Réflexions sur la Parole, chaque Dimanche...

Ce site est une réponse à l'exhortation de Benoît XVI Verbum Domini.
En ouverture du Synode qui a abouti à ce texte, le Saint Père déclarait :" Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le coeur de l'homme et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entre dans une intimité toujours plus grande avec elle." Et il ajoutait: "c'est un don et une tâche incontournable de l'Eglise de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la personne du Christ, Parole du Dieu présent au milieu de nous."
L'annonce de la Parole dans un véritable élan missionnaire doit être le souci de tous les catholiques. On trouvera donc ici quelques réflexions et éclaircissements sur l'Evangile, au fil des Dimanches de l'année liturgique. Ces notes sont le fruit d'un travail de longue haleine sur la Bible, avec des prêtres, des exégètes, ou au sein d'équipes pastorales. Elles ont pour seule ambition de nous faire toujours plus apprécier la saveur de la Parole, de nous transformer toujours davantage en ces disciples au coeur brûlant qu'accompagna le Christ sur le chemin d'Emmaüs. Et de mieux nous préparer à la fraction du pain.

Année A : 1er Dimanche de l'Avent 

Sommaire

 

 

 

 

Actualité: Répartition des textes de l'Avent

Evangile : Matthieu 24/ 37-44

Méditation 1 sur le sens de l'Avent: "mais l'homme de s'en rend pas compte (Dante)

Méditation 2 sur le sens de l'Avent: "Ah que la vie est quotidienne....." (Laforgue)

Commentaires pour éclairer le contexte des versets retenus par la liturgie 

Réflexion: Entre déluge et fin du monde


 

Actualité

Répartition des textes de l'Avent

Lorsque fut mise en place la réforme liturgique décidée par le Concile Vatican 2, un même schéma fut adopté pour toutes les années, les textes correspondants étant repris des différents évangélistes ou auteurs bibliques.

Le 1er dimanche développe une vision très large du "mouvement" de l'histoire à la lumière d'une triple "venue" du Christ: attente juive et venue historique au début de notre ère… venue actuelle dans l'ouverture de la foi chrétienne… venue à la fin des temps selon un mode qui nous échappe…

Le 2ème dimanche présente Jean-Baptiste en tant que personnage historique préparant la mission du Seigneur et sa révélation aux contemporains de Palestine.

Le 3ème dimanche présente Jean-Baptiste en tant que symbole du chrétien lorsqu'il poursuit la même mission d'annonce et de révélation d'un Christ ressuscité présent à toutes les époques et à toutes les nations.

Le 4ème dimanche présente les artisans de l'Incarnation : Joseph chez Matthieu, Marie chez Luc.

A l'usage, ce schéma se révèle un peu artificiel et n'ouvre pas sur la richesse qui jaillit de la totalité des textes. La multiplicité des références au Baptiste aboutit à une répétition des commentaires et, de ce fait, à leur appauvrissement. Il serait plus normal de reprendre et d'expliciter la manière dont chaque évangéliste introduit l'incarnation du Seigneur. Le "thème classique" finit par s'épuiser tandis que ces approches diverses et complémentaires demeurent ignorées d'une majorité des fidèles.

Evangile

Evangile selon saint Matthieu 24/37-44

L'épanouissement ultime du Royaume - exhortations à la vigilance

Jésus disait à ses disciples :

1°- exemple tiré de l'Ancien testament

= Tout comme les jours de Noé, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme.

Car, comme dans les jours avant le déluge, ils étaient se régalant et buvant, épousant et donnant comme épouse, jusqu'au Jour où Noé entra dans l'arche.

Et ils ne connurent rien jusqu'à ce que vint le déluge qui les enleva tous.

Ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme.

= Alors deux seront dans le champ; un seul est pris auprès et un seul est laissé. Deux seront broyant à la meule. Une seule est prise auprès et une seule est laissée.

2°- enseignement de Jésus sur ce thème

Veillez donc parce que vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.

a) parabole du maître de maison veillant par crainte du voleur

Vous connaissez cela: si le maître de maison savait à quelle veille le voleur vient, il aurait veillé et n'aurait pas permis que fût percée sa maison.

En raison de ceci, vous aussi, soyez prêts, parce que, à l'heure où vous ne pensez pas, le Fils de l'homme vient.


Première Méditation sur le sens de l’Avent : « l’homme ne s’en rend pas compte ! (Dante)

Que les hommes, aujourd’hui, ne soient guère sensibles aux exhalaisons de l’automne, souffles du temps qui passe, aux morsures de l’hiver, serres des germinations futures, aux moirures de la nuit, étoffes des gestations silencieuses…faut-il le regretter?

Que ce Dimanche, où l’Eglise rappelle l’étonnante Nouvelle, n’ait pas le prestige des transhumances estivales, des rentrées énergiques ou des orgies du Nouvel An…faut-il le déplorer ?

