les clans de Juda, car de toi sortira un gouvernant qui sera le berger de mon peuple Israël."

Alors Hérode, appelant les mages en secret, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre.

Les envoyant vers Bethléem, il leur dit : "Allez vous renseigner précisément au sujet du petit enfant et, au cas où vous le trouveriez, annoncez-le moi afin que, moi aussi, j'aille me prosterner devant lui.

En entendant le roi, ils partirent

3ème temps: reconnaissance de la royauté de Jésus par les mages-païens:

et voici : l'astre qu'ils avaient vu à l'Orient, les précédait jusqu'à ce qu'il vienne s'arrêter au-dessus de l'endroit où était le petit enfant. En voyant l'astre, ils se réjouirent d'une très grande joie.

Venant vers la maison, ils virent le petit enfant avec Marie sa mère, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ouvrant leurs trésors, ils portèrent auprès de lui des dons : or, encens et myrrhe.

retour

Informés en songe de ne pas revenir sur leurs pas chez Hérode, c'est par un autre chemin qu'ils se retirèrent vers leur pays.

Textes et commentaires proposés antérieurement pour la fête de l'Epiphanie

Chaque année, le texte est le même : Matthieu 5/1-12. Il n'a pas de parallèle chez les autres évangélistes.

En Année A, nous avons regroupé l'essentiel de la documentation concernant les éléments de ce texte. En voici  les titres:

En référence au contexte : manière ancienne de présenter une naissance - chaîne de présentations concernant la naissance de Moïse - influence sur les récits évangéliques de Matthieu et de Luc - références aux Ecritures évoquant Bethléem - que sait-on de la profession de mages ? - pourquoi Matthieu a-t-il recouru à ce symbole ?

Une piste de réflexion était développée sous le titre possible: "de Jérusalem à Bethléem… de la religion à la foi…" 1er point: Jérusalem et ses lacunes: envahissement du politique - apathie de la foule - apathie des responsables religieux… 2ème point: la visite à Bethléem et ses contrastes: retour aux sources et à leur simplicité - priorité à Jésus dans le cadre d'une communauté - culte spontané… 3ème point: l'Orient symbole d'universalité…

Contexte des versets retenus par la liturgie (rappel de quelques précisions fournies en année A):

* Ce passage fait suite sans intermédiaire à la double "Genèse de Jésus": Genèse selon la lignée davidique rapportée dans la généalogie et Genèse par action de l'Esprit mentionnée dans la mission confiée à Joseph.

Il sera suivi des trois temps qui composent "l'Exode de Jésus" en Egypte : Joseph reçoit la mission de partir pour fuir la colère d'Hérode - Celui-ci fait exécuter les garçons de Bethléem - Joseph reçoit la mission de revenir en Israël et établit sa famille à Nazareth.

Il est important de remarquer que l'aspect dramatique des événements qui suivront n'est que pressenti dans notre passage et pourtant il est impossible de l'ignorer.

Piste possible de réflexion: mages "historiques" ou mages "symboliques"

Lorsque nous entendons le récit de la visite des mages à Bethléem, nous nous sentons en contexte bien connu. Dans notre mémoire, nombre de commentaires entremêlent leurs réflexions. Tous ces thèmes sont profitables et chacun reste libre de se sentir interpellé par l'un d'entre eux, que ce soit la marche persévérante de la foi… le milieu d'indifférence qui demeure aujourd'hui comme autrefois… le visage profondément humain du témoignage initial… ou l'ouverture à tous les peuples…

Pour préparer Noël, nous évoquions le dialogue avec notre entourage et nous cherchions les présentations les plus adéquates pour témoigner de notre foi. En tant que conviction personnelle, celle-ci n'est pas en cause, mais nous percevions que la sensibilité de notre environnement a beaucoup évolué à ce sujet. Nous ne pouvons ignorer l'approche qui en est faite autour de nous, même si ce n'est pas exactement la nôtre.

La fête de l'Epiphanie trouve un écho médiatique influent en raison des traditions pâtissières qui y sont attachées. Télévisions et radios informent amplement nos contemporains sur la diversité des coutumes et leur évolution au cours des âges. Pourtant une question élémentaire est généralement esquivée ou tenue pour acquise: quelle valeur historique donner à ce texte d'évangile ?