Qu’en  nos Travaux et nos Jours, sous nos constellations habituelles, il ne se passe, autour de ce Dimanche, rien d’inhabituel : « on, mange, on boit, on s’unit. »…faut-il le condamner ?

En cette fin Novembre et ce début Décembre, rien à noter de particulier dans le calendrier du Monde, mais n’est-ce pas une chance ? La chance d’une vraie pauvreté, la chance de ne pas se tromper de nouveauté.

L’Avent : mot discret ! Il murmure pourtant quelque chose de différent, quelque chose de tout autre, quelque chose du Tout Autre venant se faire si proche. Un signe discret revient chaque année. Comme reviennent les cycles ? les saisons païennes ? les années civiles ?

Non ! Cela ne revient pas comme un cycle, comme une saison, comme  une année. Le temps liturgique n’est pas celui d’un éternel retour. L’Avent revient comme le rappel de l’aube, rappel à entrer dans un autre temps. Chaque matin ouvre une porte à l’éternité. Paradoxalement, l’Avent célèbre chaque année la fin des cycles étouffants et de toutes les répétitions désespérantes. Notre attente n’est plus survivance, elle devient rencontre du toujours neuf.

Mais Jésus nous laisse le temps, celui d’une exhortation : « Veillez ! » Dans cette parole à la fois pressante et équanime, se trouve la genèse de l’Homme nouveau : une conscience qui, pour exiger le renoncement à bien des désirs imaginaires, nous fait entrer dans une vie humaine sauvée.

Sauvé ! Salvus, c’est-à-dire bien portant, c'est-à-dire nous portant bien et nous portant les uns les autres, alors que nous sommes tous malades du péché.

Voici  le caractère inouï de l’Incarnation du Christ  à laquelle nous nous préparons maintenant, pour mieux entendre Son enseignement et entrer dans le mystère de Sa mort et de Sa résurrection. Il y a là bien plus que Jean-Baptiste, Elie et tous les prophètes, modèles anciens et déjà connus, encore qu’ils annoncèrent la rupture. Il y a là, hic et nunc, l’à-venir ! Non le futur que les hommes imaginent dans l’angoisse lancinante des mauvaises visées (on rate toujours une cible qui n’existe pas), mais l’à-venir tel que Dieu veut qu’il ad-vienne.

La crèche et la croix, le berceau et le tombeau vide, les langes et les bandelettes, mettent un terme aux rondes humaines et rendent caduques les mimesis. Il est bon d’arrêter la danse pour se prosterner devant l’Enfant-Roi.

Les feuilles qui tombent, l’austérité de l’hiver, le silence de la nuit, tout passe. Penta rei ! Mais comme l’écrit Dante, « l’homme ne s’en rend pas compte ». «  Or le monde passe avec ses convoitises, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1, Jn 2,17). Qu’ad-vienne celui qui éradique nos apocalypses : celles, explosives, de nos fantasmes ;  celles, implosives, de nos décès spirituels.

J’aime que l’année liturgique soit, avec pudeur et humour, en avance sur l’année civile. Dans un mois, le cœur encore bedonnant des agapes d’un  Noël désurnaturalisé, nous échangerons quelques vœux niais pour « le saut de l’an », des veux pour le train de vie, pour continuer à faire ce que l’on a à faire, dans le souci du souci minimum. Pourtant, depuis un certain Premier Dimanche, nous saurons  que cela ne vaut pas, qu’il n’y a aucun vœu  à formuler, qu’il y a  seulement à veiller.

Ici-bas l’éternité c’est l’heure de vigilance. Et chaque heure est celle du choix en faveur de ce qui nous délivre du sommeil et de la mort.

(c) Franck Laurent (2012)

Deuxième méditation sur le sens de l’Avent : « Ah que la vie est quotidienne…. ! » (Laforgue)

Dieu vient ! Il vient à nous, en chacun de nous. C’est le message général de l’Avent et sa pressante exhortation : sortir du sommeil et de l’indifférence pour se tenir prêts à Sa venue, les reins ceints, avec des torches allumées et de l’huile dans les lampes. Il s’agit, par cette station  debout, d’être parés à Le suivre ; il s’agit, en revêtant l’âme de lumière, de rejeter les œuvres des ténèbres.

Dieu approche. Depuis le jour de notre baptême, il n’a cessé de s’approcher. Que chacun veuille bien considérer sa vie, il discernera les signes de cette venue,  et cette méditation est souvent lumineuse ! Réalité à la fois personnelle et universelle, le Royaume de Dieu s’est approché. Par Jésus-Christ, le pressentiment grandissant de toute l’Ancienne Alliance, devenu le pressentiment immédiat de Jean le Baptiste, s’est réalisé. Etrange histoire que celle qui nous demande d’attendre et  de reconnaître autre chose que nous-même.