Cette question surgit particulièrement dans les discussions avec les jeunes. Elle n'est pas nécessairement contestataire; elle émane de leur sensibilité et elle n'est pas anodine, car elle commande la suite de leur cheminement vers une foi adulte pleinement intégrée à notre époque. Il est possible d'y répondre sans complexe, d'autant plus facilement que nous bénéficions actuellement d’une  meilleure connaissance de la littérature ancienne.

Qu'en a-t-il donc été historiquement ? Autrement dit, à l'occasion de la naissance de Jésus, y a-t-il eu une vraie étoile ? Y a-t-il eu de vrais mages ? Y a-t-il eu un vrai massacre des enfants de Bethléem ? etc.

1er point: Soyons clairs, globalement il ne peut être question d'historicité "directe"…

Ne cherchons pas à jouer sur les mots lorsque la question nous est posée. Elle porte sur l'historicité "fondamentale", "l'historicité directe" que nous sollicitons des médias lorsque nous cherchons à connaître un événement. Sous cet angle "journalistique", la conclusion relative aux mages est précise: il n'y a pas eu de mages à la naissance de Jésus.

Trois éléments sont déterminants:

1. En contestation immédiate de l'historicité directe, se situe la présentation de Luc. Celle-ci confirme la localisation à Bethléem et la datation "aux jours du roi Hérode", mais les détails ne sont pas conciliables. Luc correspond assez exactement à ce que nous connaissons des coutumes juives. Son ambiance est plus cohérente avec le silence de Marc et de Jean sur la naissance et les premières années de Jésus.

2. En même contestation, nous bénéficions de nombreux documents témoignant de l'ambiance qui marquait les mentalités juives au début de notre ère. Les espérances messianiques fermentaient dans les esprits. En témoigne le succès des faux messies dont il est question dans certains récits contemporains. Il est évident que la venue de mages lointains n'aurait pas pu passer inaperçue. Or aucun document n'en parle et, lorsque Jésus commence sa prédication, nous n'en trouvons aucune mention ni aucun souvenir chez ses auditeurs. Même sa naissance à Bethléem ne semble pas connue.

3. Ces deux premiers éléments amènent à considérer le genre littéraire que l'auteur adopte dans ce passage. L'étude des genres littéraires anciens est une étude relativement récente bien que, depuis longtemps, leur originalité aurait dû être prise en compte. Sans chercher à faire preuve d'érudition, il est essentiel d'en dire quelques mots "de bon sens".

= Lorsque nous lisons les fables de La Fontaine, il ne nous viendrait pas à l'idée de donner une historicité directe aux animaux en présence. Nous n'arpentons pas la forêt de La Ferté Milon à la recherche des descendants d'un renard qui parlait français et aimait le fromage. Faute de cette référence, la Chanson de Roland a longtemps été reçue comme un témoignage historique sur les guerres de Charlemagne. Aujourd'hui nous en sourions, sachant que Roland est mort vers 778 et que sa défaite a été transformée en épopée trois cent ans plus tard, vers 1100.

= En 1943, le pape Pie XII, dans son encyclique sur l'Ecriture Sainte, alertait sur la déficience de certains commentaires trop "directs" (n° 35 et 37)

"Les orientaux, pour exprimer ce qu'ils avaient dans l'esprit, n'ont pas toujours usé des formes et des manières de dire dont nous usons aujourd'hui, mais bien plutôt de celles dont l'usage était reçu par les hommes de leur temps et de leur pays."

"Personne ne s'étonnera de trouver chez les écrivains sacrés, comme chez tous les anciens, certaines façons d'exposer et de raconter, certains idiotismes propres aux langues sémitiques, des approximations, certaines manières hyperboliques de parler, voire même parfois des paradoxes destinés à imprimer plus fermement les choses dans l'esprit."