Pour moi, dès lors, une seule occupation possible : me distinguer du monde qui n’attend rien, et ne vise que des buts intérieurs à lui-même. « Manger, boire, se marier », comme l’écrit saint Paul, sans pressentir le déluge qui se prépare ! Impossible maintenant.  L’avènement du Christ nous désigne d’autres buts, d’autres fins que le monde ou nous-mêmes. A tout bien réfléchir, c’est cela le péché : se tromper de cible, non la manquer.

Se distinguer du monde, ce n’est point le renier, l’abandonner, le mépriser, c’est d’abord le limiter à ce qu’il est : un royaume en attente du Royaume. Ce Petit royaume, ce royaume préparatoire,  ne saurait  supplanter le Grand, ou s’y substituer. Or, la  tentation est grande (tentation vaincue au désert) de gonfler le monde aux dimensions du ciel. Baudruches et billevesées !

La tentation est grande de pervertir les beaux gestes par lesquels la vie se renouvelle, de transformer le boire et le manger en ripailles et orgies ; le sexe en orgies et débauches ; de se rendre chaque matin au champ et au moulin, au bureau ou à l’usine, non en artiste, mais en prédateur, l’âme pleine de querelle et de jalousie.

A moins qu’ayant renoncé aux fausses ambitions, nous ne nous assoupissions dans un confort moelleux, ou que nous nous étourdissions des divertissements du monde. Ce qui ne vaut guère mieux !

Pleins en somme ! et  pleins de rien !

Le combat contre ces attitudes morbides, il se joue et se gagne chaque jour. La norme de la vie, c’est le quotidien !

Il existe pour le  Notre Père une difficulté de traduction concernant la phrase  « ton arton hēmōn ton epiousion » traduite par « notre pain quotidien ». Le terme epiousion est un hapax (un mot qui n’est attesté dans aucun autre texte connu) que l’on peur traduire par super (epi) essentiel (ousion) : donne-nous notre pain essentiel! Loin d’entrer dans la querelle linguistique, je prends toutes les traductions et toute la tradition : j’aime  que ce pain puisse signifier à la fois le pain nourricier du corps et le pain nourricier de l’âme, reçu dans la simplicité, la banalité et la nécessité du quotidien. Ce pain qui nous est donné, mie terrestre et manne céleste à la fois : le saisir, l’avaler et en vivre !  Chaque jour !

« Ah ! que la vie est quotidienne… » déplorait dans ses Complaintes les grand poète Jules Laforgue. Avaler Dieu ré-enchanterait-il ce quotidien ?

Avaler Dieu ! Quel grand mystère. Avaler Dieu et non le monde, c’est l’heureuse annonce qui nous est rappelée chaque année pendant l’Avent.  Avaler Dieu, et d’abord toute parole qui sort de sa bouche, pour en nourrir ma quotidienne de vie. Et puis son corps, advenu et livré, et que je trouve, aujourd’hui, dans le pain super-essentiel….

(c) Franck Laurent (2013)

Commentaires sur le contexte des versets retenus par la liturgie

Ce court passage prend place dans un vaste contexte. Il s'agit du 6ème développement, que Matthieu consacre à l'épanouissement ultime du Royaume à la fin des temps. Contrairement à son habitude, il se limite à un exposé en enseignement oral, car, pour lui, jusqu'à cette échéance, il revient aux apôtres de poursuivre la mission en direction de toutes les nations.

L'annonce de la ruine du Temple sert d'introduction à ce développement. L'évangéliste précise ensuite les risques de confusion qui peuvent résulter de cette perturbation. Puis il regroupe quelques exhortations à la vigilance. Nous lisons aujourd'hui les deux premières.

Après ces versets, Matthieu complètera ces exhortations en rapportant la parabole de l'intendant fidèle et avisé et la parabole des dix vierges. Il conclura par la parabole des talents et la présentation du Jugement : "J'avais faim, vous m'avez donné à manger". Ce sera ensuite le récit de la passion.

Commentaires sur l’Evangile selon saint Matthieu

Nous aurons l'occasion de parler plus longuement de cet évangéliste en abordant les dimanches ordinaires après l'Epiphanie. Mais on peut anticiper quelques précisions.

1. Matthieu et l'incarnation de Jésus

L'auteur du premier évangile était-il Matthieu le publicain ? Il est toujours téméraire de le situer ainsi, à la manière "directe" dont nous situons les auteurs modernes. Mais cette désignation est commode, de même que l'appellation "premier évangile". Ce qui est certain, c'est que la référence de ces souvenirs à un apôtre correspond assez fidèlement à l'impression qui se dégage d'une lecture assidue.

Cette œuvre est marquée de l'admiration profonde que l'auteur porte à Jésus, Jésus en lui-même, dans ce qu'il a vécu, dans ce qu'il a partagé avec ses compagnons et ses contemporains. C'est pourquoi, sans trop de risques, nous pouvons opter pour une proximité "historique" dont le détail s'est ancré profondément dans l'esprit de celui qui écrit. Mais il ne s'y est pas enfermé, au contraire  il l'a dépassé pour en faire, de façon très originale,  un ferment d'universalité.

Pour esquisser cette progression, nous pourrions utiliser l’image d'une fusée à trois étages, en situant la poussée principale au second étage. Avec le recul, l'auteur a perçu la continuité dynamique de trois "temps d'histoire":

1. Il y avait eu la richesse humaniste et religieuse de l'Ancien Testament… le passé des promesses faites aux ancêtres, le passé des valeurs portées par la Loi et les prophètes, la longue histoire d'une attente souvent déçue. Matthieu n'y cherche pas de "preuves" pour croire à Jésus, sa réflexion adopte le mouvement inverse. C'est sa foi en Jésus qui lui permet de voir le témoignage dont il parle comme la "clé" des Ecritures passées.

2. Il y avait eu l'extraordinaire partage vécu au cours du ministère de Jésus : intimité de vie commune, témoignage unique d'humanité en faveur de tous et particulièrement des pauvres, Parole facilitant la relecture du passé, explicitant l'engagement du présent et laissant présager une croissance à venir.

3. Enfin, à la lumière de la résurrection, il y avait la réflexion ultérieure qui permettait de mesurer la densité de ces années et ouvrait à l'universalité. Les premiers amis de Jésus ont pris conscience du formidable potentiel que recelaient ces souvenirs. Ils s'y sont trouvés doublement à l'aise. Les Ecritures portaient déjà en elles un appel à l'universalité et, à partir des critiques que Jésus avait émises, il était facile de percevoir les freins nationalistes qui l'avaient étouffé… Par ailleurs, l'enthousiasme des païens convertis balayait toute réticence prétendument "culturelle".

En un mot, Jésus ne s’est pas présenté en "théoricien" de notre humanité, mais vraiment en homme universel, "témoin" d'une rare plénitude puisqu'il a accédé à cette universalité par le témoignage de sa particularité "incarnée".

2. Matthieu et l'histoire

 Pour saisir les résonances de ce passag, il est indispensable de prendre en compte les particularités de Matthieu concernat le temps et l'histroire. En fait, il ne s'agit pas de "particularités" de Matthieu, mais plutôt de "particularités" propres à la pensée sémite. Il est ainsi plus facile de les aborder.

Rappelons d'abord que la pensée sémite est largement antérieure à la civilisation grecque dont nous sommes héritiers. Dans le monde occidental, son influence a disparu avec la dispersion juive consécutive à la ruine de Jérusalem.  Reléguée au long des vingt derniers siècles, il a fallu le scandale des atrocités nazies pour susciter un regain d'intérêt en sa faveur et contraindre à une meilleure prise en compte de son influence.

Pour nos esprits modernes, il n'est pas évident ni facile d'entrer dans les modèles de pensée sémitiques. Il ne s'agit pas d'une simple différence de "forme littéraire". Il faut assimiler une manière de sentir, de penser, de réagir qui diffère radicalement de la nôtre et s'exprime à sa manière, dans une construction qui lui est propre. Robert Aron en présente une bonne analyse dans son livre "Les années obscures de Jésus" (1960 - page 51…).

= La notion de temps est la première notion affectée par ce "décalage". Pour le sémite, il existe une profonde unité du passé, du présent et du futur. C'est le flux du temps qui compte, ce ne sont pas ses étapes. Le passé subsiste dans le présent… le présent permet au "mouvement de l'histoire" de s'insérer dans la vie des hommes et de s'y exprimer… mais dans le présent, l'avenir est déjà là. Ce qui importe, ce n'est donc pas de noter le moment où un fait se situe exactement, mais c'est de savoir ce qu'il apporte au mouvement qui l'anime, s'il l'achève ou non, s'il "l'accomplit" ou le laisse "inaccompli", autrement dit s'il ouvre ou non sur l'avenir…

"Chaque instant fugitif possède pour le juif la saveur de l'éternité : il est le creuset où l'éternité de Dieu rejoint l'actualité. Présent, passé, futur se rejoignent. Dans cette rencontre, ce n'est pas le présent qui se sacrifie aux deux autres, qui vit dans leur attente ou bien dans leur regret. Il est le point d'insertion par où l'histoire demeure efficace et vivante, par où l'avenir est déjà présent avant de s'être réalisé, par où le passé subsiste après qu'il se soit aboli. "

= Il en découle un "sens de l'histoire" très différent du sens grec. Celui-ci s'efforce d'aborder l'enchaînement des événements passés de façon "descriptive", presque neutre. Il respecte leur ordre de succession, même s'il se réserve la possibilité d'y ajouter ensuite une réflexion qui tente d'en analyser les causes et les répercussions.