= La valeur de cette recommandation apparaît lorsqu’ on s'arrête à des récits anciens connus selon un scénario que beaucoup admettent sans l'ombre d'un soupçon. La naissance de Moïse en est un exemple parmi d'autres. Si nous l'évoquons, c'est que la présentation de Jésus comme nouveau Moïse, Sauveur et Législateur, est une constante du premier évangile. . Or, lorsque nous prenons connaissance des divers textes anciens qui parlent de Moïse, nous devenons plus circonspects sur les conditions exactes de sa naissance. Quel n'est pas notre étonnement lorsque nous les rapprochons de ce qui est dit de Sargon, roi sémite vivant plus de mille ans avant Moïse. Lui aussi à sa naissance avait été déposé dans une nacelle et avait été recueilli par un jardinier. De même les "Antiquités juives", livre écrit au premier siècle de notre ère, reprennent pour cet épisode un conte symbolique dont les différences avec le texte "classique" ne se limitent pas à quelques détails. Le récit met en scène le père de Moïse et évoque la présence de mages parmi les conseillers du pharaon.

= Il est essentiel de préciser que le recours à ce genre littéraire de façon aussi étroite ne se retrouve que dans les chapitres consacrés à l'enfance de Jésus. Il suffit de lire l'ensemble des évangiles pour constater ce contraste. Nous ne l'inventons pas "pour les besoins de la cause".

Cette absence d'historicité directe concernant les mages n'affecte en rien l'historicité directe de la naissance de Jésus. Elle oblige simplement à cerner différemment le genre littéraire adopté par l'auteur pour sa présentation. Matthieu était de formation juive, ses lecteurs étaient en majorité de même culture. A nous d'en tenir compte face à sa présentation comme nous réagirions sans problème face à d'autres textes anciens.

2ème point: Soyons tout aussi clairs, certains éléments se situent en historicité "anticipée"…

Il est certain que notre souci moderne de précision n'y trouve pas son compte, mais ceci n'étonne pas ceux qui sont informés du sens historique sémite. Ce "modèle de pensée" voit l'histoire en continuité. Le présent était en germe dans le passé, d'où la référence aux Ecritures et leur influence dans le détail de la composition. Quant à l'avenir, il est considéré comme étant déjà là en forme inaccomplie. D'où l'intrusion dans un récit composé beaucoup plus tard d'éléments que l'on peut situer en "historicité indirecte" ou plus précisément en "historicité anticipée".

Le récit des mages se présente comme un  modèle de concentration de l'histoire qui a suivi.

Car, quelques trente ans plus tard, est bien historique l'indifférence des pouvoirs politico-religieux vis-à-vis du ministère et de la prédication de Jésus… Est bien historique la cruauté et la ruse déployées lors du procès et de l'exécution sur une croix…

Au temps où Matthieu écrit, vers l'an 80, est bien historique l'entrée des païens dans la communauté chrétienne et leur "passage" par un certain judaïsme pour comprendre la portée et le mode initial d'expression du message…

Est bien historique, au terme d'une longue réflexion, la reconnaissance de Jésus comme "Roi" malgré la simplicité qu'a revêtu son engagement initial en Palestine… Est bien historique le cadre de la maison-Eglise, de la communauté où se vit cette foi.

Aujourd'hui, est bien historique notre manière de rejoindre Jésus. Bien que ces références nous soient devenues spontanées et que ces connaissances semblent universelles, les évangiles nous parlent d'une activité juive qui s'inscrit dans la continuité de l'histoire juive et qui s'est déployée en faisant appel à des potentialités juives…

3ème point: Gardons-nous de justifications hasardeuses

Nombre de commentaires s'efforcent de conserver un "petit quelque chose" d'historique à ce récit. C'est là une tentation qui détourne de l'examen sérieux de la question tel que nous venons de le présenter. Outre que les arguments évoqués s'avèrent bien fragiles à longue échéance. Il est probable que Matthieu ait été influencé comme tout un chacun par les connaissances diverses qu'il avait acquises. Mais on ne peut construire sur ces hypothèses une réponse documentée à la question concernant l'historicité.

Il est simplement possible de concéder une "historicité indirecte" au sujet d'éléments du récit se rapportant à l'histoire antérieure.