La réflexion juive conjugue deux lignes de réflexion. Tout d'abord, l'histoire ne vaut que par les hommes. Certes le monde a une histoire qui a commencé avant l'homme, mais sa construction progressive était orientée vers l'apparition de l'homme et c'est lui qui désormais imprime son rythme et entraîne le monde dans son destin. Les traditions sélectionnent donc ce qu'elles présentent comme des "faits historiques" selon le lien qu'il est possible d'établir avec les ancêtres. Ceux-ci émergent soit au titre de l'impulsion qu'ils ont donnée aux événements, soit en raison des effets qu'ils en ont subis.

Selon la notion de temps que nous venons de préciser, l'engagement concret de ces ancêtres appartient à "l'inaccompli"… Le rédacteur dispose ainsi de deux approches complémentaires pour éclairer le présent 1. A partir du choix qu'il a opéré dans le passé, il lui est possible d'insister sur l'importance de certaines valeurs en les présentant comme un dynamisme à poursuivre.  Ce fut l’un des objectifs que se fixèrent les écrivains de l'Ancien Testament et c'est l'état d'esprit qui suggère la "référence aux Ecritures". 2. L'auteur peut également, en analysant le présent, "enrichir" la perception du mouvement qui a sous-tendu discrètement les événements anciens et transparaît clairement en une forme d'expression "actuelle".  C'est l'objectif que se fixe Matthieu !

De là il est relativement facile de passer au futur. Car le cours inéluctable du temps entraîne à son tour le présent vers l'inaccompli. Pourtant, grâce à son "témoignage" nous connaissons mieux la "marche de l'histoire". Il est donc possible de parler de l'avenir sans le présenter comme un total imprévu. C'est ce qui ressort du passage d'aujourd'hui.

Tel est le sens historique que porte la culture sémite. Nous comprenons l'erreur habituelle que commettent nos contemporains quand ils parlent du prophétisme. Les prophètes juifs ne se présentent comme des devins qui sondent le futur, ils se situent en croyants, soucieux de projeter la lumière de leur foi sur un présent appelé à se poursuivre "globalement" dans une même perspective.

3. Matthieu et Noé…

Des précisions pour éviter des faux-sens à la lecture des versets de ce dimanche.

* Lorsque Matthieu rapproche "les jours de Noé" et "l'avènement du Fils de l'homme", il embrasse la totalité de l'histoire. Il n'y a pas un "vide" entre les deux événements, il y a un "plein" et quel plein! Non seulement un mouvement peut être perçu en continuité historique mais l’une de ses étapes, celle de Jésus, s'est révélée des plus "éclairantes".

Noé, Jésus, le temps de Matthieu, notre temps, l'étape finale de l'histoire des hommes… tout s'enchaîne donc et cette permanence permet d'envisager calmement le futur. L'évangéliste n'aboutit pas à cette conclusion en cautionnant le "fatalisme" qui nous habite le plus souvent à cette évocation. Il ne la brandit pas plus comme une "menace" qui viserait une conversion salutaire. Il développe l'enseignement de Jésus en deux volets: une réflexion réaliste sur un comportement spontané qui se révèle universel ; et l'apport de notre foi en faveur d'un comportement plus soucieux des vraies valeurs. La parabole des dix vierges invitera à "faire briller les lampes", la parabole des talents rappellera les virtualités dont chacun dispose et la parabole du jugement lancera un appel pour le service actuel de tout homme en détresse.

* Bien entendu, Matthieu s'appuie sur les conceptions de son temps. Selon ces conceptions, le début de l'histoire "actuelle" des hommes se situait au moment du repeuplement de la terre à la suite du déluge, mais l'auteur du livre de la Genèse neutralisait toute espérance en un changement dans le comportement de l'homme à la suite de ce premier "renouvellement". Les événements ultérieurs traduisaient la permanence des handicaps "naturels" attribués à la "chute" initiale. Ils s'étaient accumulés dans l'histoire des "fils d'Abraham" jusqu'aux débuts de notre ère ; ils avaient sévi à l'encontre du témoignage de Jésus, victime de l'indifférence de son peuple encore plus que de la méchanceté de ses dirigeants ; ils étaient présents au temps de Matthieu à l'intérieur de la communauté comme en difficultés de la mission. Tt notre évangéliste en conclut : ainsi en sera-t-il jusqu'à la fin des temps.

* Ceci n'est que le premier volet de sa pensée. Car Matthieu ne va pas de Noé à Jésus, il va de Jésus à Noé. Il ne va pas de la fin du monde à Jésus en s'efforçant de repérer quelque annonce. Il va de Jésus à la fin du monde en précisant comment il faut orienter "l'inaccompli" de notre histoire présente.