Ainsi en est-il de la personnalité d'Hérode. Sa soif de pouvoir, sa ruse et sa cruauté sont connus en raison des multiples exactions dont il s'est rendu responsable. Mais il est fort hasardeux de penser qu'il ait été informé de la naissance de Jésus et encore moins qu'il en ait été jaloux.

Les tentatives pour "historiciser" l'étoile ont retenu l'attention à certaines époques. La plus connue est celle de Kepler au début du 17ème siècle; il la faisait correspondre à la conjonction de Jupiter et Saturne dans la constellation des Poissons. Aujourd'hui, la majorité des chercheurs est d'accord pour refuser toute relation entre l'astronomie et le texte de Matthieu.

On a cherché le lien entre l'étoile et la démarche des mages dans l'influence croissante de l'astrologie dans les mentalités païennes de la fin du premier siècle. A cette époque, cette référence avait des implications politiques et religieuses. Mais le fait que des mages se retrouvent à la cour des rois ou participent à certaines manifestations ne plaide en rien pour l'historicité directe du texte évangélique.

Quant aux références à l'Ancien Testament, il ne fait aucun doute que Matthieu les avait présentes à l'esprit. Nous avons parlé de l'importance de Moïse, nous pouvons y ajouter la prophétie de Michée, contemporain d'Isaïe. Mais la pensée moderne véhicule nombre d'erreurs d'interprétation à ce sujet et il nous est relativement facile de renvoyer aux conclusions des historiens. La visée d'avenir n'est pas l'essentiel de l'enseignement prophétique. La preuve en est que, au début de notre ère, les commentaires divergeaient lorsqu'ils présentaient les lignes messianiques.

Conclusion

Plusieurs parmi vous pourront juger superflues ces précisions. D'autres présentations sont possibles… Mais l'importance de la question ne doit pas être sous-estimée face à l'incroyance qui nous entoure. Ne nous faisons pas trop d'illusion. Il est vrai que nos contemporains se font fort d'être sortis d'une certaine crédulité. Même dans ce cas, ils pensent que nous en sommes restés à ce stade et ils en font un argument pour justifier la distance qu'ils prennent avec la foi chrétienne.

Il est certain qu'une bonne connaissance du genre symbolique permet de résoudre plus rapidement les difficultés que nous avons évoquées. Effectivement elle permet de moins entrer dans le détail. Mais, bien que le symbolisme soit utilisé constamment en dialogue courant, le mot fait peur à beaucoup et est interprété comme une fuite de discussion…

Prière des Rois mages

Seigneur,

Aide-moi à voir dans ces mages une image…

Une image de moi-même

et du chemin qui me conduit à toi.

Aide-moi à contempler l’astre de ton Incarnation,

Non dans le Temple immense de Jérusalem,

mais dans la simplicité d’une maison semblable aux autres.

Non dans le Dieu des ancêtres et des vainqueurs,

mais dans la jeunesse de l’Emmanuel, Sauveur du monde.

Non dans le labyrinthe des faux cultes ou des vénérations factices,

mais dans une prière qui engage ce qui est simple : prosternation et offrande.

Devant toi, je dépose ce coffret,

il est plein de ma vie: mes pensées, mes actions, mes amis, mes ennemis peut-être…

Que ma prière soit or, encens et myrrhe…

et non dorure, fragrance ou pommade.

Avec Toi, point de maquillage !

Reçois l’or que l’on trouve au plus profond d’un cœur converti,

l’encens qui se lève par l’Esprit et le feu,

le baume qui se répand d’un corps transfiguré.

Tout cela non abandonné, mais consacré par Toi, et emporté par Toi, devant Dieu.

Seigneur, je ne sais plus très bien d’où je viens,

d’Eden ou de Babel ? En tous cas de tous les  déserts du monde !

Quelle grâce! J'ai vu se lever Ton étoile et je l’ai suivie jusqu’à Toi !

Maintenant je rentre chez moi, par un autre chemin.

Ce chemin vers le Visage que Tu me donnes!

(c) Franck Laurent 2015

 

 

 

Mise à jour le Samedi, 03 Janvier 2015 13:05
 
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