La parabole du voleur ne traduit pas exactement l'enseignement positif que Matthieu développera, immédiatement après, en rassemblant les paraboles "actives" que sont : la parabole de l'intendant fidèle et avisé, la parabole des dix jeunes filles, la parabole des talents et la parabole du service des plus démunis.

* On peut remarquer une "omission" de taille lorsqu'on compare ce passage à l'ensemble de l'histoire de Noé racontée dans la Genèse. Matthieu en purifie la présentation. On ne retrouve pas l'ambiance de punition qui marque nettement la "description" ancienne. L'évangéliste n'exprime aucun mépris pour les activités évoquées; elles s'imposent pour la survie personnelle et celle de l'humanité. Il en est de même des images du champ et de la meule. L'alerte porte sur le contraste entre l'exercice "ordinaire" de la vie et l'inconscience d'une autre dimension qu'il est possible de lui insuffler.

* Le "résultat" est également précisé avec plus d'optimisme. Au déluge, Noé est seul à "être trouvé juste devant Dieu au milieu de sa génération" (Genèse 7/1). A l'avènement du Fils de l'homme, Matthieu laisse espérer une proportion nettement plus favorable puisque le salut atteint une personne sur deux!

4. Matthieu et le Fils de l'homme

On peut classer en trois groupes les textes dans lesquels Jésus se désigne en utilisant l'expression "Fils de l'homme" héritée du livre de Daniel (7/13). Un premier groupe peut réunir ceux qui ont trait à la vie apostolique. Le deuxième comprend des textes qui annoncent les souffrances et la passion. Dans la troisième série, ce titre est associé à la venue finale du Seigneur.

Nous reviendrons sur ce sujet pour la compréhension exacte d'autres passages. Au long de son œuvre, Matthieu recourt à cette expression et la question du sens qu'il cherche à évoquer se pose très souvent. Ici l'allusion vise nettement l'épanouissement ultime du Royaume. Pourtant le rapport à l'histoire des hommes n'est pas absent. Selon la Genèse, nous bénéficions de deux "géniteurs successifs": Adam et Noé.

 

Piste possible de réflexion : entre déluge et fin du monde…

Nous voici donc au début d'une nouvelle année liturgique.

Il faut admettre que nous avons du mal à faire de ce dimanche un dimanche de rupture ou de renouvellement. Le rythme de nos vies n'est plus le rythme rural sur lequel s'est construite la liturgie monastique ancienne. Civilement parlant, nos occupations ne se trouvent pas bouleversées en cette fin novembre-début décembre. Pour nous, l'hiver est devenu synonyme de froid et n'évoque plus le repos d'une nature en attente de la reprise du printemps. Les congés d'été font davantage contraste que les festivités rapides de Noël.

Nos esprits modernes se méfient des formules. Ainsi en est-il de celle qui sous-tend les textes de l'Avent: "Il est venu, il vient, il viendra"…

"Il est venu", cela ne nous "interpelle" pas car nous avons assimilé cette intrusion dans le cours de l'histoire des hommes; nous percevons mieux la discrétion de sa naissance et nous sommes gênés de tout le merveilleux qui en fausse la vraie portée…

"Il vient", nous n'aimons pas beaucoup cette formule et nous préférons parler d'une présence permanente qui nous accompagne. Nos connaissances cosmiques nous rendent allergiques à une descente "du plus haut des cieux"…

Quant à l'espérance "il viendra", nous n'en sentons guère le besoin en raison de la proximité que nous vivons déjà; les siècles qui s'écoulent nous laissent présager un départ vers lui bien avant que le monde actuel ne disparaisse.

Les conditions difficiles dans lesquelles nous vivons notre foi nous ont fait retrouver le réalisme qui marquait le message évangélique. En entendant Paul nous inviter à "sortir de notre sommeil", nous lui donnerions facilement le conseil de se déboucher les oreilles, car, actuellement, les ronflements viennent plus de la masse incroyante que des 2 ou 3% de chrétiens qui s'évertuent à entretenir ou réveiller la flamme de l'évangile.

Le seul "atout" de changement que nous fournit ce début d'Avent réside dans le dialogue avec un nouvel évangéliste. Au gré des dimanches écoulés, nous étions devenus familiers de Luc. Cette intimité nous permettait de communier plus rapidement aux différents textes qui nous étaient proposés et de nous sentir épaulés pour animer la marche de l'Eglise d'aujourd'hui… Matthieu se présente désormais à nous et, sans nul doute, l'unité de foi dans la diversité de présentation sera profitable.

Mais, là aussi, nous pouvons éprouver une certaine déception. Pour accueillir Matthieu, faut-il "remonter au déluge" ou, à l'opposé, "évoquer la fin des temps"? Le choix de ce passage n'est pas simple. Pourtant, une meilleure connaissance de l’auteur peut amorcer le cheminement qui nous enrichira au long des prochains mois.

Parlons un peu de Matthieu …

* Pour entrer dans la pensée de Matthieu, il faut d'abord dépasser l'opposition qui a existé dans le passé et persiste aujourd'hui entre deux cultures très différentes: la culture juive et la culture grecque. Ceci nous obligera à un certain effort car nous sommes héritiers de la culture grecque et nos modèles de pensée en sont profondément marqués. Parce qu'elle est spontanément la nôtre, nous la considérons facilement comme idéale et il est certain qu'elle a amplement contribué à l'évolution des civilisations occidentales vers les valeurs dont nous bénéficions. Par ailleurs, c'est dans le cadre grec que s'est élaborée et exprimée la dogmatique chrétienne jusqu'à nos jours.

Pourtant, c'est dans la culture juive que Jésus s'est exprimé. C'est en faisant fonctionner les modèles de pensée juifs que les apôtres ont assimilé sa pensée et interprété les engagements dont ils avaient été témoins… La première communauté a d'abord regroupé des chrétiens de formation juive avant que la conversion des païens n’oblige à une formulation plus assimilable par des esprits grecs.

Or, la culture juive n'a pas bénéficié du même sort que l'expansion grecque. Bien au contraire, dans le monde occidental, son influence a disparu avec la dispersion consécutive à la ruine de Jérusalem. Reléguée au long des vingt derniers siècles, il a fallu le scandale des atrocités nazies pour susciter un regain d'intérêt en sa faveur et contraindre à une meilleure prise en compte de son influence.

C'est là que Matthieu peut être d'un grand secours. Grâce à lui, grâce à son judaïsme, au sens positif de cette culture, nous pouvons retrouver certaines valeurs qui font défaut à notre civilisation et dont il faut avouer que leur vitalité manque également à une présentation équilibrée de la foi chrétienne. En rapport avec le texte d'aujourd'hui, limitons-nous à quelques points très concrets.

Valeur et continuité du temps

La notion de temps est la première notion affectée par le "décalage" entre les deux cultures. Pour le sémite, il existe une profonde unité du passé, du présent et du futur en raison du "mouvement d'histoire " qui les sous-tend. Le passé doit être situé comme une source et il subsiste ainsi dans le présent… le présent permet à ce mouvement de s'insérer dans la vie actuelle des hommes et de s'y exprimer… mais il lui imprime sa marque: certains instants constituent le terme du passé, ils "l'accomplissent"… d'autres relancent son mouvement vers le futur et, par eux, l'avenir est déjà là avant de s'être réalisé… "Chaque instant fugitif possède la saveur de l'éternité" (Robert Aron)

En bons grecs, lorsque nous entendons parler des "jours de Noé" et de "l'avènement final de Jésus", nous pensons à deux événements nettement différenciés. En raison de notre habitude de "découper" pour mieux analyser, nous avons tendance à reporter ces deux événements en "bouts de chaîne" et à introduire entre eux un "vide" en ce qui concerne le présent. Nous avons échappé à la première catastrophe et nous sommes encore assez loin de l'échéance que représentera la seconde.

Pour Matthieu au contraire, le fait de les rapprocher suggère le "plein" de l'histoire intermédiaire. Noé, l'histoire du peuple juif, le temps de Jésus, le temps de Matthieu, notre temps, l'étape finale de l'histoire des hommes, tel est le flux qui doit retenir notre attention. Or, ce flux témoigne d'un handicap constant, à savoir le difficile équilibre entre les contraintes de la survie et l'ouverture à d'autres valeurs. Aucune époque n'y a échappé. Cette permanence est donc le seul point de lucidité dont nous disposions pour envisager le futur.

Evidemment, pour Matthieu comme pour tout chrétien, au cœur de cette chaîne, se situe le "maillon" unique que constitue le témoignage de Jésus. Celui-ci ne s'est pas situé à contre-courant et il n'est pas sorti du mouvement de notre histoire. Il pourrait être circonscrit à un temps, mais, à son sujet également, passé, présent et avenir se rejoignent. Il permet de lire le déficit du passé, il permet de vivre le présent et il éclaire l'essentiel de l'avenir avant qu'il ne se réalise.

Valeur et continuité de l'homme

Pour un sémite, l'histoire ne vaut que par les hommes. Certes le monde a une histoire qui a commencé avant l'homme, mais sa construction progressive était orientée vers l'apparition de l'homme et c'est lui qui désormais imprime son rythme et entraîne le monde dans son destin.

Nous en avons un bon exemple dans la présentation que l'évangéliste adopte dans notre passage. Nous parlerions facilement de "début et fin" du monde. En bon sémite, Matthieu préfère les aborder en "jours de Noé" et "avènement du Fils de l'homme". Les attitudes ne sont pas reliées à des sentiments ou à des intentions, elles sont reliées à des personnes en activités concrètes de vie ou de travail.

Bien entendu, nous retrouvons cette priorité au long du premier évangile quand il est question de Jésus. Lui aussi sera présenté en plénitude d'humanité, homme cherchant à rejoindre d'autres hommes pour leur permettre de s'épanouir en hommes, en orientant plus justement le mouvement qui les porte vers leur éternité.

Il serait instructif de relire l'aventure de Noé telle que la présente le livre de la Genèse. Car Matthieu introduit quelques correctifs que nous risquons de ne pas percevoir.

- Le mythe du déluge se retrouve dans les légendes de plusieurs civilisations anciennes. Il est sans doute le reflet d'inondations catastrophiques qui avaient marqué les souvenirs. Dans le cadre de l'époque, elles étaient spontanément attribuées à une malédiction divine. Le récit biblique est très proche des poèmes babyloniens que les juifs découvrirent au temps de l'exil, mais il se trouve déjà orienté vers un enseignement religieux dégagé de tout polythéisme.

- Le livre de la Genèse insiste sans grandes précisions sur le péché qui marque la dégradation du comportement humain après la chute et l'expulsion du paradis. Dieu est présenté comme regrettant d'avoir fait l'homme et décidant d'exterminer l'ensemble de la création. Seul Noé trouve grâce à ses yeux et reçoit l'ordre de construire l'arche pour accueillir sa famille et un couple de chaque espèce d'animaux. Au sortir de l'arche, un sacrifice scelle une nouvelle alliance entre Dieu et l'homme. L'arc-en-ciel en est le symbole assorti de la promesse qu'il n'y aura plus de déluge pour ravager la terre.

- La référence de Matthieu remonte donc "avant le déluge"; mais il purifie la présentation du déséquilibre qu'il veut dénoncer comme une difficulté "de nature", enracinée dans notre humanité. On ne retrouve pas l'ambiance de punition qui marque nettement la "description" ancienne. L'évangéliste n'exprime aucun mépris pour les activités évoquées; elles s'imposent pour la survie personnelle et celle de l'humanité. L'alerte porte sur le contraste entre l'exercice "ordinaire" de la vie et l'inconscience d'une autre dimension qu'il est possible de lui insuffler.

- Le "résultat" est également précisé avec plus d'optimisme. Au déluge, Noé est seul à "être trouvé juste devant Dieu au milieu de sa génération" (Genèse 7/1). A l'avènement du Fils de l'homme, Matthieu laisse espérer une proportion nettement plus favorable puisque le salut atteint une personne sur deux!

Importance et valeur du concret

La pensée sémitique a hérité de cette dernière qualité en raison de ses racines nomades, puis rurales. Elle ressort davantage du deuxième volet que Matthieu associe à notre passage, mais elle y est déjà présente.

Les hommes d'avant le déluge sont rejoints dans leur vie quotidienne, alors qu'ils mangent et boivent, qu'ils travaillent aux champs ou à la meule. Le voleur témoigne très concrètement de son intention en "perçant" le mur.

Dans la continuité de notre passage, Matthieu regroupe quelques paraboles susceptibles d'éclairer la route que propose Jésus. L'insistance sur leur portée concrète est manifeste : l'intendant fidèle a pour mission première de "donner la nourriture" à la "maisonnée" du Seigneur "en temps voulu ; les dix vierges doivent se préoccuper de l'huile qui permettra à leurs lampes de briller ; la parabole des talents évoquera la nécessité de faire fructifier les virtualités dont chacun dispose ; et la parabole du jugement ira au plus loin de la valeur du service actuel de tout homme en détresse.

En conclusion

1. De façon générale, on peut aborder ces qualités de la culture sémite par rapport avec les failles de nos sociétés modernes. Elles répondent à nombre d'aspirations qui se font jour actuellement et s'expriment souvent de façon désordonnée. L'ancienneté de cette "Sagesse" lui donne un certain poids au même titre que l'évocation des cultures extrême-orientales.

2. La foi chrétienne peut trouver là un "service" qui lui donne valeur aux yeux de nos contemporains. Il suffit de la dégager des "formulations" dont elle s'est trouvée surchargée pendant des siècles. Nous n'avons rien à craindre de "serrer plus exactement" les textes évangéliques, car, de façon directe ou indirecte, ils sont porteurs de ces richesses.

3. Le lien passé, présent et à venir correspond particulièrement à notre vision chrétienne actuelle. Nous ne sommes plus "polarisés" par la préparation de notre futur au titre des mérites qu'il nous faudrait acquérir, la construction du présent retient davantage notre attention.  Nous sommes plus habiles pour rendre présent à nos vies le passé de Jésus : le renouvellement de la liturgie et la lecture de l’évangile y contribuent largement. Le lien entre présent et avenir nous paraît assez "logique" au titre du "mouvement personnel" que les sciences humaines nous habituent à valoriser en toute personne.

Mise à jour le Mercredi, 23 Novembre 2016 16:54
 
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